Menu
Test blu-ray

La Servante

BLU-RAY - Région B
Carlotta
Parution : 19 / 12 / 2012

Image

Comme le précise le carton d’avertissement placé par l’éditeur en amont du film, La Servante fait partie de ces films qu’on a initialement cru perdus et dont les éléments finalement retrouvés sont loin d’être dans un état idéal. Le transfert proposé par Carlotta est basé sur un master HD restauré par la World Cinema Foundation. Ce master a été reconstitué à partir de deux sources : le négatif original pour l’essentiel du film et une copie d’exploitation particulièrement abimée (et, surtout, couverte de sous-titres anglais incrustés d’une taille plutôt imposante) pour deux bobines.

Sur l’essentiel du long métrage, restauré à partir du négatif original, l’image est assez satisfaisante. On sent un gros travail accompli au niveau du matériau d’origine. Ces passages du transfert comportent très peu de rayures/griffures, l’ensemble apparaît très stable et offre, du moins au premier coup d’œil, un beau noir et blanc. On notera malgré tout quelques "sauts" dus à des frames manquantes, sans doute impossibles à restaurer. En outre, on peut regretter que l’image ait globalement un rendu assez numérique. En effet, les manipulations numériques nécessaires à la restauration du négatif ont laissé des traces. L’image est souvent un peu trop lissée et, lorsque du grain cinéma se fait un peu apparent, il se comporte également de façon très artificielle. Mais c’est surtout la pixellisation au niveau des dégradés de gris qui perturbera certains d’entre nous. On pourra même relever des effets de postérisation dans les zones les plus sombres. Le débit vidéo proposé est pourtant très confortable, ce qui dispense normalement d’artefacts de compression visibles. Les artefacts numériques résiduels sont donc probablement à imputer au master fourni à l’éditeur français.

Les passages issus de la copie d’exploitation sont facilement identifiables et sont d’une qualité très inférieure. Ils représentent heureusement moins de 20 minutes de film. L’image est plus contrastée que sur les séquences issues du négatif original. De nombreuses rayures et griffures persistent. Mais c’est surtout à l’emplacement des sous-titres anglais incrustés qu’on relèvera le plus de bizarreries numériques. En effet, la reconstruction numérique de ces portions d’image a dû s’avérer un exercice bien compliqué. Malheureusement, il faut avouer que le résultat n’est pas très convaincant : ces zones présentent de grosses instabilités et défauts de continuité, se manifestant régulièrement par l’apparition de macroblocs bien disgracieux.

Malgré toutes ces réserves, on est en droit de penser qu’on dispose là de la meilleure copie disponible du chef-d’œuvre de Kim Ki-young.

Son

Le film est proposé uniquement en VOSTF. Il s’agit d’une piste mono, encodée en DTS-HD Master Audio. Compte tenu des éléments disponibles, la piste est sans doute aussi satisfaisante que possible. Elle peut paraître légèrement étouffée et comporte parfois un peu de souffle, principalement sur les passages provenant de la source la plus endommagée, la copie d’exploitation. On notera aussi de nombreux problèmes de synchronisation avec l’image. Mais le décalage n’étant pas constant, il semble que ce défaut également soit d’origine.

Suppléments

La restauration (SD - 4/3 - 29 min)
Ce supplément s’avère assez décevant. Présenté en 4/3 "windowboxé" (avec de copieuses bandes noires sur les 4 côtés de l’image), ce document ne comporte aucun commentaire. Il consiste uniquement en 5 passages du film, chacun présenté successivement sous 3 formes : une version avant restauration, une version comparative "avant/après" en splitscreen et une version finale restaurée. La longueur des extraits retenus, associée à l’absence de commentaire, rendent ce supplément assez longuet et finalement peu intéressant. Il permet néanmoins de bien mesurer l’ampleur du travail accompli sur la copie d’exploitation utilisée pour combler les séquences absentes du négatif original retrouvé en 1982.

La bande-annonce 2012 (HD)
Cette bande-annonce, réalisée par Carlotta à l’occasion de la ressortie en salles du film durant l’été dernier, est présentée dans une excellente qualité, puisqu’elle utilise uniquement les passages du master HD restauré issus du négatif original.

2 ou 3 choses que je sais de Kim Ki-young (SD - 4/3 - 48 min)
Portrait du réalisateur de La Servante basé sur une collection de témoignages de la jeune génération de cinéastes coréens, cette featurette se regarde avec grand intérêt. L'enthousiasme de ces jeunes réalisateurs à évoquer Kim Ki-young lui-même ou son cinéma est très rafraîchissant. On ne citera que Park Chan-wook (Oldboy), Bong Joon-ho (The Host) ou Kim Jee-woon (J'ai rencontré le diable), les plus connus d'entre eux, mais tous parlent avec admiration de leur ainé. Ils présentent Kim Ki-young comme une personnalité hors normes et, évidemment, un cinéaste rigoureusement incontournable dans l'histoire du cinéma coréen, dont les audaces auront créé des vocations et influencé l'ensemble de leur génération. Les œuvres les plus marquantes du réalisateur sont évoquées avec passion par ces jeunes artistes, dont notamment les deux versions de La Femme de feu (1970 et 1982), qui constituent à la fois un complément et des formes de remake de La Servante.

Par Francis Trento - le 20 décembre 2012

Partenariat