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Critique de film
Le film

Assaut sur la ville

(Napoli spara !)

L'histoire

A Naples, le crime est partout. Braquages et enlèvements se succèdent, et des pervers sexuels terrorisent la foule. Le commissaire Belli tente de faire régner l'ordre mais voit se dresser devant lui Santoro, un parrain qui ne connaît aucune limite et bénéficie de soutiens puissants.

Analyse et critique


En 1977, le polar italien est sur la pente descendante, essoré comme l’ont été avant lui tous les autres filons du cinéma transalpin par le volume de films produits, et déjà dénaturé par l’apparition de parodies du genre, comme la série des Nico Giraldi, entamée en 1976 avec Tomas Milian à l’écran et Bruno Corbucci derrière la caméra. Le genre perdurera pourtant jusqu’au début des années 80 avec entre autres La Guerre des gangs de Lucio Fulci, qui signera définitivement le crépuscule du Poliziottescho. Dans ces dernières années, le genre se détache de ses racines les plus politiques, pour se réfugier de plus en plus dans le cinéma d’action, comme l’illustre Napoli Spara ! de Mario Caiano. Présent dans le paysage du cinéma italien depuis l’âge d’or du péplum, Caiano est un honnête faiseur, qui aura touché à tous les genres sans réellement développer une marque personnelle qui permettrait de le comparer à un Castellari, un Lenzi ou même un De Martino. Un artisan un peu banal mais efficace, qui réalise un film à son image.


Comme son titre l’indique, Napoli Spara ! nous plonge dans une ville de Naples dépeinte comme ultra violente. Le récit nous propose une collection de séquences criminelles, pas toujours liées entre elles, qui fait presque l’effet d’un panorama des scènes d’action typiques du polar italien. Efficaces et rythmées, ces séquences sont globalement toutes réussies, et constituent la qualité principale du film en venant régulièrement tenir en haleine le spectateur. En arrière-plan, un portrait de la ville, démarche classique du genre, qui vient nous offrir un témoignage réaliste de la cité napolitaine à la fin des années soixante-dix. Contrairement à d’autres films du genre, Napoli Spara ! n’apporte presque aucun commentaire politique sur la situation présentée mais il offre toutefois une photographie convaincante, qui prend surement encore plus de valeur avec le recul du temps. Dans ce paysage, une grande réussite est le personnage de Gennarino, interprété par le jeune Massimo Deda. Présent pour établir une forme de lien avec Napoli violenta, le film d’Umberto Lenzi sorti l’année précédente qui mettait également en scène le personnage, Gennarino représente l’attache réaliste du film et il est aussi le principal point d’accroche pour le spectateur au milieu des autres personnages.


Il est d’ailleurs le seul réel fil conducteur du récit, et c’est peut-être la faiblesse de Napoli Spara ! Il y a bien sur une intrigue, qui voit le Commissaire Belli - nom largement inspiré du Commissaire Betti interprété par Maurizio Merli dans d’autres polars - faire face à Santoro, un patron du crime napolitain. Mais malheureusement, on regrettera la faiblesse de l’interprétation de Leonard Mann dans le rôle du commissaire, qui manque de présence à l’écran et peine à exister notamment face à au personnage de Santoro interprété par l’expérimenté Henry Silva. Faute de personnage principal fort, Napoli Spara ! fait ainsi l’effet d’une coquille un peu vide, réduit à une succession de situations sans récit fort ou discours profond. On pourrait en fait le décrire comme un poliziottescho typique, représentatif de la massive production du genre. Nous sommes loin du chef-d’œuvre, mais loin de l’échec également, c’est même un film plutôt très plaisant à suivre, grâce à son rythme et au savoir-faire de son metteur en scène, mais qui peine à se distinguer de la masse et à rester ancré dans les mémoires.


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Par Philippe Paul - le 9 septembre 2021