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Test blu-ray

La Grande pagaille

BLU-RAY - Région B
Rimini Editions
Parution : 6 / 10 / 2020

Image

La joie inouïe que nous procure cette édition d'un chef-d'oeuvre de la comédie italienne que les amateurs ont longtemps attendu pouvant nous inciter à faire preuve d'un surplus d'indulgence, tâchons de résumer les choses d'un "bon ensemble, malgré de gros défauts ponctuels".

Pour tout dire, quand l'image est belle, elle est très belle : certaines séquences (la conversation en extérieur entre Innocenzi et le soldat américain, plusieurs plans larges sur des paysages urbains dévastés, de nombreux gros plans sur le visage expressif d'Alberto Sordi...) témoignent ainsi d'une qualité de définition et de finesse dans les détails très hautement appréciable. L'image est stable, bien contrastée, le grain est bien restitué, tutto va bene...

Le principal souci ne provient pas du travail spécifique de Rimini Editions (nous avons parfois reproché à l'éditeur ses abus de lissage numérique, nous n'en avons pas trouvé de trace envahissante aussi) mais du master qui lui avait été fourni par Sony, certainement recomposé à partir de plusieurs sources de qualités diverses. La conséquence est une assez étonnante hétérogénéité, avec quelques plans de qualité ou de propreté carrément médiocre : outre un générique de début abîmé, citons un plan parsemé de scratchs et de griffures diverses entre 9'08'' et 9'20'', un autre, nocturne et très sale (les points blancs se voient mieux la nuit) à 42'05'', toute la séquence chez Brisigoni (Mac Ronay) entre 47'35'' et 51'20'' ou plusieurs plans avant le repas avec l'Américain (entre 1h10'40'' et 1h11'30''), tous plus laiteux et d'une définition très inférieure. Le plus surprenant est quand ces changements de définition s'opèrent à l'intérieur d'un même plan, comme ce saut de définition autour de 16'58'', qui fait passer d'une image blanche, sale et mal définie à une vraie image HD (voir captures 5 et 6 de la galerie). Il vaut donc mieux savoir à quoi s'attendre, sous peine de se demander ce qui se passe...

Son

La piste originale est claire, peut-être plus homogène en propreté que l'image, et mis à part quelques effets de saturation ou un manque de relief sur les ambiances, offre des conditions de visionnage satisfaisantes. La piste française est plus étouffée, avec un peu plus de souffle de fond et des dialogues parfois moins perceptibles.

A noter que les dialogues en allemand ne sont pas sous-titrés, ni dans une version ni dans l'autre. Concernant les sous-titrages, on aura remarqué quelques absences ou quelques libertés prises avec la traduction littérale, sans changement grossier de signification toutefois.

Suppléments

Le plus long supplément est un documentaire de Jorge Dana, Drôles, tendres et méchants (52 minutes - SD), consacré de manière très large à la comédie italienne, "de Toto à Roberto Benigni". Ce supplément daté de 1999 donne surtout l'occasion de voir et d'entendre l'essentiel des figures légendaires de la comédie italienne des années 60-70, cinéastes, comédiens et scénaristes, qui y rappellent leur propre parcours et y définissent surtout les singularités, selon eux, de cette manière très italienne de rire de soi-même, d'accepter la critique sur soi, voire même de l'anticiper (là où les Français, je cite Dino Risi, "ne font que célébrer leur propre grandeur et leur talent"). Illustré d'extraits de nombreux films (Le Pigeon, Une vie difficile, Divorce à l'italienne, Le Fanfaron, Nous nous sommes tant aimés...), ce module donne surtout envie de voir ou de revoir ces irrésistibles chefs-d'oeuvre.


Rimini propose également un supplément original, en l'occurrence une interview de René Marx, directeur adjoint de l'Avant-Scène Cinéma (30 minutes - HD) qui dresse également un panorama assez complet, en plusieurs temps : une introduction généraliste sur la comédie italienne, définie comme un registre "basé sur l'expérience de la souffrance de la vie", où "le rire et la douleur" se mêlent ; une focalisation sur les quatre chroniques historiques signées Age et Scarpelli au tournant des années 50-60 (La Grande guerre, La Grande pagaille, La Marche sur Rome, Les Camarades) et sur la figure de Luigi Comencini, cinéaste moins "cruel" et plus "sentimental" que ses collègues ; puis une analyse spécifique de La Grande Pagaille. De toutes petites imprécisions (de dates, notamment), mais c'est un supplément pédagogique tout à fait recommandable à ceux qui souhaitent découvrir la comédie italienne.

Les scènes coupées - en réalité des scènes du montage original, supprimées par Sony lors de la numérisation (drôle de procédé, tout de même !) - (6 min 58') permettent de compléter plusieurs séquences : un dialogue précédant l'arrivée du soldat allemand qui souhaite se rendre, le départ des hommes de la maison où ils ont quitté leur uniforme - avec la réplique donnant son titre original au film -, une opposition entre Sordi et Mac Ronay, une brève scène sur le bac avec la jeune femme juive, une dispute entre Codegato et sa femme...

A noter que les suppléments figurent sur le même disque que le film en Blu-ray (disque rouge), mais que dans le cadre de ce combo Blu-ray / DVD, ils sont proposés sur un DVD (vert) différent de celui du film (jaune).

En savoir plus

Taille du Disque : 39 671 953 408 bytes
Taille du Film : 28 006 950 912 bytes
Durée : 1:54:32
Total Bitrate: 32,6 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video  / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: Italien DTS-HD Master Audio 2.0 / 48 kHz / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit), Français Italien DTS-HD Master Audio 2.0 / 48 kHz / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)

 

Par Antoine Royer - le 22 février 2021