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Test blu-ray
Image de la jaquette

L'Arme à gauche

BLU-RAY - Région B
Tamasa
Parution : 28 février 2024

Image

Coïncidence des plannings, deux des premiers films de Claude Sautet sont réédités à quelques semaines d'intervalle. Tamasa ouvre le bal et propose L'Arme à gauche à partir de la restauration 2K déjà présente sur le DVD M6 vidéo... sorti en 2010. Les travaux ont été effectués à l'époque entre les laboratoires Daems (pour la préparation photochimique), Scanlab (pour la numérisation et la restauration numérique) et Duboicolor (pour l'étalonnage). Malgré l'ancienneté, on y gagne de toutes façons au change rien que par l'amélioration significative de la précision, par rapport au DVD. Il s'agit d'une restauration très honorable à défaut d'être absolument irréprochable, qui "fait le job" malgré les années : la définition est tout à fait correcte, la finesse du trait est palpable, tout comme le niveau de détail, même si on conserve à l’œil une petite impression de douceur. Les plans truqués ont une épaisseur plus accentuée, conformément à leur mode de fabrication. Les contrastes sont bien équilibrés, offrant une gamme de gris très nuancée, malgré des pulsations régulières de luminosité. Certains plans restent encore tremblotants, dans un ensemble plutôt bien nettoyé : il ne subsiste que quelques micro griffures (souvent verticales). Le grain a été préservé, présent de manière assez ténue mais suffisamment palpable, et rarement impacté par un encodage qui laisse entrevoir quelques macroblocs dans les noirs les plus profonds de certaines scènes en pénombre.

comparatif DVD M6 vidéo (2010) vs. Blu-ray Tamasa (2024) :
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Son

La piste son a été restaurée par L.E. Diapason, comme toujours de manière très efficace. La numérisation soignée restitue, dans un spectre assez large, aux graves palpables, un mixage assez détaillé malgré la post-synchronisation générale. Les voix possèdent une belle présence, sans usures de pellicule. La piste a été totalement nettoyée, il n'y a pas de souffle ni de saturations. On notera cependant, comme toujours avec Tamasa, une présentation sonore en "simple" Dolby Digital, couramment utilisé sur les DVD mais plutôt obsolète en Blu-ray.

Suppléments

L'Arme à gauche est présenté dans un digipack simple, taille DVD, comprenant un Blu-ray, un DVD ainsi qu'un livret de 20 pages. On y trouve la critique de Jean-Louis Bory, parue dans Arts en juin 1965, tout heureux qu'"il se passe enfin quelque chose dans le cinéma français", grâce à un film qui sait "chanter l'espace et le mouvement" au lieu de les sacrifier au seul dialogue, comme c'est trop souvent le cas. Jean-Louis Bory admire un scénario qui évite les rapports conventionnels entre les personnages, donne la place à une femme dans un film d'action, ou offre des dialogues efficaces et "d'une constante vérité psychologique". L'Arme à gauche est "une accumulation de force dont Sautet retarde l'explosion", avec un Lino Ventura dé-Audiardisé, qui rappelle Humphrey Bogart dans son personnage un peu "rentré" et "faussement passif". Un film "intelligent", "du cinéma français avec « guts »". Le livret est complété par des notes de production, reprises du DVD M6 vidéo, écrites de manière assez scolaire mais toujours intéressante par Eddy Moine, qu'on a pu apercevoir dans les dernières Dernière Séance ou dans quelques suppléments plus récents. Le fils d'Eddy Mitchell rappelle les grandes étapes du projet, notamment l'écriture du scénario à quatre mains, la production du film et les parcours de Claude Sautet ainsi que certains membres de l'équipe, entre autres la fructueuse filmographie italienne de Sylva Koscina ou la participation de Leo Gordon, "incontournable troisième couteau du cinéma américain"...

Le film est accompagné de plusieurs suppléments :

Sautet avant Sautet (36 min - HD)
Spécialement produit pour cette édition, un entretien avec Bernard Payen, responsable de la programmation à la Cinémathèque française. Il revient sur L’Arme à gauche, symptomatique d’une période incertaine pour Claude Sautet, qui n’est pas encore le cinéaste qu’on connaît. Alors en plein apprentissage de son métier, entre assistanat et implications sur différents projets, il ne garde pas un bon souvenir de ce "Key Largo français", mal aimé par ce qu’il considérait comme un "faux film américain". L’Arme à gauche est pourtant loin d'être déshonorant, s’éloignant des codes habituels de la Série Noire dans une histoire d’aventures et un face à face "quelque part entre le Bien et le Mal". Bernard Payen évoque le romancier Charles Williams, souvent adapté au cinéma, relevant les différences de traitement par rapport au livre original, ce qui a pu être gardé ou modifié. Bernard Payen note la reconstitution d’un pays exotique par le décorateur René Reroux, après Le Salaire de la peur et son Amérique du sud simulée dans le sud de la France, et livre quelques anecdotes d’un tournage qui ne s’est pas toujours très bien passé, raconté dans les mémoires de l’assistant-réalisateur Yves Boisset : entêtement de Sautet face aux caprices des éléments, remplacement du chef opérateur… Bernard Payen analyse enfin la mise en scène de Claude Sautet, louant une forme dépouillée au service du suspense, le jeu sur l’attente et les éclats de violence, son sens du détail, sa façon de filmer "l’animal de cinéma" Lino Ventura de manière physique. Il voit surtout "des choses en germe" qui annoncent sa grande période à venir...


Reportage sur le tournage (13 min - SD avec upscale)
Diffusé dans l'émission documentaire Grand écran en 1965, un reportage de Max Allemand et du myhtique Pierre-André Boutang sur le tournage de L'Arme à gauche. On peut reconnaître Yves Boisset et entendre Claude Sautet au travail, diriger ses acteurs, ponctué d'extraits du film et d'interviews. Le réalisateur avoue regretter le tournage en studio, imposé pour rattraper le retard, parle de sa fascination pour "la qualité" du comportement des bandits, et évoque Leo Gordon, "une espèce de brute extraordinaire", au grand professionnalisme. Lino Ventura raconte l'obstination de Sautet qui souhaite d'abord obtenir ce qu'il veut avant de penser au confort de ses comédiens ; Silva Koscina parle d'"un film vrai", de l'enthousiasme et de la force du réalisateur, comme de son manque de patience. Une très belle archive.

En savoir plus

Taille du Disque : 24 355 339 908 bytes
Taille du Film : 17 734 397 952 bytes
Durée : 1:41:35.000
Total Bitrate: 23,28 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 21,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 21999 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / Dolby Digital Audio / 2.0 / 48 kHz / 192 kbps
Subtitle: French / 7,958 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 28 mars 2024