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Test blu-ray

Au pan coupé

BLU-RAY - Région A, B, C
Lobster
Parution : 28 / 9 / 2020

Image

Figure méconnue apparentée à la Nouvelle Vague, Guy Gilles est aujourd'hui réédité par Lobster en Haute Définition. Au pan coupé a été restauré par leurs soins en 2K à partir du négatif original, globalement en bon état : on notera quelques tremblements durant les passages en fondu, dus à un mauvais tirage des plans truqués au moment de la fabrication du négatif, ainsi que quelques relents très discrets de "syndrome du vinaigre", un défaut d'émulsion de la pellicule apparu pendant la conservation. Mais l'ensemble reste assez stable et heureusement très propre, à quelques très éphémères rayures verticales près. Le film alterne images en noir & blanc et en couleurs, chacune texturée d'une manière légèrement différente. Ainsi, même si le niveau de détail est encore largement palpable, les plans en noir & blanc apparaissent un peu plus doux, un peu moins ciselés et avec un grain plus épais, caractéristiques probables du type de pellicule utilisé. Ils sont soumis à d'infimes pulsations ponctuelles, et on notera à plusieurs reprises des blancs un peu éclatants, conséquence d'une surexposition que l'on supposera volontaire. En revanche, chaque passage à la couleur hypnotise systématiquement les yeux. Le rendu est, cette fois, admirable de précision, de détail, de saturation. La colorimétrie est extrêmement soignée, subtile et nuancée. Le film est graphiquement recherché, autant en noir & blanc qu'en couleur : un vrai régal visuel qui démontre qu'avec suffisamment d'inspiration et le savoir-faire d'un directeur photo compétent, on peut faire du très beau sans moyens financiers.





comparatifs DVD 2008 vs. Blu-ray 2020

Enfin, signalons le seul bémol de ce Blu-ray : un encodage tout juste correct. Rien de vraiment choquant au visionnage (l'effet est beaucoup plus visible sur les captures de notre galerie d'images) mais les plus aguerris sentiront sans doute que le grain est partiellement atténué, qu'il n'est en tout cas pas restitué à sa pleine mesure. Le débit vidéo un peu moyen y est sans doute pour quelque chose (d'autant qu'il reste encore près de 10 % d'espace non utilisé sur le disque), mais le logiciel d'encodage utilisé semble aussi ne pas avoir été paramétré à son maximum. Dommage de manquer la plus haute marche pour si peu...

Son

Restaurée par L.E. Diapason, la bande-son mono plein débit est très bien restituée, jusque dans de sa simplicité et son ouverture modeste. L'ensemble est totalement nettoyé : on ne relève aucun souffle, craquement ou saturation. Les dialogues sont clairs et bien équilibrés avec les arrière-plans d'ambiance. Au plan coupé est également proposé en Audiodescription, pour les malvoyants.

Suppléments


Guy Gilles, d'un café à l'autre (43 min - 1080p)
Portrait informel d'un cinéaste "génial" par des comédiens qui ont croisé sa route, réalisé par Mélanie Forret et Prosper Hillairet. Macha Méril livre le témoignage de loin le plus intéressant, évoquant dans un enthousiasme palpable sa collaboration avec cet "ingénu savant", un poète qui transcendait la réalité, un peintre d'images à l'"esthétisme sur-développé" et au "plaisir de filmer" contagieux, observateur-né qui avait trouvé son propre style. Elle parle de l'influence de Robert Bresson pour son utilisation des visages (le documentaire est d'ailleurs filmé en très gros plans) et revient sur Au pan coupé, "son petit chef-d'oeuvre", et son partenaire à l'écran Patrick Jouané, au "visage fait pour le cinéma", dont la propre histoire est aussi un peu le sujet du film. Pour elle, Guy Gilles était "né trop tôt", à une époque où son homosexualité ne pouvait s'exprimer librement - même s'il aura pu aborder le thème de l'exclusion. Jean-Christophe Bouvet et Philippe Chemin parlent des films d'"un cinéaste libre" mais trop singulier pour "la pensée dominante", et racontent surtout le Guy Gilles de tous les jours, celui qu'ils croisaient pour des dîners ou des promenades dans un Paris "interlope", en pleine mutation (les Halles étaient en reconstruction). Ils évoquent quelques souvenirs fugaces mais restent plutôt confus et superficiels. Dans la troisième partie, Gilles Carré raconte le dernier projet (non abouti) du cinéaste, les repérages en Algérie, les essais avec Claire Nebout, etc. Il évoque son intimité avec Guy Gilles, quelqu'un de secret, "gourmand de quotidienneté".

En savoir plus

Taille du Disque : 23 791 874 784 bytes
Taille du Film : 14 642 694 144 bytes
Durée : 1:11:50.750
Total Bitrate: 27,17 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 21,87 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 21879 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / LPCM Audio / 2.0 / 48 kHz / 1536 kbps / 16-bit
Audio: French / LPCM Audio / 2.0 / 48 kHz / 2304 kbps / 24-bit
Subtitle: French / 12,858 kbps
Subtitle: French / 0,004 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 2 octobre 2020