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Critique de film
Le film

Le Président

Partenariat

L'histoire

L'ancien président du Conseil Emile Beaufort, retiré dans sa vaste propriété en Normandie, mais dont l'aura n'a cessé de peser sur la vie politique au point que les journalistes font le siège de sa demeure au moindre petit événement, mène une vie paisible de vieux retraité en passant l'essentiel de son temps à dicter ses mémoires à sa secrétaire et dame de compagnie. Alors que le pays connaît une énième crise gouvernementale, les médias annoncent la possible nomination du député Philippe Chalamont à la présidence du Conseil. Ce dernier fut, quinze ans plus tôt, le directeur de cabinet de Beaufort et avait été à l'origine d'un scandale financier en prévenant son beau-père banquier d'une prochaine dévaluation du franc. L'affaire coûta des milliards à la France et le président, meurtri par la trahison, fit en sorte que Chalamont lui écrivît une lettre d'aveux avant de le licencier. Toujours en possession de cette lettre compromettante, Beaufort réfléchit fortement à la possibilité de l'utiliser pour contrer l'ambition de son ancien subordonné.

Analyse et critique


« La politique, Messieurs, doit être une vocation. Je suis sûr qu'elle l'est pour certains d'entre vous, mais pour le plus grand nombre elle est un métier. Un métier qui ne rapporte pas aussi vite que beaucoup le souhaiteraient et qui nécessite de grosses mises de fonds, car une campagne électorale coûte cher. Mais pour certaines grosses sociétés, c'est un placement amortissable en quatre ans. Et pour peu que le protégé se hisse à la présidence du Conseil, alors là le placement est inespéré. Les financiers d'autrefois achetaient des mines à Djelitzer ou à Zoa, ceux d'aujourd'hui ont compris qu'il valait mieux régner à Matignon que dans l'Oubangui et que fabriquer un député coûtait moins cher que de dédommager un roi nègre. »
Émile Beaufort / Jean Gabin dans Le Président.

« Ce qui n’a pas varié, c’est ma notion de ce que doit être un chef de gouvernement.
Cette notion-là ne variera jamais.
 »
Émile Beaufort / Jean Gabin dans Le Président.

Parmi les cinéastes français réévalués ces dernières années par la critique ("officielle" mais aussi et surtout indépendante, dont une bonne partie se trouve clairsemée sur Internet), Henri Verneuil tient dorénavant - et heureusement - une place de choix. La tâche n'était pas aisée, compte tenu d'abord du peu d'estime en laquelle on tient généralement les parangons du "cinéma populaire français". Mais il faut également avouer, à la décharge des commentateurs, que l'aura de ce réalisateur foncièrement sympathique commença à ternir sérieusement à mesure que son inspiration - sur le plan des sujets traités comme de la mise en scène - déclina hélas dès les années 1970 (exception faite des deux grandes réussites que constituèrent I... comme Icare et Mille milliards de dollars, et dans une moindre mesure Le Corps de mon ennemi). De même il pouvait paraître surprenant qu'un réalisateur réputé précédemment pour des comédies légères et/ou gentiment romantiques, et qui surtout s'était mis plusieurs fois au service de la vedette Fernandel, eût les capacités de pouvoir devenir un spécialiste du film d'aventures et d'action, du polar efficace et même du thriller politique. Le début des années 60 marqua ainsi un virage important pour Verneuil dans le sens où il se trouva à coécrire et à réaliser ce qui restera longtemps comme le film politique le plus intelligent, ironique et percutant de l'histoire du cinéma français. Passer ainsi du Mouton à cinq pattes et de La Vache et le prisonnier au Président avait de quoi décontenancer les plus ouverts et curieux des cinéphiles. Même si, entretemps, le cinéaste avait mis admirablement en scène un drame sensible et bouleversant avec la romance tragique située dans un milieu prolétaire que fut Des gens sans importance, un film étrangement peu commenté et qui mériterait une mise en lumière salutaire.

Il est assez piquant - et à vrai dire surtout très instructif quant à notre identité française nourrie d'influences diverses et de contributions étrangères déterminantes - de constater que le maître d'œuvre d'un film aussi typiquement hexagonal dans sa verve et dans son esprit s'appelait en réalité Achod Malakian. Débarqué d'un bateau rempli d'émigrés dans le port de Marseille en 1924 à l'âge de 4 ans avec ses parents, ayant fui l'Arménie quelques années après le génocide de 1915 perpétré par l'État truc, le futur Henri Verneuil va s'installer dans le pays considéré comme "la deuxième patrie de l'Arménien". L'on se gardera de faire des raccourcis faciles entre une jeunesse déracinée et une prise de conscience plus aiguë du fait politique dans son pays d'adoption ; mais force est de remarquer que le cinéaste - même dans ses films de genre les plus marqués - sut porter un regard pénétrant sur la société française et, au-delà de son amour pour le prolétariat et sa sagesse populaire et de son respect pour la grandeur de l'âme française et sa culture, mettre en exergue ses contradictions (drôles ou à l'inverse tragiques), ses bassesses et ses injustices générées par des privilèges le plus souvent indus (grâce à un pouvoir occultement exercé par des organisations industrielles, financières et/ou politiques).


C'est la troisième fois qu'Henri Verneuil s'attèle à l'adaptation cinématographique d'un roman de Georges Simenon après un sketch de Brelan d'as et Le Fruit défendu, tous deux datant de 1952. Mais cette fois-ci le projet possède plus d'ampleur, et plus de signification, puisqu'il représente le premier film produit par contrat liant le cinéaste au producteur Jacques Bar, à Jean Gabin et à Michel Audiard pour une durée de trois ans. Verneuil retrouve Gabin après Des gens sans importance (1956) et Audiard après L'Ennemi public n°1 (1953, un long métrage qu'il reprit in extremis après l'éviction injuste de Jules Dassin victime des effets du maccarthysme, et sur lequel d'ailleurs il ne travailla pas avec le scénariste) et le film à sketches La Française et l'amour (1960). Inutile de préciser que ces deux collaborations précédentes avec le génial dialoguiste n'étaient pas faites pour marquer l'histoire. Il en sera bien sûr autrement avec Le Président. qui inaugure une décennie de grande créativité pour Verneuil et Audiard. Le travail d'écriture fut effectué à quatre mains dans une excellente entente et une ambiance amicale détendue et chaleureuse ; c'est bien simple : à chaque réunion, les deux hommes commençaient par commenter l'actualité, discutaient de tout et n'importe quoi, puis finissaient par se mettre au travail en rédigeant les scènes avant de les interpréter eux-mêmes jusqu'à entière satisfaction. Avec Le Président, on se situe bien au-delà du plaisir procuré par les "mots d'auteur" ou les "bons mots" du scénariste, deux expressions qu'il est coutumier d'utiliser pour qualifier généralement son travail. Ici, le bonheur sans cesse renouvelé de savourer des dialogues magnifiquement charpentés (à la fois très malicieux et d'une profondeur éclairante), sachant régulièrement maintenir un équilibre savant entre une verve populaire et une forme littéraire affirmée, se conjugue avec un certain malaise dû à leur extraordinaire causticité. Michel Audiard, l'anar de droite, se fait cinglant et frondeur au point que le film sera considéré à sa sortie comme un exemple parfait d'antiparlementarisme, et même vivement attaqué pour sa charge supposée fondamentalement antidémocratique. Hélas, l'accusation de populisme est toujours la première cartouche utilisée quand on n'a pas d'autres arguments à faire valoir face à un discours à la fois satirique et dénonciateur ; cela était vrai en 1961, cela le reste en 2014... La chronique politique vacharde, comme une pilule de rappel goguenarde, avait du mal à passer après l'agonie dune IVème République trop marquée par un parlementarisme souvent caricatural et incompétent, et alors qu'une nouvelle Vème République cherchait toujours sa justification auprès de certaines catégories de la population après avoir considérablement réduit les pouvoirs du Parlement.


Il faut reconnaître que la France part de loin en ce qui concerne le film politique, au sens où ce type d'œuvre cinématographique appartient à un genre spécifique qui traite du fonctionnement de l'État et de l'exercice du pouvoir (avec ses réussites, ses carences et ses nombreux abus), avec des objectifs qui peuvent être simplement didactiques ou alors dénonciateurs - sans oublier l'usage de la propagande qu'il convient de savoir décoder, surtout lorsqu'il s'agit de fiction. Contrairement à la Russie, au Japon et à l'Allemagne (des pays dans lesquels le film politique fut essentiellement un film de propagande, sauf dans les années 20 pour nos voisins germaniques) et surtout aux États-Unis (où le spectacle proposé est à bien des égards beaucoup plus divers, du film propagandiste au film militant, en passant par les films critiques vis-à-vis du pouvoir), la France peut s'enorgueillir d'avoir traité le problème de la plus simple des façons : en s'abstenant d'en produire... Bien sûr, des cinéastes comme Renoir, Duvivier, Clouzot ou Becker, dans des grands films qui surent radiographier la société française et ses évolutions, ont pu ça et là s'inscrire dans une démarche politique lointaine mais il ne s'agissait jamais de films politiques au sens précis du terme comme défini ci-dessus, le fait social dans son expression la plus brute l'emportant toujours sur le mécanisme politique qui lui a donné naissance. Les années 60 marquèrent un renouveau dans le genre dans la mesure où le film politique commença à se faire de plus en plus contestataire, aux USA évidemment, mais aussi en Europe comme en Italie surtout et également de façon subtile dans les pays de l'Est quand ces derniers connurent une (très) brève période d'ouverture à la liberté de parole. Les années 70 suivirent le même chemin avec des œuvres qui radicalisaient encore plus leurs propos. Et en France ? En dehors sans doute des démarches propres à des réalisateurs comme Costa-Gavras et Yves Boisset, et quelques films ponctuels signés Resnais, Godard ou Mocky, mais presque toujours de façon indirecte, sans entrer de plain-pied dans les arcanes du pouvoir, c'est un peu "Waterloo, morne plaine". Heureusement, Le Président a tout de même su ouvrir une voie, tracer un sillon qui ne s'est jamais totalement refermé. Et ses lettres de noblesse de grand film politique, il les a gagnées en donnant à ressentir les enjeux inhérents à la pratique politique, en donnant à voir l'écart entre d'un côté les aspirations les plus nobles nécessaires à la conduite d'une politique ambitieuse et responsable et de l'autre des actes trop souvent conditionnés par l'arrivisme, la cupidité, la médiocrité, la lâcheté et surtout l'affairisme. Et le contexte de la IVème République se prêtait idéalement à cette vision, en raison de l'instabilité chronique dont souffraient les majorités successives - avec pour corollaire une action politique limitée dans sa durée et ses ambitions - et des marchandages incessants dans les coulisses des cabinets ministériels et de l'Assemblée Nationale.


Ainsi Le Président est avant tout un film sur la morale en politique, ou plutôt l'éthique (pas uniquement républicaine). Et cette éthique se voit donc bafouée par le travail de sape des groupes de pression liés aux lobbies industriels et financiers qui usent de leur influence pour "convertir" des responsables politiques à leurs intérêts particuliers ou simplement placer des pions dans les instances de décision. Le message pourrait sembler assez simpliste, mais la juste observation du contexte politique actuel démontre sa pertinence et surtout sa permanence. La dénonciation de la financiarisation de la politique prend une importance de plus en plus considérable alors que l'espace de décision politique s'agrandit, comme au sein d'une Europe politique en construction. Le Président donne peu de clés au spectateur pour situer exactement son contexte historique, mais les éléments fournis permettent de dater l'intrigue juste après la Seconde Guerre mondiale même si des allusions à certains événements et certains dialogues évoquent des grandes figures de la IIIème République. La question européenne, à travers le projet d'Union Douanière, vient ainsi illustrer les deux conceptions à l'œuvre dans le film (en dehors de celle que plaident les souverainistes) : celle représentée par Beaufort, fervent européen mais attaché à un certain protectionnisme, à l'autorité de l'État et à une économie de marché régulée visant à protéger les moins fortunés, et celle défendue par Chalamont, inféodé au pouvoir financier, dont l'action a pour but d'encourager la mainmise des grands groupes industriels nationaux et internationaux sur la destinée du pays. Ce combat prend toute sa mesure dans la fameuse scène à l'Assemblée Nationale où Gabin fustige l'hypocrisie et la corruption des élites politiques presque complètement soumises aux intérêts privés plutôt que fidèles à ceux du pays.


Le président du Conseil sait d'avance que son projet de loi sera rejeté, et l'intelligence de Verneuil et Audiard est d'avoir transformé son acte en suicide politique de première classe. Jean Gabin avait une certaine appréhension à apprendre puis déclamer de longs tunnels de dialogues, ce qui poussa Verneuil à couper dans la scène plus qu'il ne le désirait au départ (il souhaitait même un long plan séquence !). Mais l'acteur travaille et répète plus que de coutume et se lance dans l'exercice avec l'appétit d'un vieux briscard. Quant au cinéaste, il découpe la séquence de façon plutôt classique mais très efficace, plaçant son personnage principal comme au milieu d'une arène de gladiateurs, tournoyant autour de ce dernier pour lui conférer une présence écrasante dans ce qui s'apparente à un dernier baroud d'honneur, ou organisant des champs/contrechamps percutants quand il s'agit de démonter un adversaire laissé sur le carreau par une réplique assassine. Alors qu'il avait subi la scène, dominé par Bernard Blier filmé en contre-plongée discourant au perchoir, en essuyant les coups de son adversaire portés par plusieurs travellings arrivant dans sa direction, Jean Gabin s'installe progressivement au centre pour faire feu de tout bois, dénonçant le carriérisme et les conflits d'intérêt qui caractérisent l'ensemble de la députation. Alors qu'il est de fait perdant sur un plan purement politicien, Gabin / Beaufort, mis en valeur par un travelling circulaire dans ses derniers instants de parole, finit gagnant sur le plan des convictions et de l'éthique en prononçant une phrase cinglante : « Et maintenant, permettez-moi de conclure. Vous allez faire avec les amis de M. Chalamont l'Europe de la fortune contre celle du travail, l'Europe de l'industrie lourde contre celle de la paix. Eh bien  cette Europe-là, vous la ferez sans moi, je vous la laisse ! » Film "poujadiste", "antidémocratique" que ce Président ? Le manque de discernement et de hauteur de vue des critiques de l'époque laisse aujourd'hui pantois. D'autant que le thème des orientations politiques et économiques de l'UE reste d'une actualité brûlante en 2014, suite aux dernières élections européennes qui ont vu les partis eurosceptiques (dont certains ouvertement xénophobes et fascisants) gagner de plus en plus de poids au Parlement européen.


En faisant l'apologie d'une éthique gouvernementale devant résister aux réalités politiques de toutes sortes, surtout celles obéissant à des circonstances conjoncturelles souvent en opposition avec l'intérêt général, Jean Gabin dans la peau d'Emile Beaufort réalise l'une de ses plus grandes performances. Animé par une seule passion, la France, ce protagoniste nous apparaît certes utopique mais sa force de caractère et ses convictions inébranlables appartiennent à ceux qui font l'histoire plutôt qu'ils ne la subissent. Beaufort l'intègre, proche du peuple, fidèle à ses racines terriennes, politicien intransigeant mais droit, s'il constitue un personnage taillé sur mesure pour le charisme de l'acteur, est également inspiré de plusieurs grands hommes d'État français : Georges Clemenceau principalement (que Gabin tenait en très haute estime), Aristide Briand, Léon Blum et même Charles De Gaulle. Face à lui se tient son ancien directeur de cabinet, le rusé et obséquieux Chalamont, l'homme qui l'avait trahi de manière éhontée au moment de la dévaluation décidée à contrecœur par Beaufort, alors au pouvoir. C'est à Bernard Blier qu'échoit le rôle difficile de Chalamont, mais comme d'habitude le comédien est parfaitement à l'aise dans cet exercice. Manipulateur, veule, mesquin, intelligent, virulent mais terriblement fragile parce que représentatif de l'homme politique confit dans sa petitesse, Chalamont / Blier est un personnage qui perdra totalement de sa superbe lors de la confrontation finale avec Beaufort, apparaissant tel qu'il est : un être sans aspérités, corrompu et profondément lâche... Bref le modèle de l'homme politique que l'on rencontre bien trop souvent. Sa dernière ruse pour obtenir le soutien de Beaufort dans sa nomination à la présidence du Conseil - sachant que ce dernier possède une lettre signée de sa main qui compromet toutes ses chances d'y parvenir - aboutit à l'effet inverse lorsqu'il veut jouer sur les sentiments nobles de l'ancien président. Gabin lui rétorque alors par ce qui ressemble à une profession de foi pour un vieil homme qui croira jusqu'à son dernier souffle en l'art de gouverner avec honneur et probité, et sans se soucier de l'image qu'il projettera dans l'opinion : « Vous savez qu’il y a des gens que l’on peut acheter avec des billets ou des enveloppes. Moi, vous avez essayé de m’avoir par la vanité. Ce que vous venez de faire est ignoble. Vous venez d’être de la plus grande lâcheté, celle de l’esprit. Et c’est pour ça, Chalamont, que je ne vous laisserai jamais prendre le pouvoir. Parce que c’est une saloperie de venir au pouvoir sans avoir une conviction à y appliquer. »


Ce dernier huis clos, théâtre d'une lutte au cordeau, est mis en scène par Verneuil avec une grande minutie. Beaufort est chez lui, dans sa tanière qu'il arpente comme un lion en cage, et la position de Chalamont est sans cesse fragilisée par les cadres et les déplacements des personnages. Même lorsque celui-ci pense pouvoir prendre le dessus sur son vieil interlocuteur, fatigué par l'âge et la maladie, le cinéaste décide d'un mouvement de caméra (panoramique ou travelling) qui lui fait perdre le peu d'ascendant qu'il croyait prendre. Et le vieux président de gagner le combat par KO grâce à l'intelligence, la force et à la grandeur d'une dernière leçon de haute politique qui fait prévaloir l'éthique et les convictions sur toute autre considération. Comme il est facilement observable, la puissance de ce vrai grand film politique tient avant tout à l'interprétation de Jean Gabin et aux dialogues irrésistibles de Michel Audiard. Il ne faudrait pas néanmoins sous-estimer la réalisation d'un Verneuil, certes formidable directeur d'acteurs, mais également toujours maître de ses effets. Ces derniers sont assurément d'une discrétion certaine puisque la mise en scène s'avère d'un classicisme éprouvé. Mais d'un classicisme qui fait le sel d'une mise en scène d'une précision chirurgicale, et dont l'intérêt premier repose sur la rigueur et la composition des cadres et le choix des mouvements de caméra en fonction de la position des personnages selon qu'ils dominent la scène ou qu'ils sont le jouet des événements. On pourrait parler de mesure et de sobriété, ce ne sont pas de vilains mots, à la seule condition qu'on ne les associe pas à l'expression stupide caractérisant une réalisation qui "s'efface devant son sujet"... Le Président n'est définitivement pas le film dans lequel Henri Verneuil fait preuve d'audaces formelles évidentes. Le cinéaste aura l'occasion de se lâcher par la suite ; mais ce n'est pas le moindre de ses mérites que d'avoir coécrit et réalisé ce qui reste aujourd'hui encore l'un des plus grands, clairvoyants et incisifs films politiques jamais produits en France.

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Par Ronny Chester - le 30 mai 2014