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Test blu-ray

La Secte

BLU-RAY - Région B
Le Chat qui Fume
Parution : - / - / -

Image

Le Chat qui Fume continue d'explorer le cinéma d'exploitation italien en s'intéressant cette fois aux films des années 90 et à Michele Soavi. Après Sanctuaire, l'éditeur propose La Secte qui a également bénéficié d'une très belle restauration 2K (disponible depuis mars dernier en Allemagne). On constate une image immaculée, nettoyée de toute trace d'usure et fidèle aux caractéristiques argentiques. Le grain est bien présent, bien retranscrit, avec une définition là aussi convaincante et un bon niveau de détail. Les contrastes sont équilibrés et la colorimétrie apparaît très naturelle, plutôt nuancée, avec une saturation maîtrisée. Comme pour Sanctuaire, ce sont des conditions vraiment très confortables pour visionner le film.

Notez que La Secte est disponible en Angleterre depuis 2016, dans une restauration plus ancienne, et qu'un Blu-ray est également sorti aux Etats-Unis au début de l'année 2018, chez Scorpion Releasing, à partir du même scan 2K récent, mais avec quelques modifications non négligeables : l'image est cette fois dé-mattée (au format 1.77 au lieu du 1.85) et l'étalonnage a été sérieusement retouché.

Son

La Secte est proposée dans trois langues : chaque piste (en mono) est extrêmement propre et dénuée de souffle. La version anglaise (celle du tournage) est la plus naturelle, sans traitement sonore particulier, avec un bel équilibre entre voix et ambiances. La version italienne se distingue uniquement par des sifflantes très marquées sur les voix. La version française est la moins convaincante, avec une ouverture beaucoup plus réduite, une compression plus sensible et un rendu des ambiances moins subtil.

Suppléments

Comme pour son Blu-ray de Sanctuaire, Le Chat qui Fume a soigné le contenant et le contenu en proposant, dans un beau digipack trois volets, une longue série de suppléments, produits par Freak-O-Rama, qui donnent la parole à plusieurs membres de l'équipe du film.

De l'alchimie et de l'ésotérisme (20 min - 1080p)
Le réalisateur Michel Soavi parle de sa relation avec le cinéma de Dario Argento qu'il découvrit à l'adolescence, puis avec le cinéaste qu'il rencontrera plus tard et avec qui il entamera une fructueuse collaboration artistique. Soavi raconte notamment comment Argento inspirera l'histoire de La Secte, d'abord envisagé comme une modernisation du mythe du Golem. Michele Soavi évoque la production du film en livrant quelques pistes d'analyses assez intéressantes. L'histoire s'est emparée de son imaginaire, il s'est laissé emporter par toutes ses obsessions personnelles : l'omniprésence de l'eau et l'importance du puits, l'inspiration des cultures celtes, de Rosemary's Baby ou The Wicker Man. Il parle de son rapport à la caméra, acquis sur le tournage du film, et donne ses impressions sur le casting, notamment Herbert Lom, "l'un des plus grands acteurs avec qui j'ai travaillé."

L'enfant de Miriam (26 min - 1080p)
L'historien du cinéma Fabrizio Spurio analyse La Secte et le discours sataniste du scénario ("Ici, il y a une vraie volonté de faire le mal et de le propager"). Il revient sur la présence marquée de l'eau, "porteuse de mal", ou des animaux, tous vus de manière négative, l'héroïne "objet" qui n'accomplit rien (sauf à la toute fin du film), l'abondance de symboles (l'arbre dans le rêve, la culture celte...) ou les références cinématographiques. Spurio évoque enfin la mémoire de Rosario Prestopino, créateur d'effets spéciaux, à travers certains accessoires de tournage qui lui ont été offerts.

La "Dario Argento Experience" (13 min - 1080p)
Une rencontre avec le fameux compositeur Pino Donaggio qui raconte son travail sur La Secte, non pas directement avec le réalisateur Michele Soavi, mais avec le producteur Dario Argento qui joua l'intermédiaire exclusif ("Dario faisait tout"). Donaggio revient sur cette "belle rencontre" et les différentes collaborations qui ont suivi, notamment pour Trauma ou Do You Like Hitchcock ?, et en profite pour évoquer les similitudes entre Argento et Brian De Palma concernant le travail sur la musique. Il parle évidemment de la bande originale de La Secte, un "essai électronique" aux sonorités différentes, mélange d'orchestre et d'éléments électroniques, et évoque l'expérience du Chat noir de Lucio Fulci.

Le puits (23 min - 1080p)
Le décorateur Massimo Antonello Geleng revient sur sa rencontre avec Michel Soavi (pour lui aussi à l'époque de Frayeurs !) et se souvient d'un tournage bien mené, efficace et plus serein que celui de Sanctuaire, à la logistique compliquée. Il nous dévoile surtout quelques secrets de fabrication du film et ce qu'est le travail du décorateur, basé sur l'illusion et la reconstitution invisible : La Secte, censé se passer en Allemagne et aux Etats-Unis, fut presque entièrement tourné en Italie. Massimo Antonello Geleng raconte le décor du puits, "l'une des meilleures scènes de ma carrière cinématographique", le prologue "hippie" ou la recherche du chalet de l'héroïne. Il se souvient également de quelques membres de l'équipe comme l'acteur Tomas Arana, Dario Argento ou "le magicien des effets spéciaux" Sergio Stivaletti.

Le coeur révélateur (13 min - 1080p)
Le comédien Giovanni Lombardo Radice revient sur son amitié avec Michele Soavi, "quelqu'un bon comme le bon pain!", rencontré du temps de Frayeurs de Lucio Fulci, qu'il n'a plus recroisé depuis longtemps. Il évoque son tout petit rôle dans La Secte, avouant n'avoir jamais lu le scénario en entier ni encore vu le film (les films d'horreur, ce n'est pas son truc), et raconte le tournage "épique" dans le métro de Rome. Il parle enfin de Tomas Arana, "très réservé mais de bonne compagnie". Un entretien un peu poussif, le comédien n'ayant finalement pas grand-chose à raconter.

La lumière au fond du puits (28 min - 1080p)
Le directeur de la photographie Raffaele Mertes est un bien meilleur "client", heureusement beaucoup plus éloquent sur La Secte. Il raconte le tournage du film, la méthode de travail de Michele Soavi avec qui l'alchimie fut "quasi immédiate". Il analyse la photo du film, contrastée, "dense en zones sombres", et explique certaines techniques qu'il a expérimentées, comme l'éclairage depuis l'extérieur du décor pour laisser l'espace libre aux déplacements de caméra. Il parle de la steadicam ou de l'objectif Innovision, sorte de micro-caméra qui venait de sortir, évoque le tournage "frénétique" en Allemagne, la grande disponibilité de Kelly Curtis, le professionnalisme d'Herbert Lom, l'oiseau marabout "impressionnant" ou la discrétion de Dario Argento qui venait rarement sur le plateau pour ne pas parasiter le travail de Soavi...

Requiem pour un genre (36 min - 1080p)
Voilà un excellent supplément, sans doute le plus intéressant de cette édition. Ce témoignage du scénariste Gianni Romoli, très pédagogique, précis et très franc, permet de mieux cerner la phase d'écriture d'un film. C'est d'abord l'approche humaine pour s'imprégner de la personnalité d'un réalisateur et lui livrer une histoire plus en phase avec lui-même. Il y a les premières idées, les éléments qui seront ajustés, modifiés, parfois abandonnés, les concessions... Romoli explique assez clairement les partis pris du scénario de La Secte : une histoire simple avec une succession de scènes fortes, portées par des personnages archétypaux, proches de la BD, et enrichi par l'univers symbolique et les "idées fixes" de Michele Soavi. C'est comment un projet évolue au gré des personnes impliquées et des conditions de production, comme pour toute cette partie non tournée qui aurait porté la durée du film à 3 heures. En parlant de La Secte et de Dellamorte, Dellamore (qu'il a également écrit), Romoli évoque surtout "des films de deuil qui ne font plus peur", "la fin d'un genre" initié par Riccardo Freda et Mario Bava. Il parle de son parcours à la suite de ces films, le projet Trauma engagé avec Dario Argento (avant que celui-ci ne le remplace sans l'avertir), et la crise créatrice de Soavi qui préféra évoluer dans le film d'auteur plutôt que capitaliser sur le succès de Dellamorte, Dellamore.


La bande-annonce originale de La Secte n'a malheureusement pas été fournie à l'éditeur. On se consolera avec quelques bandes-annonces des futures sorties du Chat qui Fume (en VO non sous-titrée pour les titres étrangers) : La Rose écorchée (en 1080p), La Saignée, Chats rouges dans un labyrinthe de verre, Comme des chiens enragés (en 1080p) et Amour et mort dans le jardin des dieux.

En savoir plus

Taille du Disque : 49 137 432 095 bytes
Taille du Film : 27 015 868 416 bytes
Durée : 1:56:44.497
Total Bitrate: 30,86 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 24,96 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 24968 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1218 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1152 kbps / 16-bit)
Audio: Italian / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1278 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1152 kbps / 16-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1452 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1152 kbps / 16-bit)
Subtitle: French / 15,425 kbps
Subtitle: French / 17,087 kbps
Subtitle: French / 0,006 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 2 octobre 2018

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