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Critique de film
Le film

Le Grand passage

(Northwest passage)

Partenariat

L'histoire

New Hampshire, 1759. Les guerres franco-britanniques battent leur plein. Langdon Towne et Hunk Mariner s’engagent dans les Rangers, et participent à une expédition particulièrement périlleuse qui consiste à détruire un village indien. Mais ils devront affronter autant les hommes que la nature pour survivre...

Analyse et critique

Le cinéma hollywoodien, et notamment celui de l’âge d’or, recèle de films dont l’histoire de la fabrication demeure aussi passionnante que l’œuvre elle-même. Parmi ces films, il en existe même une poignée dont l’histoire en coulisses reste bien plus percutante et plus passionnante que le résultat projeté sur l'écran. C’est définitivement le cas du Grand passage, l’un de ces films très prestigieux largement imparfaits, bredouillants, pas toujours cohérents, mais spectaculaires en dépit de leur manque de souffle. A la fin des années 1930, forte d’une aura extrêmement prestigieuse et dotée d’une galerie de cinéastes et de stars très populaires, la MGM lance la mise en chantier de son premier film en couleur : Le Grand passage. Suite au triomphe commercial des Aventures de Robin des bois (un film Warner réalisé par Michael Curtiz), les majors les plus importantes préparent rapidement leurs premiers véhicules couleurs pour leurs stars. Le Grand passage devra concurrencer le cinéma d’aventure et d’action produit par la Warner (dont le savoir-faire dans ce genre est alors quasi-hégémonique), tout en s’inscrivant dans la lignée des grandes aventures produites par la MGM durant la décennie, telles que L’Île au trésor, Les Révoltés du Bounty, ou encore Capitaines courageux. Une superproduction (1) qui devra ravir les suffrages au box-office.

Malheureusement, rien ne se passe comme prévu. Prévoyant deux films, le scénario est maintes fois réécrit et sera d’ailleurs revu tout au long du tournage (ce qui ne va pas aider les équipes à s’y retrouver, surtout concernant les acteurs), les premières prises de vues en extérieurs ne seront finalement pas utilisées, tandis que le tournage se voit repoussé de plusieurs mois, aggravant encore la préparation du film. Le projet a déjà coûté beaucoup d’argent, et pourtant le tournage n’a même pas encore commencé. Le projet s’emballe, mais la MGM s’accroche à son idée et n’en démord pas. Spencer Tracy interprétera le rôle principal, tandis qu’il aura à ses côtés Robert Taylor. Deux immenses stars du studio dans un seul film. Seulement voilà, Taylor finit par décliner le rôle, laissant ainsi le débutant Robert Young prendre sa place. En outre, d’abord prévue pour pour W. S. Van Dyke, qui travaillera durant un long moment dessus, la mise en scène est finalement confiée à King Vidor. Changements dans le déroulement des opérations, repérages en extérieurs dévoilant une géographie enthousiasmante mais difficile d’accès, tournage prévu avec d’énormes caméras Technicolor très coûteuses… Rien n’est épargné au Grand passage, y compris son très difficile tournage. Spencer Tracy menace de quitter le plateau un nombre incalculable de fois, les séquences physiques épuisent l’équipe d’acteurs, et le ravitaillement quotidien doit être gigantesque. La logistique dépasse les prévisions de la MGM qui envisage de moins en moins de tourner la suite, pour en fin de compte l’abandonner totalement. Homérique est alors un mot qui convient fort bien à cette entreprise démesurée. Mais au bout de l’enfer, le retour à la civilisation et la sortie du film sur grand écran. Pas un raz-de-marée pour ce Grand passage, juste de bons résultats, en partie laminé par la très forte concurrence exercée par le triomphal Autant en emporte le vent produit par David O. Selznick. Personne ne gardera un très bon souvenir de ce tournage, à commencer par un Spencer Tracy ressortant épuisé de cette aventure.

Une préparation et un tournage homériques donc, pour un film en fin de compte assez inégal et très discutable. Tout d’abord, on peut légitimement penser que Spencer Tracy n’était pas le choix idéal pour interpréter Robert Rogers, le chef des fameux Roger’s Rangers. Sa carrure courte sur patte et ses épaules larges semblent ne pas convenir aux déplacements rapides, à la souplesse et à la furtivité d’un ranger. Sans refaire le choix de distribution qui était celui de la MGM à l’époque (là n’est fort heureusement pas le but), on peut imaginer Clark Gable plus à sa place. (2) Mais qu’importe, car bien que loin de ses plus mémorables prestations, Tracy ne manque cependant jamais une occasion de prouver quel grand acteur il était et quelle présence il pouvait avoir. La justesse de son jeu et la sobriété de ses mouvements rattrapent en grande partie un physique certes intéressant mais peut-être mal assorti au rôle. La galerie de seconds rôles, le truculent Walter Brennan en tête, ne souffre quant à elle aucune déception. Un seul regret, l’utilisation pour le moins sporadique du personnage de l’artiste, Langdon Towne, interprété par un très fade Robert Young. Si l’acteur se montrera plus convaincant dans la suite de sa carrière, le personnage n’en reste pas moins royalement mis de côté par le scénario. Il a beau être le personnage ouvrant le film et le structurant en termes narratifs (ce sont de fait ses aventures aux côtés de Rogers qui sont racontées), le contrepoint qu’il pourrait éventuellement représenter n’est pas exploité une seule seconde. Ce n’est qu’un personnage qui doute, qui finit par ressentir une profonde admiration pour Rogers, son héros, son modèle. Cela ne rend pas les rapports très captivants entre les personnages, comme au sein de l’ensemble du film d’ailleurs, dont la consistance principale semble être l’indéfectible loyauté d’un groupe à un homme, sans nuance, sans recul, et sans véritable émotion. L’héroïsme dans un film peut être une très belle et très émouvante valeur à véhiculer, Hollywood l’a de nombreuses fois prouvé. Mais à brandir cet étendard sans nuances, l’on risque de donner à l’ensemble une saveur un peu naïve, à défaut d’être d’une belle hauteur morale.


La question morale est en outre passionnante à observer dans ce film. Le Grand passage est très probablement l’un des westerns, et l’un des films d’aventure, les plus racistes jamais produits par Hollywood. Le western est pourtant un genre qui, bien que sujet aux pires clichés venant de la part de personnes n’en n’ayant la plupart du temps jamais vu un seul, n’a rien d’anti-Indien ni de raciste. Souvent même, ce genre traite des questions raciales avec la plus grande gravité, et de la question indienne avec respect (que celui-ci soit compris dans le scénario ou dans de simples décisions de mise en scène). Et il n’existe qu’assez peu de films désignant la présence indienne comme normalement assujettie, bête à manger du foin, cruelle et sans foi ni loi. Or Le Grand passage n’évite aucun écueil, il fonce droit dedans. Les Indiens, quels qu’ils soient, représentent des populations à éradiquer, ils sont une entrave à la conquête du territoire par l’Angleterre. Le film prétend justifier ces massacres en les confrontant aux massacres effectués par les Indiens eux-mêmes sur les populations immigrées, mais rien n’y fait. Aussi passionnante la question soit-elle, elle n’est traitée que d’un point de vue unilatéral, sans y omettre le bruit et la fureur. De la rage donc, envers les Indiens et leur menace, qu’il est parfois bien difficile de soutenir, même à la connaissance des terribles exactions qu’ils ont de leur côté pourtant commises. Et si Spencer Tracy s’échine comme un beau diable à nous les présenter de la façon la plus abjecte qui soit, le spectateur un tant soit peu cultivé ne peut de toute évidence pas vraiment accepter ce qui se déroule sous ses yeux.

A l’époque de la sortie du film, celui-ci interloquait déjà les producteurs. Misant tout sur l’héroïsme des situations, l’interprétation puissante de Spencer Tracy et le prestige d’une production à grand spectacle, la MGM ne pouvait néanmoins empêcher les mentalités d’évoluer. Avec le temps, et surtout avec l’arrivée des années 1950 et des premiers westerns "pro-Indiens" (La Flèche brisée de Delmer Daves en 1950, ou Tomahawk de George Sherman en 1951… pour ne citer que ceux-là), le film fut de plus en plus difficile à vendre, quel que soit le pays d’exploitation. D’où le statut d’œuvre rare et relativement mythique entretenu par le film durant toutes ces années. Le Grand passage dérange, rebute, questionne, et même estomaque parfois. La question indienne prend enfin une mesure plus délicate encore à l’instant même ou démarre le fameux massacre du village par les rangers. Il subsiste des images, dont il faut se souvenir qu’elles furent tournées en 1939 (soit bien avant que l’on ne découvre les plus graves horreurs perpétrées durant la Seconde Guerre mondiale), qui ne peuvent qu’irrémédiablement faire penser à des exécutions sommaires et sans humanité. Voir cette population indienne lentement regroupée au centre du village puis massacrée sans vergogne par de nombreux coups de fusils, notamment dans un plan large et contemplatif tout à fait malaisant, s’avère une expérience émotionnelle et visuelle très difficile à tolérer. Et l’héroïsme de la situation fait très rapidement bien davantage place à la barbarie des actes. La scène tend à prendre des proportions révoltantes, soit une véritable hécatombe, pour ne pas dire génocide. Mot très difficile à employer, car utilisé à tort et à travers et pour n’importe quoi aujourd’hui, il trouve en tout cas sa place dans ce récit, puisque l’on parle bien d’une population dont l’existence et les traces culturelles vont bel et bien disparaitre.


Ultime geste de destruction, les quelques Indiens encore vivants (femmes, enfants et vieillards pour la plupart) seront emmenés et arrachés à leur terre. Le point de non-retour, déjà atteint, est de nouveau transgressé quand le spectateur doit contempler Robert Young, blessé durant la bataille, tentant de marcher et de rejoindre le groupe. Poussé par les paroles viriles de Spencer Tracy, soutenu par un enfant indien et une femme blanche devenue membre de la tribu, l’instant ne fonctionne pas. Pourquoi ? Eh bien parce qu’en entendant Spencer Tracy coiffer l’enfant d’un prénom américain (comprendre colonialiste) pour le désigner, c’est le monde qui s’écroule sur le spectateur. L’une de ces séquences qui rendent le personnage de Rogers quelque peu antipathique, en tout cas jamais sympathique, et font du film Les Bérets verts de John Wayne un banal tract patriotique gentillet en comparaison. Il faut dire qu’à la différence des Bérets verts montrant une action militaire au Vietnam à dessein d’aider les populations à lutter contre le communisme, Le Grand passage parle d’éradication complète. Et même si le film de Wayne se montrait régulièrement paternaliste, ce n’est rien comparé à la verve invasive agressive du film ici présent qui, de plus, fait preuve de beaucoup de violence. Le ranger devenu fou à lier et promenant la tête indienne dans un sac taché de sang reste un intéressant exemple de cette violence barbare dont on ne sait finalement pas vraiment sur quel discours elle se place. Or, le discours, celui de Spencer Tracy à la toute fin du film, alors qu'il s'apprête à repartir avec ses hommes, est à ce titre particulièrement édifiant. Discours de liberté, de conquête, assurément, mais aussi de future destruction et d'assujettissement.

Si le fond thématique film laisse à désirer, l’ensemble artistique demeure, lui, de bonne facture. Toutefois, Le Grand passage peine à s’imposer dans un ensemble hollywoodien dont le grand spectacle était à cette époque souvent plus étincelant que cela. Concernant le Technicolor, il est très joli et surtout très soigné, mais ne peut rivaliser avec l’éclatant Technicolor apprécié dans Les Aventures de Robin des bois ou Autant en emporte le vent à la même époque. Les conditions de tournage y étant sans doute pour quelque chose, on n’en tiendra donc pas rigueur à King Vidor et son équipe de tournage, d’autant que l’ensemble fait systématiquement preuve d’une assez belle beauté plastique. Ensuite, au niveau de la mise en scène, ce n’est pas toujours extrêmement vigoureux. On pourra principalement remarquer deux choses. La première est que le film ne possède ni le souffle, ni l’efficacité, ni même le rythme des plus grandes productions de la Warner Bros., alors maîtresse du film d’aventure historique de prestige à cette époque. Comparé à L’Aigle des mers de Michael Curtiz, sorti la même année, ou même à n’importe lequel des grands films d’aventure produits par la firme depuis le milieu des années 1930, Le Grand passage apparait plutôt blafard. Plus gênant, il ne possède pas non plus l’aura et la fougue déployées par les grands films d’aventure de la MGM depuis le milieu des années 1930 également, à savoir au choix et par exemple Les Révoltés du Bounty ou Capitaines courageux. Probablement entravé par les pénibles conditions de tournage en extérieurs hostiles boisés et touffus, la caméra de Vidor ne fait pas toujours de miracle. La scène où les hommes de Rogers portent les embarcations à flanc de colline, la traversée du fleuve grâce à une chaine humaine ou l’attaque du camp sont de beaux moments en termes de réalisation, intenses et très durs (on sent à quel point le tournage a dû être exténuant), mais ils ne trouvent pas l’efficacité et le génie qui leurs sont pourtant dus. Il semble de surcroit que les plans les plus accrocheurs aient été tournés par la deuxième équipe, celle dirigée par Norman Foster (futur réalisateur d’une perle méconnue du film noir, Woman on the Run en 1950). Il offre certainement ses meilleurs instants à cette bataille centrale qui, parfois, donne jusqu’à ressentir le chaos.

Ce qui nous amène à procéder à une deuxième remarque, le choix du réalisateur. Si King Vidor a souvent démontré ses qualités de grand metteur en scène et d’auteur à part entière dans l’industrie (Duel au soleil, Le Rebelle, L’Homme qui n’a pas d’étoile…), il n’est pas ici très à son aise. Si l’on prend uniquement leur étonnante capacité à emballer les films à grand spectacle de la MGM, Victor Fleming (L’Île au trésor, Capitaines courageux…) ou Jack Conway (La Fièvre du pétrole, Le Marquis de Saint-Evremont…) auraient pu représenter des alternatives judicieuses. (3) Sans compter leur excellente direction d’acteurs la plupart du temps. W. S. Van Dyke était initialement prévu pour tourner le film, il avait même déjà beaucoup travaillé dessus, et l'on peut légitimement penser qu’il aurait obtenu un meilleur résultat. Il suffit d’apprécier Tarzan l’homme singe ou Marie-Antoinette pour se convaincre de la maîtrise de son art. Bien entendu, Vidor n’est absolument pas inférieur à ces réalisateurs, notamment dans son approche visuelle d’un film qui est toujours très subtile, là n’est pas la question. Mais le système des studios se caractérisait alors à l’époque par l’intelligence des choix de projets concernant chaque metteur en scène en fonction de ses capacités et de ses aspirations personnelles. Louis B. Mayer, tout comme Jack Warner ou Darryl F. Zanuck, savait parfaitement ce qui pouvait convenir à tel ou tel metteur en scène. Le Grand passage de King Vidor reste en définitive un film bien conçu et solidement filmé, dans lequel il n’existe presque aucun temps mort, mais décevant en regard du potentiel exigé au départ.

Cela dit, le film contient à l’inverse en germe certaines éléments qui feront date au sein d’un autre genre, le film de guerre. La façon de présenter le déploiement des hommes avant et pendant le combat, l’évolution des rangers dans la nature sont des motifs très novateurs,et qui seront repris dans de nombreux films du genre tels qu’Aventures en Birmanie de Raoul Walsh ou Le Commando de la mort de Lewis Milestone, tous deux en 1945. Le Grand passage est à la fois un western concentré sur les premiers balbutiements de la conquête vers l’Ouest et aussi un film de commando avant l’heure, avec ses hommes armés jusqu’aux dents et leur caractère bien trempé. Et autant dire que les moyens financiers sont là, afin de nous présenter ces colonnes humaines traversant les marais, faire corps avec les arbres durant leur sommeil (une scène visuellement marquante) et donner toute leur énergie dans cette aventure. Le retour vers l’Est sera bien plus difficile et laissera de nombreux morts derrière lui. On pense bien entendu au cinéma d’aventure de Raoul Walsh dans les années 1940 et 1950, et surtout aux Aventures du capitaine Wyatt qui, sur un modèle similaire, dépeint en revanche un récit nettement plus rythmé. King Vidor a le mérite de préfigurer ces éléments, en élaborant son film grâce à une totale liberté de ton : il n’appartient ni à un seul genre, ni à un carcan diégétique affirmé de bout en bout. Impressionnant, divertissant, et surtout novateur, à défaut d’être ce chef-d’œuvre que l’on a parfois admis. Pour finir, jugeons ce film à l’aune d’une production souvent difficile à réussir : le western, ou eastern (c’est selon), représentant l’Amérique des débuts, avec sa recherche d’indépendance et ses hommes en quête d’aventure, coiffés d’une toque de trappeur et nantis d’un fusil de chasse. Excepté Sur la piste des Mohawks de John Ford et La Captive aux yeux clairs de Howard Hawks, Le Grand passage reste le meilleur d’entre eux, ce qui est tout de même avouer par-là la réussite plus que relative que constitue ce genre de films habituellement.

Habilement réalisé, quoique sans génie particulier (un comble pour King Vidor), mouvementé mais sans énergie furieuse, et parfois en crise d’ampleur, Le Grand passage reste un bon film d’aventure, très intéressant à regarder et relativement esthétique. Son histoire, plus grande et baroque que lui, ne doit pas faire oublier un jalon artistique d’une certaine importance dans l’univers hollywoodien de 1940, jalon à la fois appréciable et heureusement rare de par son goût prononcé pour un discours très déplaisant peu en phase avec les nouveaux courants de pensée qui vont rapidement apparaître.

(1) Tout d’abord envisagé avec un budget de 1,5 million de dollars, le film en coûtera finalement 2,6 millions, et fera de bonnes recettes au box-office, mais insuffisantes en regard du coût final. A l’époque, la MGM semble rencontrer des difficultés à maintenir à l’équilibre le budget de ses superproductions. Quand la Warner produit Capitaine Blood à 1,2 millions de dollars (Michael Curtiz, 1935), La Charge de la brigade légère à 1,2 million également (Michael Curtiz, 1936), Les Aventures de Robin des bois à 1,9 million (Michael Curtiz, 1938), ou encore L’Aigle des mers à 1,7 million (Michael Curtiz, 1940), parvenant de ce fait à maîtriser les grosses dépenses pour s’assurer un meilleur retour sur investissements, la MGM, elle, fait régulièrement enfler les enveloppes de ses films les plus chers. En 1935, Les Révoltés du Bounty revient à 1,9 million de dollars, en 1938 Marie Antoinette revient à 2,9 millions, et en 1939 Le Magicien d’Oz revient à 2,7 millions. Le Grand passage ne fera pas exception et ne permettra pas au studio de faire de grands bénéfices. Fort heureusement, tout comme la Warner ou la Paramount, la MGM peut compter sur ses réalisateurs talentueux et sa galerie de stars afin de compenser ces dépenses en produisant collatéralement une kyrielle de films moins chers et donc aisément plus lucratifs.
(2) Mentionnons tout de même le fait que Clark Gable était engagé sur plusieurs projets, et notamment à ce moment-là sur Autant en emporte le vent, produit par David O’Selznick. Hasard des calendriers, tournages simultanés… Il existe beaucoup d’éléments à prendre en compte pour apprécier certains choix (réalisateurs, acteurs…) effectués par les studios, et que ces derniers ne sont pas toujours simples.
(3) Idem que pour la note (2). Là encore, tous ces réalisateurs sont très régulièrement occupés sur les tournages, et il n’est pas aisé de savoir, et surtout dans l’intervalle disponible, à qui confier un projet d’envergure quel qu’il soit. Nous nous garderons donc bien ici de refaire l’histoire hollywoodienne, ce qui serait en soi assez ridicule.

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Par Julien Léonard - le 4 septembre 2012