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Test blu-ray

Copie conforme

BLU-RAY - Région B
Pathé
Parution : 24 / 3 / 2021

Image

Après le DVD sorti chez LCJ en 2014, Copie conforme rejoint la très belle collection Pathé Classique à partir d'une toute nouvelle restauration 2K du négatif nitrate original 35mm, effectuée par Mikros Image. Le résultat est conforme à la qualité technique de la collection, avec une image très belle, précise, fine et détaillée. On notera les exceptions habituelles : quelques transitions en fondu traditionnellement plus épaisses, quelques plans dégradés par le temps mais efficacement remis à niveau, quelques rares mises au point imparfaites ou des flous optiques en bordure de cadre, créés par des défauts de lentille ou des filtres d'effets. Le cadre est stable et largement nettoyé, il persiste seulement quelques rayures verticales assez brèves ainsi que des poussières éparses. L'étalonnage est très soigné, la palette de gris est nuancée et les noirs sont correctement ajustés, à la fois denses et détaillés, mais surtout dénués de pulsations. L'ensemble très solide est soutenu par un grain fin et abondant, une texture photochimique fidèle aux conditions d'origine, et jamais prise en défaut par un encodage parfaitement ajusté. D'excellentes conditions de visionnage et un énorme bond qualitatif par rapport à la précédente restauration, éditée en DVD par René Chateau.

comparatif DVD René Chateau (2014) vs. Blu-ray Pathé (2021) :

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Son

La bande-son a bénéficié, là aussi, d'un soin particulier de la part de Mikros Image, l'ensemble reste honorable, même si la technique perfectible de l'époque et une dégradation marquée de la piste optique n'ont pu permettre de rattraper complètement certains défauts, déjà présents sur le DVD René Chateau. Le rendu reste encore un peu couvert mais surtout limité par une faible dynamique qui provoque une saturation rapide, légère mais palpable, et restreint l'amplitude des voix ou de la musique. On remarquera quelques timbres de voix parfois inégaux, dus à des problèmes de prise de son au tournage ou à un mauvais mixage pendant la post-synchronisation (lorsque, par exemple, il a fallu "recoller" le nom d'Ismmora lorsqu'il était prononcé, qui n'était pas celui du personnage de Jouvet pendant le tournage). La bande-son souffre de quelques sifflantes ponctuelles, des médiums prononcés et surtout d'un souffle parfois proéminent qui aurait sans doute pu être atténué. Mais rien de bien gênant sur la durée.

Le film est également proposé en Audiodescription pour les malvoyants et les non-voyants.

Suppléments

Cache et contre-cache (35 min - HD)
Entretiens croisés où Patrick Glâtre (auteur d'un livre sur Jean Dréville en 2006), Christophe Moussé (auteur d'un livre sur Henri Jeanson en 2000) et Didier Griselain, spécialiste du cinéma français à l'imposante vidéothèque, évoquent Copie conforme, "hommage assumé" à Toute la ville en parle de John Ford, tourné "comme un bonbon un peu anglais", avec une pointe de Lubitsch et des éléments très modernes (comme la réplique finale à la caméra, près de quinze ans avant A bout de souffle). Pourtant Jean Dréville, l'un des grands réalisateurs de l'époque, reste aujourd'hui encore méconnu. Cet "artisan d'images" se revendiquait de la Qualité Française que la Nouvelle Vague a détestée, et ne sera donc jamais considéré comme un véritable auteur. Les trois historiens retracent également les parcours de Louis Jouvet et Suzy Delair, qui jouent ici une sorte de répétition de Lady Paname, pour lequel Henri Jeanson passera derrière la caméra trois ans plus tard. Le fameux scénariste est alors dans sa meilleure période et semble avoir écrit Copie conforme en s'inspirant des écrits de Jouvet sur le comédien et son double. Dréville, très intimidé au départ par la stature de l'acteur, n'aura finalement jamais à se plaindre, Jouvet jouant le jeu de la docilité avec son réalisateur. Une bonne présentation, remplie d'anecdotes.

Interview de Jean Dréville (3 min - HD)
Comme pour le supplément du Blu-ray de Miquette et sa mère, Pathé propose un (trop) bref moment avec Jean Dréville, extrait d'une copie de travail 16mm n&b de l'excellent documentaire-somme Le cinéma français par ceux qui l'ont fait d'Armand Panigel, en 1974. Le cinéaste parle du titre pressenti à l'origine (Monsieur alibi) et des "trucages directs" qui seraient impossibles à budgétiser aujourd'hui, car trop chers. On le voit timidement insister pour évoquer la façon dont il travaillait avec Louis Jouvet : l'acteur arrivait sur le plateau au moment de tourner, laissant libre cours à Dréville pour faire la mise en scène qu'il voulait. Un supplément frustrant par sa courte durée, mais surtout par l'impossibilité de voir encore aujourd'hui ce documentaire réunissant des heures d'entretiens avec les plus grandes personnalités du cinéma français, du muet jusqu'à la Nouvelle Vague. Espérons que les droits se libéreront un jour et qu'un DVD suivra...

En savoir plus

Taille du Disque : 42 485 625 765 bytes
Taille du Film : 32 308 371 456 bytes
Durée : 1:43:53.602
Total Bitrate: 41,46 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 36,84 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 36843 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1230 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1270 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 37,675 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 19 avril 2021