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Test blu-ray

Faux-semblants

BLU-RAY - Région B
Opening
Parution : 17 / 1 / 2012

Image

Ce master édité par Opening offre à ce jour la meilleure version disponible de Faux semblants, à ceci près que le format original de l'image n'est pas totalement respecté, celle-ci étant zoomée pour s'adapter à un écran 16/9. Techniquement, la tenue globale est correcte et ne dénature pas les intentions du chef opérateur : l’image est propre, les couleurs bien saturées et le niveau de contraste bien géré. On regrettera essentiellement une définition juste satisfaisante qui, associée à un dégrainage trop poussé, donne à l'image un aspect lisse, trop doux par rapport au potentiel de la haute-définition. On note également pendant tout le film une légère instabilité, un tremblement qui se remarque surtout pendant le générique et les plans fixes, mais qui sait heureusement se faire plus discret le reste du temps.

Son

Pas de remixage multicanal pour cette édition mais, malgré deux "simples" pistes stéréo (mais en DTS), le rendu s'avère très honnête, en accord avec une bande-son plutôt minimale. On ne relève pas de souffle disgracieux ni de différence significative entre les versions anglaise et française. Dans les deux cas, la musique est suffisamment mise en valeur.

Suppléments

 

Portrait de David Cronenberg (57 min - SD)

Ce documentaire (déjà disponible sur les éditions DVD du Festin nu sorties depuis 2003) retrace sur un ton hagiographique le parcours de Cronenberg de l’underground canadien à A History of Violence.  Outre le commentaire du cinéaste sur la plupart de ses œuvres, plusieurs comédiens interviennent pour vanter les mérites de ce grand directeur d’acteurs : Holly Hunter, Michael Ironside, Peter Weller,  Jennifer Jason Leigh. Au-delà de l’admiration revient souvent cette remarque qu’aucuns d’eux n’aimeraient vivre dans l’esprit de Cronenberg. On regrettera toutefois de ne pas entendre d’autres fidèles collaborateurs essentiels à la réussite de ses films : Howard Shore, Carol Spier, Denise Cronenberg, Peter Suschitzky, Ronald Sanders… Debbie Blondie Harry,  pour qui le passage devant la caméra dans Videodrome ne fut pas aisé, dit voir en lui un authentique punk.  C’est un peu la scandaleuse élégance du cinéaste : être à la fois punk et gentleman.

Gémellité, le vrai du faux (26 min - SD - chapitré)

Nils Tavernier, qui a réalisé un documentaire sur les jumeaux (et lui-même ancien toxicomane), Fabrice Bak, psychologue spécialiste de la gémellité, et Jean-François Bach, immunologiste, sont invités à parler de ce thème en se servant du film d’une manière illustrative. L’exercice a ses limites, Faux semblants décrivant un cas de névrose qui n’est certainement pas le lot commun de la plupart des jumeaux. Les frères Mantle n’y ont en fait pas réalisé ce qui tôt ou tard arrive aux jumeaux normaux : une différenciation (raison peut-être pour laquelle un jumeau nous déclarait ne pas du tout être touché par ce film). Cela compris, c’est une vulgarisation intéressante, agréable  à suivre, tournant essentiellement autour du concept de  dé-gémellisation (terme à bannir selon Fabrice Bak), de l’enjeu d’un lien puissant (naître accompagné dans la vie) et indéfectible. Ce supplément nous rappelle toutes les questions que soulèvent les jumeaux quant à l’identité et l’individualité.

Faux semblants, le projet (7 min - SD)

Présentation promotionnelle d’époque où se mêlent plans extrais du film et images du tournage. Cronenberg et son producteur insistent sur la nouveauté du film (mettant au premier plan un couple de jumeaux qui ne sont pour une fois pas un phénomène de dérision ou un binôme cliché de thriller). Jeremy Irons évoque le défi que représente ce double rôle qu’il semble affronter avec la sérénité que permet une grande expérience théâtrale. Est aussi mis en avant le défi technique du film : ses transparences en split-screen dans lesquelles Irons joue deux fois le même plan en alternance avec une doublure. 7 minutes autrement plus instructives que bien des outils de promo du même format.

Des effets très spéciaux (20 min - SD)

Making-of technique du film issu de l’édition Criterion permettant d’assister "en direct" aux doubles prises faites avec Irons et sa doublure en split-screen, le montage des deux plans en un seul transparent se faisant immédiatement sur le plateau. On est frappés aujourd’hui encore de la perfection technique du procédé, totalement invisible à l’image. Un bel exemple de technique au service du comédien.

Film annonce (2 min - SD)

En V.O, dans une patine abîmée. Belle bande-annonce, soignée comme le sont souvent celles des films de Cronenberg.

Par Jean-Gavril Sluka - Stéphane Beauchet - le 2 février 2012