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Test blu-ray
Image de la jaquette

Coffret 2 Films de Masahiro Shinoda

BLU-RAY - Région B
Carlotta Films
Parution : 6 février 2024

Image

Après Silence et L'Étang du démon, l'équipe de Carlotta retrouve le réalisateur Masahiro Shinoda avec pas moins de deux films, proposés dans un très élégant digipack cartonné, avec fourreau. Les restaurations ont été effectuées en 4K au laboratoire Shochiku MediaWorX, en 2022, avec la participation de la Japan Foundation.

Ce travail en interne, au sein du studio Shochiku, montre son sérieux dès les premières images de Fleur pâle, dont le rendu est sans surprise à cent coudées du DVD Wild Side (2007) et son master d'une autre époque, mais aussi du Blu-ray Criterion édité en 2012, qui offrait déjà une belle amélioration. (cf. le test du site caps-a-holic.com pour vous faire une petite idée). Cette nouvelle restauration 4K est tout simplement magnifique, bénéficiant d'une très bonne définition et d'un niveau de détail poussé, ponctuellement tempérés par des mises au point imparfaites accentuées par la faible profondeur de champs. L'étalonnage offre une très belle gamme de gris et des contrastes assez équilibrés et sans pulsations. On notera un niveau de noir conforme aux caractéristiques d'une projection en salle. Si la gestion des basses lumières reste particulièrement efficace dans la conservation du détail, certains plans de pénombre laissent comme une impression de zones un peu vides : le scan 4K reproduit ici fidèlement la dynamique de la pellicule et ses limitations originelles dans les noirs les plus profonds. Le grain argentique reste tempéré, redevenant plus organique et naturel pour quelques moments furtifs dans le métro ou en extérieurs. Il demeure cependant palpable et on évite heureusement le lissage total. La copie est d'une grande stabilité, et a été profondément nettoyée. Aucun souci d'encodage n'est à signaler. Des conditions de visionnage solides qui rendent justice à la subtile photographie de Masao Kosugi.

La grande efficacité du laboratoire Shochiku MediaWorX se confirme avec Gonza le lancier, production plus récente et en couleurs, qui a là aussi été magnifiquement restauré. Les images sont d'une belle finesse, si bien détaillées que les raccords de maquillages et de postiches sont plus que visibles. Les plans truqués (génériques, volets, fondus et même ajouts de sang - très bien faits) sont logiquement en retrait, un peu plus épais. Le scan 4K restitue ici fidèlement une pellicule plus moderne et plus sensible : le grain argentique apparaît de manière assez abondante, sans devenir gênante ni provoquer d'artefacts d'encodage. L'étalonnage est particulièrement réussi dans sa conservation très convaincante des couleurs photochimiques d'origine, aux rendus très naturels sans avoir été modifiés par une modernisation appuyée. Les contrastes sont équilibrés, les noirs ne souffrent pas de pulsations et conservent du détail sans être trop laiteux. Enfin, la copie a été stabilisée et totalement nettoyée. Une très belle présentation, proposée semble-t-il pour la première fois au monde en Blu-ray.

Son

La bande son de Fleur pâle a été minutieusement et efficacement restaurée, conforme à la technique de son temps. L'ouverture est très appréciable, laissant bonne place aux arrière-plans sonores, ce qui renforce le réalisme des prises de son direct. Les voix ont une belle présence, le spectre est équilibré (les graves sont bien restitués). On ne relève pas de traces d'usure marquées, craquements ou saturation. Le souffle a été efficacement tempéré.

La qualité est tout aussi soignée pour Gonza le lancier, tourné vingt ans plus tard avec des techniques plus modernes et, donc, un rendu encore plus convaincant. La piste mono a, là aussi, été totalement nettoyée des impuretés physiques de la pellicule. Le son est limpide, subtil et très détaillé, offrant une très belle restitution des voix et un spectre équilibré. Le souffle a été largement gommé, invisible la plupart du temps.  

Suppléments

Blu-ray 1 : Fleur pâle

Esthétique de la clandestinité (16 min - HD avec upscale - VOSTF)
Reprise du supplément produit en 2007 pour le coffret Wild Side. Le réalisateur Masahiro Shinoda explique son choix d'un héros mutique, incarné par un acteur dépolitisé pour mieux exprimer l'embarras des japonais face à l'absurdité politique de l'époque, soulignant la "vraie force" d'un visage qui n'exprime rien. Il raconte comment l'écrivain Shintarô Ishihara lui a fait découvrir les salles de jeu clandestines et permit l'observation des relations entre la police et les yakuzas. Il fait l'historique de ce "problème sérieux" au Japon, proche de l'extrême droite et comparable à une mafia. Il raconte l'histoire des cartes hanafuda, du son de leurs battements qui lui évoquait "une société secrète", et comment il les a utilisées pour imprégner l'esprit japonais dans un Film Noir. Masahiro Shinoda se souvient des problèmes de censure rencontrées par le film à sa sortie, car il osait montrer "un interdit" de manière détaillée, avec les salles de jeu et les cartes hanafuda. Il raconte enfin comment Shintarô Ishihara a soutenu le film et permis de le faire ressortir avec succès, alors que des critiques négatives avaient provoqué l'arrêt de son exploitation.

Fleur du mal (24 min - HD)
Spécialement produit pour cette édition, un excellent entretien avec l'essayiste et spécialiste du cinéma asiatique Stéphane du Mesnildot, qui analyse Fleur pâle sous différents aspects, expliquant d’abord les origines des yakuzas, venus du monde du jeu, dont les codes rappellent ceux de la Légion Étrangère. Il revient brièvement sur l’historique des films de yakuzas, l’importance du clan ou leur grande vertu qui les rend supérieurs aux gens honnêtes. Il présente Masahiro Shinoda, "cinéaste formel" qui utilise ici le traitement documentaire pour capter le Tokyo des années 60 dans une ambiance très Nouvelle Vague. Le réalisateur livre une vision critique et existentialiste de l’univers des yakuzas, montrés dans un "repli décadent" fortement imprégné de Baudelaire : le héros est un "yakuza en plein doute", entouré de personnages "asséchés", "en perte d’appétit de vivre". Le cinéaste les filme comme des spectres, appuyé par une musique concrète et grinçante, Mesnildot suggérant que le film est possiblement "un rêve éveillé". Il commente chacun des personnages, précisant les parcours de leurs interprètes comme Mariko Kaga, "actrice culte de la Nouvelle Vague japonaise" et réponse aux occidentales Bardot ou Karina. Shinoda renforce ici son côté vénéneux, Yo étant comme une damnation de Saiko, dans un amour qui s’exprime dans la mort, où le poids du destin rappelle une tragédie à la Tristan et Yseult. Stéphane du Mesnildot analyse enfin une scène centrale de Fleur pâle, le contrat dans le restaurant, dont la dimension baroque et opératique, jamais vue jusqu’alors, a sans doute influencé plusieurs grands cinéastes américains.


Bande-annonce originale (3min 44s - HD - VOSTF)


Bande-annonce 2023 (1min 48s - HD - VOSTF)

Blu-ray 2 : Gonza le lancier

Bande-annonce originale (2min 30s - HD - VOSTF)

En savoir plus

fleur pâle

Taille du Disque : 34 170 044 352 bytes
Taille du Film : 27 139 022 208 bytes
Durée : 1:36:07.261
Total Bitrate: 37,65 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 34,81 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 34812 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: Japanese / DTS-HD Master Audio / 1.0 / 48 kHz / 1033 kbps / 24-bit (DTS Core: 1.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 15,882 kbps

Gonza le lancier

Taille du Disque : 38 914 813 518 bytes
Taille du Film : 38 357 935 488 bytes
Durée : 2:06:34.253
Total Bitrate: 40,41 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 37,46 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 37467 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: Japanese / DTS-HD Master Audio / 1.0 / 48 kHz / 1028 kbps / 24-bit (DTS Core: 1.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 18,552 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 26 février 2024