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Test blu-ray

Deep End

BLU-RAY - Région B
Carlotta
Parution : 28 / 11 / 2011

Image

Edité outre-Manche par BFI dans un superbe Blu-ray, Deep End bénéficie d’un traitement quasi identique en France. Carlotta a manifestement bénéficié d’un master de grande qualité, où il est pratiquement impossible de trouver le moindre artefact ! Côté définition, le master HD propose une image bien détaillée. Comme souvent, dans le registre du classique, la profondeur de champ n’est pas impressionnante (mais elle ne l’a jamais été pour ce film !) mais tout à fait naturelle. Les couleurs magnifiques (les verts, rouges, jaunes du film sont éclatants) rendent un bel hommage aux recherches plastiques de Jerzy Skolimowski. Les contrastes sont parfaitement maîtrisés et la lisibilité des scènes nocturnes est tout à fait confortable. Enfin, la compression en Haute Définition fait preuve d’une belle efficacité sans le moindre défaut de compression et respectant le grain argentique du film. Pour conclure, réjouissons-nous de cette image, absolument naturelle avec un très beau rendu "cinéma". En projection ou sur un écran classique, la (re)découverte de Deep End est une merveille !

Son

Deux bande-son sont proposées (VF et VO) sur des pistes Mono PCM. La VO est claire, avec des dialogues précis, des bruits d’ambiance et une musique parfaitement respectés. Le mixage offre un ensemble équilibré et tout à fait agréable. Le mono n’empêche pas la musique (Can, Cat Stevens) de se déployer dans un large spectre sonore. Du côté de la VF, les dialogues écrasent un peu le reste de la piste, mais cela reste honorable pour qui voudrait découvrir Deep End dans la langue de Molière. Fidèle à ses habitudes, Carlotta propose des sous-titres français blancs, relativement discrets et parfaitement lisibles. Ils sont amovibles.

Suppléments

Point de départ : le tournage du film Deep End (2011, 74 min)
Point de départ est le titre original de Deep End, film dont la réussite repose sur la chance, l'enthousiasme et une bonne entente de l'équipe selon les dires de Jerzy Skolimowski. Alors qu'il a souvent la dent dure avec ses réalisations, on le trouve dans ce documentaire de 2011 parlant de ce film avec beaucoup d'enthousiasme et une certaine fierté. Comme pour appuyer ses dires, les acteurs et nombre de collaborateurs du film l'accompagnent dans l'évocation, quarante ans plus tard, d'un film qui les a visiblement tous marqués. Le documentaire plante d'abord le décor : le Swinging London et Skolimowski qui raconte son installation à Londres avec Jimmy Hendrix comme voisin. Le cinéaste poursuit en narrant par le détail l'écriture du conducteur en une dizaine de jours, ses difficultés avec la langue anglaise, la mise en production, l'écriture à proprement parler avec son compatriote Jerzy Gruze, le casting, le tournage entre l'Angleterre et Munich... Une foule d'informations, plus ou moins pertinentes d'ailleurs, sont ainsi livrées sur chaque étape de la fabrication du film (excepté le montage) par Skolimowski, mais aussi par John Moulder-Brown, Jane Asher, Christopher Sandford, le directeur de la photographie Charly Steinberger (qui nous emmène visiter les bains douches de Munich où a eu lieu le tournage) ou encore le chef décorateur Tony Pratt (qui, on l'apprend, est le neveu de Boris Karloff !). Si l'on regrette un peu la place donnée à quelques éléments vraiment anecdotiques et une mise en scène très télévisuelle, Point de départ est un documentaire fort intéressant sur les dessous du film. Sans surprise donc, pas analytique pour un sous, mais efficace et soigné !

Deep End, c'est moi ! (3 min 40)
Ce bonus consiste en la lecture par Etienne Daho d'un article qu'il a écrit pour Libération au moment de la réédition du film dans les salles françaises. Il s'agit moins d'une critique à proprement parler qu'une lettre d'un fan absolu du film qui n'arrive pas à croire qu'il partage le même air que celui de John Moulder-Brown et Jane Asher présents dans la salle ce soir-là. Un supplément qui n'apporte pas grand chose en terme analytique, mais qui se révèle touchant par la sincérité avec laquelle le chanteur rennais raconte son amour pour ce film découvert à l'âge de quinze ans, « Film chéri, qui m'a construit, que je pensais être le seul à aimer ».

Deep End, souvenirs des scènes coupées (12 min 15)
Barrie Vince, le monteur du film, explique en exergue qu'un classique des bonus DVD consiste dans la compilation de scènes coupées. Si effectivement, de telles scènes existaient pour Deep End, malheureusement à l'époque leur conservation n'était pas une priorité et elles ont donc été détruites au bout d'une dizaine d'années pour faire de la place sur les étagères. Pas d'images donc dans ce bonus, mais les souvenirs des participants au film qui racontent ce dont ils se souviennent de ces scènes qui ne se sont pas retrouvées dans le montage final. Skolimowski se révèle être un conteur hors pair lorsque, malicieux, il raconte une grande scène de bain de six minutes mettant en scène des syndicalistes. Il se révèle également très clair dans les choix qui l'ont poussé à écarter cette séquence effectivement hilarante mais qui ne trouvait pas sa place dans le film. Barrie Vince est tout aussi clair lorsqu'il revient sur d'autres scènes écartées pour des questions de rythme ou de construction, ce qui transforme le classique bonus des scènes coupées en une fort sympathique petite leçon de montage. On notera également la conclusion de Barrie Vince qui explique qu'il a plutôt tendance à freiner Skolimowski dans les coupes (il a travaillé avec lui également sur Le Cri du sorcier, Travail au noir, Le Bateau-Phare et Le Succès à tout prix), chose assez rare pour un réalisateur et qui montre le détachement dont est capable Skolimowski par rapport à son travail.

Bande-annonce (1min 22)
Il s'agit de la bande-annonce de Deep End, très réussie, diffusée à l'occasion de la réédition du film par Carlotta en 2011.

Careless Love (10 min)
Uniquement disponible dans l'édition Blu-ray du film, il s'agit d'un court métrage daté de 1976, signé Francine Winham et mettant en scène Jane Asher. Le film débute sur une scène des plus classiques où un époux infidèle annonce à son amante transie d'amour qu'il ne va pas divorcer de sa femme. On pense nager en plein cliché, mais le film bascule soudain dans une forme d'horreur domestique proprement tétanisante alors que l'on découvre la psychose meurtrière d'une femme "folle d'amour".

Par François-Olivier Lefèvre (technique) et Olivier Bitoun (bonus) - le 28 novembre 2011

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