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Test blu-ray

L'Étrange Monsieur Victor

BLU-RAY - Région B
Pathé
Parution : 24 / 3 / 2021

Image

Inédit en vidéo depuis la VHS René Chateau, L'Etrange Monsieur Victor a été restauré en 4K en 2020 par le laboratoire L'Image Retrouvée, à partir du négatif original nitrate 35mm complété, pour certaines parties inexploitables, par les meilleurs éléments disponibles : un positif nitrate de première génération, une copie d'exploitation nitrate ainsi qu'un contretype, fournis par la Fondation Jérôme Seydoux, la Cinémathèque française... et même le British Film Institute. A l'exception de deux scènes techniquement plus en retrait (les 4 dernières captures de la galerie d'images), sans doute issues de la copie d'exploitation, à la chute de génération bien palpable, le reste du film propose de bonnes, voire de très bonnes conditions de visionnage. Certains passages sont effectivement plus épais, c'est vrai, avec un grain parfois plus proéminent, et des gris qui perdent en subtilité, mais le remarquable travail du laboratoire restitue l'ensemble de manière tout à fait fluide - et seuls les yeux aguerris sentiront vraiment les différences. On sent quand même que le mauvais état du négatif n'a pas facilité les choses, les passages d'une source à l'autre étant réguliers, avec même, à 2-3 reprises, quelques sautes de mots ou de plans, voire une image en partie coupée qui a été masquée par un cache. A l'exception de quelques salissures anodines, l'ensemble a été profondément nettoyé et remarquablement stabilisé. L'étalonnage est bien nuancé, la palette de gris est variée, avec des noirs très bien ajustés (et souvent finement détaillés), sans pulsations. Le grain argentique n'a pas été lissé, conservant ici la texture originale de la photographie, solidement soutenue par un encodage sans faille.

Son

La bande-son, elle aussi, a bénéficié d'une restauration solide. Compte tenu de l'âge du film (plus de 80 ans) et des conditions de conservation, le rendu est étonnamment clair, même pour les passage issus des sources alternatives. Les voix sont rarement soumises aux sifflantes, le souffle en arrière-plan est plutôt ténu, malgré quelques ronronnements ponctuels peu discrets. L'équilibre est palpable avec les ambiances. Du très bon travail, on n'avait jamais pu profiter d'un tel confort pour la piste sonore de L'Etrange Monsieur Victor.

Le film est également proposé en Audiodescription pour les malvoyants et les non-voyants.

Suppléments

A l'ombre des persiennes (57 min - HD)
Un bon et long complément qui s'appuie sur L'Etrange Monsieur Victor pour aborder le cinéma "lucide" et musical de Jean Grémillon. Jean-Dominique Nuttens (de la revue Positif), Jean-François Buiré (enseignant et critique), Philippe Roger (maître de conférence) et le réalisateur Paul Vecchiali évoquent cet artiste-artisan, "documentariste qui fait des films de fiction", ne se contente pas de raconter des histoires mais va "au coeur des choses", s'intéressant à des personnages en contraste et "en métamorphoses", dont il explore les "déchirement internes". Ils reviennent sur la façon dont Grémillon parvient à exprimer son talent dans L'Etrange Monsieur Victor, projet imposé avec l'imposant Raimu, "acteur un peu dévorant" qui incarne "un archétype du double", à l'image du film entièrement pensé dans un contraste entre l'ombre et à la lumière. Le documentaire revient sur de nombreux points d'analyse comme les "trous de scénario", le tournage en pleine Allemagne nazie, Madeleine Renaud "à la fois dans la simplicité et le mystère", ou les critiques de Raimu ("les gens du Nord ne comprennent rien à notre Midi"). On évoque aussi bien des éléments biographiques : la rencontre "déterminante" du producteur Raoul Ploquin, la collaboration avec Charles Spaak...

Commentaire audio de Philippe Roger
Comme il l'avait fait sur quelques minutes de Dainah la métisse pour le Blu-ray édité par Gaumont en 2018, le Maître de conférences en études cinématographiques et spécialiste de Jean Grémillon livre sur la longueur une ciné-analyse plutôt intéressante. Il faut certes s'habituer à un texte lu plutôt qu'un commentaire spontané, mais au-delà de l'exercice à l'apparence un peu scolaire, le contenu est riche et très informatif. Philippe Roger parle de L'Etrange Monsieur Victor comme d'un "nouvel éloge du féminin", dans un cinéma aux natures divisées, et axe la majeure partie de l'analyse sur le travail du cinéaste. Il revient sur l'économie de moyens, le "statut étrange et original" de la musique, "la main invisible qui dirige le monde", ou l'audacieux travail plastique, avec le jeu pictural entre la verticalité et l'horizontalité qui se poursuit dans le traitement des ombres. Il montre également comment Jean Grémillon profite de scènes de comédie pour "faire diversion", utilise les défauts de l'acteur Raimu au service de son film, en utilisant un Victor "qui surjoue par incapacité à être". Le conférencier va même jusqu'à évoquer l'hypothèse d'une homo-sentimentalité de Victor pour Bastien...

Interview de Raoul Ploquin (4 min - HD)
Extrait d'une copie de travail 16mm n&b du documentaire Le Cinéma français par ceux qui l'ont fait, réalisé par Armand Panigel en 1974. Le producteur de L'Etrange Monsieur Victor raconte le "petit conflit" qui l'opposa au réalisateur concernant les images du retour de Robineau (Pierre Blanchar) surplombant Toulon, "une scène où il ne se passe rien", qu'il voulait supprimer mais qui fut quand même intégrée par Grémillon, en version raccourcie. On voit ensuite l'intégralité de la scène en question, telle qu'elle figure dans le montage final.

Actualités Pathé (2 min - HD)
On évoque la proposition de suppression du bagne, pour "une nouvelle organisation". Au gré d'images d'illustration, on aperçoit parmi les détenus le fameux Guillaume Seznec "qui réclame toujours son innocence". On notera la justesse de la scène de L'Etrange Monsieur Victor par rapport aux conditions réelles de détention...

En savoir plus

Taille du Disque : 45 101 638 319 bytes
Taille du Film : 32 511 688 704 bytes
Durée : 1:42:22.636
Total Bitrate: 42,34 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 36,85 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 36857 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1162 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1296 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS Audio / 2.0 / 48 kHz / 768 kbps / 16-bit
Subtitle: French / 38,698 kbps
Subtitle: English / 26,950 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 8 avril 2021