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Test blu-ray

Ariane

BLU-RAY - Région B
Carlotta Films
Parution : 18 / 11 / 2020

Image

Carlotta a récemment réédité Ariane à partir de la belle restauration 2K effectuée par Warner Bros. Motion Picture Imaging, sortie en Blu-ray aux Etats-Unis dans la collection Warner Archive en 2017. Le film était déjà bien traité en DVD, il resplendit de nouveau en HD, restauré à partir du négatif original, complété pour certains plans brefs par une seconde source (un peu moins fine). La précision reste très appréciable malgré une photographie souvent ouatée, la qualité palpable de la définition est logiquement tempérée pendant les (nombreux) plans truqués dont la texture apparaît plus épaisse. Mais le niveau de détail est plutôt bon, et le grain (fin et abondant) n'a pas été endommagé par l'encodage (parfait) ou un quelconque lissage numérique. La copie est très stable, entièrement nettoyée, et bénéficie d'un étalonnage réussi : Ariane est présenté dans un très beau noir & blanc nuancé, aux noirs bien ajustés, sans pulsations et toujours détaillés.

DVD Carlotta (2009) vs. Blu-ray Carlotta (2020) : 1 2 3 4 5 6 7 8

Son

La version originale apparaît conforme aux conditions d'origine. Malgré un spectre certes un peu limité, avec des basses fréquences un peu absentes, le rendu est propre et clair, bien équilibré avec les ambiances et la musique, et totalement nettoyé, sans souffle disgracieux ou sifflantes prononcées. Pour les allergiques à la VO ou aux sous-titres, Carlotta propose de nouveau une version française. Pour remplacer des éléments sonores "détériorés avec le temps", un nouveau doublage a été produit en 2005 avec les voix de Jean-Jacques Moreau et Valérie Karsenti, depuis popularisée par la série TV Scènes de ménage. L'ensemble est logiquement cristallin, avec des voix simplement très (trop) présentes, mais un rendu plus convaincant pour les basses fréquences (sur la musique).

Suppléments

Ariane rejoint la belle collection UCE de Carlotta, au charmant visuel signé Deanna Halsall. Le film est présenté en Blu-ray et DVD, avec les suppléments repris presque à l'identique de l'édition DVD sortie en 2007.


Rapports de tournage (27 min - SD upscalé en 1080i)
Le critique et enseignant N.T. Bihn, fidèle du magazine Positif depuis 1979, nous présente un aspect ignoré de la Cinémathèque française, surtout louée pour la préservation des bobines de film. Car l'organisme conserve également un certain nombre de précieux documents papier, d'autres trésors de la mémoire du cinéma, comme ces documents de travail légués par la scripte Lucie Lichtig, proche d'Henri Langlois, qui fit partie de l'équipe d'Ariane (tourné en région parisienne). Ce supplément atypique revient sur le tournage du film grâce à quelques témoignages téléphoniques (le régisseur et la fille d'un des violonistes tziganes) mais surtout par la consultation du scénario annoté, décortiqué et analysé avec l'aide de la scripte Laurence Couturier. C'est en même temps un métier méconnu qui se dévoile, le rouage important qu'est la scripte sur un tournage, pour un résultat simplement passionnant !


Au fil d'Ariane (27 min - SD upscalé en 1080i)
Nous retrouvons N.T. Bihn, toujours à la Cinémathèque, pour une très intéressante analyse d'Ariane à travers l'évocation du roman original et les premières adaptations au cinéma, dans les années 30. Une époque chère à Billy Wilder qui insuffle dans Ariane ses souvenirs d'un "Paris des grands hôtels et du champagne", dans une comédie proche du musical et de l'esprit de son mentor Ernst Lubitsch. La censure des années 50 oblige Wilder à suggérer plus qu'à montrer une vision du "double statut de la sexualité". N.T. Bihn s'aide à nouveau des précieux documents de tournage conservés par la Cinémathèque française, revient sur les modifications apportées par rapport au montage final et évoque les scènes d'Ariane qui ont été coupées ou retournées (le final à la gare, par exemple).

La complicité magnifique (9 min - SD upscalé en 1080i)
Evocation de l'actrice Audrey Hepburn par son ami et complice Hubert de Givenchy, disparu il y a bientôt trois ans, dont on sent encore qu'il est, comme nous, tombé sous son charme. Il parle de leur première rencontre (il pensait voir Katharine Hepburn), se souvient de sa simplicité, son professionnalisme, et de cette collaboration artistique au long cours, basée sur une "compréhension mutuelle", qui reste encore aujourd'hui indémodable.


Portrait d'un homme "à 60 % parfait" (56 min - SD upscalé en 1080i - VOSTF)
Carlotta ajoute à cette édition d'Ariane le célèbre documentaire co-réalisé en 1980 par le critique Michel Ciment, et déjà proposé dans un coffret DVD en 2006 : une heure d'entretien avec Billy Wilder dans son bureau, sa maison à Malibu ou son appartement, étroitement installé au milieu de dizaines d'oeuvres d'art inestimables. Le cinéaste évoque son enfance en Autriche, sa lointaine carrière de journaliste ("un sale boulot") et la brève rencontre avec Freud. Il revient sur l'exil à Hollywood, l'importance d'être son propre producteur (pour garder le contrôle), raconte ses films, les acteurs, le tournage en studio, la difficulté d'écrire ("c'est du sang, de la sueur et des larmes, croyez-moi") et le plaisir de réaliser... Billy Wilder, généralement avare en interview, se dévoile finalement au gré d'anecdotes ou de réflexions nostalgiques sur le Hollywood d'antan. Avec en bonus quelques réactions de Jack Lemmon, Walter Matthau ou son co-scénariste I.A.L. Diamond.

Bande-annonce (2 min 57 - 1080p - VOSTF) en version "brut", sans les titrages.

Edition Ultra Collector oblige, les disques sont accompagnés d'un recueil de 160 pages : Le romanesque triomphant, l'autre plus-value (conséquente) par rapport à l'édition DVD 2007. Le livre a été conçu en collaboration avec le magazine Positif dont il reprend des articles parus entre 1971 et 2002, et inclue deux de ses plumes pour des analyses inédites. Frédéric Mercier revient sur "cette rencontre du coeur et de l'esprit" dans le "film le plus atypique, inclassable et ambivalent" de Wilder, qu'il compare au roman et à la première adaptation au cinéma (en 1931 avec Gaby Morlay). Il raconte cette première collaboration avec I.A.L. Diamond "où les nouveaux partenaires s'éprouvent et se testent", le début de la mécanisation des corps dans l'univers Wilderien, le sexe "omniprésent mais invisible" ou la captation de la naissance d'un sentiment. Alain Masson s'intéresse aux décors (la zone romanesque de la suite, la colonne phallique de la Place Vendôme...), aux "jeux de comédie" et de symétrie, et à cette héroïne qui "devient fée avant d'être Cendrillon", dont la "rêverie adolescente" s'oppose à ce père qui "discrédite le sentiment amoureux". Gérard Legrand revient lui aussi sur "une Cendrillon qui chercherait sa pantoufle", parle de "la grâce" d'Audrey Hepburn dans "l'un des personnages les plus « irréels » du cinéma de Wilder", et évoque dans un second texte les personnages féminins de sa filmographie.

L'indispensable N.T. Binh fait un "flash-back admiratif" sur la carrière de l'actrice, "personnification du charme", aux "canons les plus imités de la beauté féminine de son temps". Michel Ciment a suivi Billy Wilder sur un colloque à Rome en 1983, pendant trois jours "éclairés par les sunlights d'un esprit éblouissant." Le critique est visiblement charmé par les bons mots du cinéaste - comment ne le serait-on pas (cf. le délicieux Petit Dictionnaire Wilderien également inclus dans le livre) - ce que confirme également la lecture de son article qui synthétise (avant montage) les heures d'interview de Wilder pour son fameux documentaire, inclus sur le Blu-ray. Christian Viviani s'intéresse aux rapports du cinéaste avec la couleur et le noir & blanc, sans "fascination de l'ombre" qui contrebalance le brillant de la comédie. Le livre comprend également un extrait d'entretien avec le décorateur Alexandre Trauner qui parle de son travail avec Wilder, "une sorte de frère", et leur façon de caractériser les personnages à travers leur environnement (l'appartement de La Garçonnière). Il donne quelques secrets de fabrication sur la reconstitution des Halles d'Irma la douce (les légumes en plastique moulé) ou les scènes coupées de La Vie privée de Sherlock Holmes ("un objet mutilé"). Le livre se conclue par l'article de Jean-Loup Bourget paru en 2002 à la disparition du cinéaste, "l'un des rares auteurs incontestables de Hollywood" dont il évoque "l'architecture globale de l'oeuvre."

Notez que Ariane est également proposé en Blu-ray en édition simple, sans le livre ni le documentaire Portrait d'un homme "à 60% parfait".

En savoir plus

Taille du Disque : 49 004 176 616 bytes
Taille du Film : 29 876 162 112 bytes
Durée : 2:10:13.680
Total Bitrate: 30,59 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 26,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 26994 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 1.0 / 48 kHz / 823 kbps / 24-bit (DTS Core: 1.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 1.0 / 48 kHz / 1059 kbps / 24-bit (DTS Core: 1.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 31,271 kbps
Subtitle: French / 0,021 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 6 avril 2021