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Test blu-ray

la trilogie du Parrain

BLU-RAY - Région A, B, C
Paramount
Parution : 5 / 11 / 2008

Image

Issus d'une restauration 4K effectuée à grand frais en 2007 sous la direction de Robert Harris, les masters édités en Blu-ray surpassent toutes les précédentes éditions du film en vidéo. Nous nous approchons enfin d’une qualité digne de la trilogie avec des copies très propres (où les imperfections, du type points blancs sont rares) et une définition soignée. Les premiers Parrain sont, sur ce point, complètement redécouverts, là où les anciennes versions en DVD ne proposaient qu’une image assez floue, sans texture. C’est logiquement l’opus le plus récent qui bénéficie du meilleur rendu même si les deux autres films ne sont pas en reste. On sent que le travail de réparation ne fut pas des plus faciles, notamment pour le premier film où subsiste parfois un léger tremblement de l’image et où l’on peut sentir à un ou deux moments un voilage du négatif (pendant le mariage, au début du film). Robert Harris a également réétalonné l’ensemble de la trilogie pour lui donner un aspect plus homogène. Oubliez les images jaunâtres du DVD : celles du Blu-ray sont plus dorées, avec parfois une certaine tendance à virer vers le rouge dans le troisième film.

Son

La bande-son de la saga en version originale a été aussi minutieusement restaurée que l'image en respectant les choix artistiques de Coppola. L'ambiance minimaliste, feutrée et discrète voulue par le réalisateur est très bien rendue ici, essentiellement par les voies frontales. Bien qu'elle soit désormais disponible dans un remix en Dolby True HD 5.1, on y trouvera peu d'effets spectaculaires. Seules quelques scènes montrent rapidement les capacités dans les basses fréquences. Mais d'une manière générale le mixage est extrêmement précis et n'est pas avare en spatialisation discrète.

L'édition américaine comprenait la version originale en mono sur les deux premiers films. Celle-ci n'a pas traversé l'Atlantique mais a été remplacée par la version française d'époque. Cette bande-son en mono bénéficie d'un souffle assez présent et d'une tonalité qui reste en permanence dans les aigus. Comme le montre le rendu des ambiances, le spectre est assez réduit, presque inexistant dans les basses fréquences. C'est pour cela que l'éditeur a recréé quelques années plus tard un nouveau doublage en Dolby Digital 5.1, basé sur la restauration de la VO : les effets sont identiques, mais les voix sont un peu trop "propres" et cristallines.

Suppléments

 Chaque film bénéficie d’un commentaire audio de Francis Ford Coppola. Le réalisateur se prête à l’exercice avec une certaine efficacité, malgré quelques rares silences. Plutôt que de détailler avec précision la mise en scène de son film, il préfère revenir sur ses souvenirs, rendre hommage aux personnes (acteurs, figurants) qui ont participé plus discrètement, donner quelques conseils aux jeunes metteurs en scène. Si le temps paraît avoir arrondi les angles, Coppola aborde malgré tout avec une certaine franchise ses relations tumultueuses avec le studio Paramount. On le sent aussi très ému de parler de sa famille, en voyant notamment les images de sa fille dans Le Parrain 3. Ces trois commentaires, d’une grande modestie, restent passionnants de bout en bout.

Les films sont également vendus à l'unité, mais un quatrième disque entièrement consacré aux suppléments est disponible exclusivement dans le coffret. 

   

Paramount propose une série de documentaires inédits spécialement réalisés pour cette édition HD. Essentiellement consacrés au premier film, ils n’évitent pas les redondances et malgré de prestigieuses interventions (Steven Spielberg, par exemple) ils apparaissent peu approfondis. Le chef-d’œuvre qui a failli ne pas être (30 min) porte un regard rétrospectif sur le tournage ponctué de nombreux témoignages et d’anecdotes. L’univers du Parrain (12 min) montre l’influence que la saga a exercée sur un certain pan de la fiction américaine, en prenant comme exemples des séries télévisées comme Les Simpson, South Park ou Les Sopranos. Révéler le Parrain (19 min) est un module très instructif sur la restauration du film, précis dans ses descriptions techniques.


A la fin du tournage (15 min) s’attache à l’étape cruciale du montage, abordée notamment par Walter Murch et George Lucas. On y apprend que Robert Evans a refusé d’inclure un entracte qui aurait distrait le public. Le Parrain 3 est enfin abordé avec quelques explications sur la toute fin du film. Il en fallait bien un : Le Parrain sur le tapis rouge (4 min) est le complément totalement inutile du coffret (mais heureusement très court). Interrogée pendant l’avant-première de Cloverfield, la génération montante de Hollywood parle du Parrain, aligne banalités et stéréotypes, et en récite les dialogues cultes. 4 court-métrages sur Le Parrain (8 min) sont des segments assez brefs et d’un intérêt irrégulier, quelques avis sur la trilogie du Parrain par certaines personnalités, comme le créateur de la série Les Sopranos, deux humoristes américains récitant par cœur des dialogues entiers du film (la pertinence est limitée mais la performance est amusante). Enfin, passage obligé de la saga, nous n’évitons pas l'aparté consacré aux fameux cannolli, mais avec d'intéressantes anecdotes.

L’arbre généalogique de la famille Corleone propose de brefs textes de présentation sur chaque membre de la famille et les acteurs qui les ont interprétés. L’organisation du crime part du même principe en adoptant l’angle policier et pénal : chaque personnage est décortiqué à travers les dossiers de police, les casiers judiciaires, etc. L’album photo de mariage de Connie et Carlo est une galerie de photos prises pendant les festivités, au début du premier film.


Le Blu-ray reprend également les suppléments du coffret DVD sorti en 2001. L’éditeur a privilégié les nouveaux modules en HD alors que le contenu le plus intéressant (hormis les commentaires audio) est certainement à trouver dans cette section, pourtant moins mise en valeur. La famille du Parrain vue de l’intérieur (74 min - SD - 4/3) est un documentaire produit en 1991 qui montre Francis Ford Coppola, Mario Puzo et d’autres membres de l’équipe parler du film autour d’un bon repas. Si les anecdotes sont, depuis, plus ou moins connues, le documentaire propose surtout des images très rares : les tests des principaux acteurs (la fameuse transformation de Marlon Brando, le test de James Caan dans le rôle de Michael, celui de Robert De Niro dans le rôle de Sonny !). Il y a même quelques interventions d'Al Pacino et Robert De Niro, les deux grands absents des suppléments HD (on se consolera en réalisant que De Niro se fait extrêmement rare dans ce genre d’exercice). On a également droit à des images de réunions de travail entre Francis Ford Coppola et Mario Puzo à l’occasion du troisième film, un autre oublié de ces nombreux suppléments.

Autre supplément indispensable : les scènes coupées (SD - format 1.33 - 4/3). Elles sont plus d’une trentaine et furent réintroduites dans la version télévisée à la fin des années 70, apportant un éclairage parfois surprenant sur certains éléments du scénario. On regrettera qu’elles ne soient pas en HD et que la navigation ne permette pas de les visionner en continu, les unes à la suite des autres : il faut à chaque fois repasser par le menu.


A travers quelques courts modules, les suppléments DVD abordent aussi des aspects très importants du film. Dans Lieux de tournage (7 min - SD - 4/3) le décorateur Dean Tavoularis revient à New York, dans le Lower East Side, sur les lieux emblématiques des trois Parrain. Il revient en particulier sur le tournage du Parrain II et la reconstitution du New York des années 1910. Dans Les carnets de Francis Ford Coppola (10 min - SD - 4/3), le réalisateur feuillette avec nous son énorme cahier de travail à l’époque du premier Parrain. C’est un module particulièrement intéressant qui nous permet de découvrir sa méthode de travail pour préparer l’écriture du scénario.


La musique du Parrain regroupe deux brefs modules, dont l’un met enfin en lumière - mais de façon trop succincte - le compositeur Nino Rota à travers des extraits audio d’une séance de travail en 1972 ( min). C’est aussi un hommage à Carmine Coppola (4 min - SD - 4/3) à travers  des images de l’enregistrement de la musique du Parrain III. Le réalisateur revient également sur l’une des scènes coupées du Parrain II dans laquelle il s’est amusé à mettre en scène son père (le petit garçon à la flûte) et son grand-père. Francis Ford Coppola et Mario Puzo à l’écriture (8 min - SD - 4/3) propose quelques anecdotes supplémentaires sur l’écriture des scénarios de la saga, un mélange des idées de Coppola et du roman de Puzo qui contenait déjà l’essentiel : c’est pour cela que le réalisateur insista pour que le nom de l'auteur apparaisse avec le titre du film. Gordon Willis à l’image (4 min - SD - 4/3) donne la parole au célèbre chef opérateur, « qui a fait de la sous-exposition un art » selon son confrère Conrad Hall. Les coulisses du tournage de 1971 (9 min - SD - 4/3) est une featurette d’époque qui alterne extraits du film et images de tournage. Les bandes-annonces des trois films ne sont pas sous-titrées. On trouve même une Présentation du Parrain pour la télévision (2 min - SD - 4/3) que Coppola a tourné, dans la salle de montage du Parrain II ; et un Comparatif des différents doublages (1 min - SD - 4/3).


Parmi les suppléments on trouve également des storyboards du Parrain (de simples vignettes, au format 4/3) et du Parrain III sous la forme d’un montage du scénario illustré (5 min - SD - 4/3), des biographies de l’équipe, des galeries de photos légendées des trois films et de leurs tournages ainsi qu’une galerie des mafieux de la saga. La section « Récompenses » permet, en plus de la liste des nominations et des gagnants aux Oscars, de revoir certaines remises de prix lors des cérémonies de 1973 et 1975, l’occasion d’apercevoir Jack Lemmon, Clint Eastwood ou Robert Wise et de savourer les looks de l’époque.

Enfin, on pourra trouver un bonus caché dans le générique de la section DVD : un extrait de la série Les Sopranos (2 min - SD - 4/3) faisant référence au Parrain.

Par Stéphane Beauchet - le 8 avril 2013

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