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Test blu-ray

Hangover Square

BLU-RAY - Région B
Rimini Editions
Parution : 3 / 1 / 2018

Image

Initialement prévu pour sortir simultanément avec Jack l'Eventreur, du même John Brahm, Hangover Square avait été repoussé pour bénéficier de la nouvelle restauration 4K initiée par la Fox, à l'origine du Blu-ray édité par Kino en novembre dernier. Après comparatif, nous pouvons confirmer qu'il s'agit ici du même master, de très bonne facture - lequel enterre, il va sans dire, les masters SD préexistants.

Certaines sorties récentes de Rimini (éditeur dont, par ailleurs, nous apprécions particulièrement les efforts éditoriaux) nous avaient laissé sur notre faim, notamment par abus massif de lissage numérique. La dégraineuse n'est ici pas complètement restée au garage, mais son travail est resté somme toute inoffensif, et le rendu de cette édition tient au final tout à fait la comparaison avec le Blu-ray américain, à deux points de détail près : premièrement, on a pu constater une très marginale différence de cadre (un peu plus d'image sur le bas du cadre, un peu moins sur les côtés, notamment à droite), et deuxièmement, une gestion assez différente de la luminosité ou du contraste, qui a pour effet de blanchir les gris jusqu'à la limite de la surexposition ou de provoquer quelques blocs de compression dans les noirs de l'édition Rimini. Mentionnons également quelques scènes à la limite du flou (le voyage nocturne en calèche, par exemple), mais cela est manifestement moins dû au master HD qu'aux conditions de tournage... Ces quelques points mis à part, le résultat est plaisant... et quelque part un peu rassurant...

Son

Aucune version française n'étant disponible, la version originale est incontournable, et celle-ci s'avère tout à fait satisfaisante, même si l'équilibre est parfois difficile à trouver dans un film qui joue à ce point sur l'ambiance sonore : le score de Bernard Herrmann, sur lequel repose une bonne partie du film, est mis en avant, quitte à provoquer parfois quelques distorsions. Nous avons là affaire à une bande-son vieille de plus de 70 ans, qui n'a (fort heureusement) pas été artificiellement "boostée" et dont il faut accepter les quelques imperfections.

Moins acceptables, toutefois, sont les approximations des sous-titres de cette édition française, et en particulier des règles de ponctuation : les virgules remplacent régulièrement les points, ce qui place des majuscules au milieu des phrases, et des espaces disparaissent entre les mots. Enfin, on aura constaté quelques approximations de traduction, qui pour certaines suggèrent une traduction automatique ("a minute or two" traduit par "un moment ou deux"...).

Suppléments

Dans le boîtier, un livret petit format d'une trentaine de pages, rédigé par Marc Toullec, parle de John Brahm, "l'illustre inconnu d'Hollywood", qui suit la chronologie de sa filmographie, de ses débuts dans les années 30 à sa fin de carrière pour la télévision dans les années 60.

Sur le disque, trois suppléments vidéo :

Dans John Brahm, à la folie (17 min 30 - HD), Guillemette Odicino entreprend de parler du parcours "inédit" de ce cinéaste méconnu, depuis ses jeunes années berlinoises jusqu'à son travail pour la "télévision" (terme que la journaliste de Télérama prononce avec une sorte de rictus de dégoût...), en passant par "trois perles" (Jack L'Eventreur, Hangover Square, Le Médaillon) à la fois "gothiques et freudiennes". On y apprend que "les thèmes du suspense ou de la folie" font partie de ses grandes préoccupations... Hangover Square est ensuite le principal objet de la discussion - l'intervenante ne manque ni d'énergie ni d'expressivité, mais elle cède parfois à quelques excès dans la formulation (beaucoup de choses "incroyables") tout en manquant en réalité un peu de ligne directrice dans son analyse.

L'Adaptation impossible (13 min 50 - HD) voit l'éditeur/historien François Guérif parler de Patrick Hamilton, auteur du roman Hangover Square (avec lequel "le film, à part pour quelques détails, n'a rien à voir") mais aussi des oeuvres littéraires qui donneront Hantise de Cukor ou La Corde de Hitchcock. Retraçant la vie et l'oeuvre de Patrick Hamilton (manifestement en partie mêlées, notamment autour de l'alcoolisme), Guérif compare également le livre et le film pour conclure qu'il était de toute façon impossible d'adapter fidèlement un tel récit.

Enfin, un Entretien autour de la musique de Bernard Herrmann (27 min - HD) est mené avec le pianiste-compositeur Stéphane Riva : à côté de son piano, qu'il convoque régulièrement pour soutenir son propos, il voyage au coeur de la musique de films des années 40, puis spécifiquement au coeur de celle de Bernard Herrmann. Comparant ses thèmes, insistant sur sa singularité de compositeur, il illustre l'idée que Herrmann s'attachait moins à accompagner l'image ou à créer de belles mélodies qu'à établir une texture émotionnelle propre à chaque oeuvre. Il évoque enfin l'influence considérable du compositeur sur d'autres musiciens. Pour qui s'intéresse à la musique de film, voilà un supplément consistant et pédagogique comme on aimerait en voir plus souvent.

Par Antoine Royer - le 24 janvier 2018

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