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Test blu-ray

L'Homme qui voulut être roi

BLU-RAY - Région B
Wild Side vidéo
Parution : 9 / 12 / 2020

Image

Grand classique du film d'aventures, L'Homme qui voulut être roi est proposé pour la première fois en France en Blu-ray, après la seule édition DVD qui était sortie... en 2002 ! Wild Side a utilisé le master fourni par Sony, détenteur des droits hors des Etats-Unis, qui a été repris pour les Blu-ray allemand (en 2016) et espagnol (en 2018). Cette restauration se révèle peu récente, sans doute produite au milieu des années 2000, mais bénéficie d'une qualité d'image encore honorable et surtout très supérieure à ce qui était disponible chez nous en DVD. La copie est assez stable et très propre, la définition est honnête, mais l'ancienneté technique se ressent dans le niveau de détail limité qui ne rend pas complètement justice aux textures des costumes, par exemple. Certains aspects accentuent également l'impression d'un transfert daté, comme les contours doux et les lignes de transition entre zones claires et sombres, moins bien gérés par les capteurs de l'époque, que l'on pourrait confondre avec de l'accentuation de contours (Edge Enhancement). Mais la colorimétrie reste cohérente, avec des teintes chaudes bien saturées, et l'aspect photochimique est respecté, avec un léger grain non gommé.

Impossible de ne pas évoquer le Blu-ray américain, sorti chez Warner en 2011 (zone free avec VF et sous-titres français), le studio ayant financé sa propre restauration quelques années plus tard, pour un rendu amélioré mais pas forcément meilleur sur tous les points. Ce nouveau scan HD exclusif à Warner (qui ne vend pas ses masters, pour l'instant) se distingue surtout par une meilleure gestion des détails, un cadre plus large et des contrastes renforcés. Seulement, une atténuation parfois trop marquée des nuances d'origine (jaunes-vertes) de la pellicule accentue des dérives magenta insistantes sur les carnations, et tempère l'enthousiasme. Côté précision, la différence n'est pas non plus mirobolante : c'était encore l'époque où l'éditeur américain était avare en débit vidéo et appliquait un lissage des masters de manière assez franche. Le rendu de l'image sur son Blu-ray en a visiblement pâti, réduisant le niveau de détail et la qualité du trait, plus ciselés à l'origine, et atténuant par la même occasion la granulation argentique.

comparatif DVD Sony (2002) vs. Blu-ray Wild Side (2020) :
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comparatif Blu-ray Warner (2011) vs. Blu-ray Wild Side (2020) :
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Son

Projeté dans certaines salles à sa sortie accompagné d'un mixage stéréo 4 pistes, L'Homme qui voulut être roi a malheureusement toujours été restitué en mono dans ses éditions vidéo - même par Warner qui n'a pas fait mieux pour son Blu-ray américain. Wild Side propose donc une version originale et une version française mono, de qualité à peu près équivalente et d'un bon niveau. Le rendu est détaillé sans paraître surchargé, les ambiances sont bien équilibrées avec la musique et les voix, claires et dénuées de sifflantes. L'ensemble ne souffre pas de traces du temps, craquements, distorsions ou saturations. Aucun souffle n'est à déplorer.

Suppléments

Comme à chaque Noël, Wild Side édite un coffret collector grand format (23,5 cm x 24 cm x 3,3 cm), limité à 2 000 exemplaires, cette fois consacré à L'Homme qui voulut être roi. Il s'agit de l'édition la plus complète jamais sortie sur le chef-d'oeuvre de John Huston. Le coffret comprend le Blu-ray, le DVD ainsi que La matière dont les rêves sont faits, un livre écrit par l'excellente plume Samuel Blumenfeld. Le journaliste et critique au Monde a consulté les Archives Huston à Los Angeles, interviewé Michael Caine et Christopher Plummer, et plongé dans de nombreuses biographies pour raconter de manière assez détaillée cette aventure que Huston portera comme "une idée fixe" pendant plus de vingt ans, pressentant des collaborations avec Humphrey Bogart, Clark Gable, Robert Mitchum, Richard Burton, Robert Redford ou Paul Newman - c'est d'ailleurs ce dernier qui suggérera au réalisateur le duo gagnant Sean Connery et Michael Caine. L'Homme qui voulut être roi est, pour le cinéaste, l'occasion d'adapter Rudyard Kipling, "l'homme sans lequel Huston ne serait jamais devenu Huston", et s'essayer à plusieurs tentatives de scénario pour une histoire qui reprend ses thématiques fétiches, empreintes du "romantisme de la découverte". Le réalisateur ne change pas pour autant ses méthodes "baroques et chaotiques" : Blumenfeld livre quelques exemples du "dilettantisme hustonien" qui préfère chasser le tigre pendant les repérages en Inde, choisir ses seconds rôles (dont la femme de Michael Caine) à la dernière minute, se désintéressant éhontément de la logistique ou se confrontant avec les financiers "jusqu'à un quasi point de rupture". Cet iconoclaste en roue libre est un collaborateur difficile, pas toujours tendre avec son équipe ou ses comédiens (Christopher Plummer en fera les frais), mais un grand professionnel, au talent légendaire et soucieux du moindre détail (le choix d'un veilleur de nuit analphabète - et peut-être centenaire - pour incarner le grand prêtre). Blumenfeld évoque également la "très longue aventure d'un an" du décorateur Alexandre Trauner qui reconstitua un temple indien dans une exploitation d'amandiers au Maroc, faisant spécialement construire une route pour y transporter le matériel. Un récit passionnant mais peut-être un peu perdu (une trentaine de pages) au milieu des 200 qui composent le livre. Si nous nous abstiendrons de trop commenter le visuel extérieur, un peu trop moderne et criard à notre goût, la mise en pages de l'ouvrage est plutôt réussie et très richement illustrée de dizaines de photos de production et d'archives rares.

Le film est accompagné de nombreux suppléments, dont une majorité a été spécialement produite pour cette édition :

Quand l'aventure tutoie les sommets (43 min - 1080p - VOSTF)
Chose rarissime dans un bonus, Wild Side propose le témoignage d'un poste-clé dans la fabrication d'un film : les souvenirs de la scripte Angela Allen, fidèle collaboratrice de John Huston sur 14 films, à la filmographie impressionnante. Après une brève description de son travail et ses débuts ("la plus jeune du métier à l'époque"), elle revient sur sa rencontre avec Huston sur African Queen et sa personnalité atypique. Elle foisonne d'anecdotes sur les coulisses de L'Homme qui voulut être roi, "le film qu'il avait toujours voulu faire", évoque les principaux membres de l'équipe technique, raconte comment elle a servi d'intermédiaire pour obtenir les costumes afghans des Cavaliers de John Frankenheimer, la composition du casting des seconds rôles au Maroc (le grand prêtre qui n'avait jamais vu un film de sa vie), la gestion des nombreux figurants qui parfois ne comprenaient pas l'interprète arabe, ou la scène du pont ("une sacrée chute"). Elle revient sur les méthodes de travail de John Huston qui "filmait à l'économie" pour mieux contrôler son montage, ou qui interdisait le maquillage pour les hommes. De courts extraits d'une masterclass de Michael Caine à Munich en 2013 et d'un entretien avec le 2e assistant réalisateur Michael D. Moore complètent ce bon supplément signé Robert Fischer, abondamment illustré de documents de travail et de photos de tournage fournies par Miss Allen.



Loin de Hollywood : John Huston, roi du Kafiristan (18 min - 1080i)
Quelle bonne idée d'avoir proposé à Jean-Jacques Annaud d'évoquer L'Homme qui voulut être roi. Avec l'oeil du professionnel, le cinéaste habitué des grosses productions et des reconstitutions historiques revient sur la débauche de "grande mise en scène" et évoque ce "film de fusion", genre qu'il a lui-même pratiqué où se mélangent la "touche de grandiose à l'américaine" et une patte plus européenne, au goût de réalisme, "du vrai". Le réalisateur note que l'histoire du film reste très ancrée dans son époque (et celle de Kipling) avec la supériorité de l'homme blanc et sa vision du "bon sauvage" naïf. Il remarque également un film où se retrouvent plusieurs traits de la personnalité de John Huston : le mélange d'aventure et d'humour, et le héros qui comme le cinéaste a tendance à prendre ses mensonges très au sérieux - Huston ayant lui aussi "voulu être roi" en devenant réalisateur tout-puissant sur un plateau.

John, Sean & Michael (21 min - 1080i)
Le talent de conteur de Jean-Jacques Annaud fait une fois de plus merveille dans cet excellent supplément où il évoque ses rencontres avec John Huston, Sean Connery et Michael Caine à l'époque du Nom de la rose. Après une brève évocation de la carrière de John Huston, "metteur en scène inspirant" qui devait interpréter le moine aveugle mais qui en fut empêché par son état de santé très fragile, Jean-Jacques Annaud revient sur le "souvenir idyllique" de son tournage avec Sean Connery, "l'impression de conduire une Rolls d'un petit doigt" car il avait trouvé là un acteur aussi précis que lui, préparé jusqu'à l'obsession. Annaud raconte le moment où il a décidé de travailler avec lui après avoir longtemps repoussé ses avances, trop focalisé sur le "rôle puissant" de James Bond. Le cinéaste se souvient également du procès intenté par Michael Caine pour ne pas avoir obtenu le rôle après deux rendez-vous, qui demandait la somme correspondant au budget du film. Cela repoussa de deux ans le paiement du salaire de Sean Connery, ternissant l'image des soi-disant deux meilleurs amis du monde...

La cité magique (12 min - SD - 4/3 - VOSTF)
Repris du Blu-ray Warner, un reportage promotionnel d'époque sur le tournage du film au Maroc, avec interviews du réalisateur, du producteur et des acteurs. L'occasion de voir le minutieux décor d'Alexandre Trauner et les coulisses de la chute du pont, avec un montage qui nous fait habilement croire qu'il ne s'agit pas d'un cascadeur...


Le gentil géant (8 min - 1080i - VOSTF)
Interviewé en 2003 (et remis en images par Robert Fischer), Danny Huston, fils du réalisateur, évoque son pirate de père qui lui racontait ses récits de voyage ou l'emmenait sur certains de ses tournages. Une belle évocation de ce personnage imposant et charismatique, un bluffeur qui savait utiliser le système, un "franc-tireur" increvable et généreux qui eut une vie pleine de joies et de drames...

Bande-annonce (1 min 04 - SD - VOSTF)

En savoir plus

Taille du Disque : 48 606 753 225 bytes
Taille du Film : 30 852 489 216 bytes
Durée : 2:09:08.991
Total Bitrate: 31,85 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 25,92 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 25929 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2037 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2032 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 0,083 kbps
Subtitle: French / 21,728 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 17 décembre 2020

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