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Critique de film
Le film

Nashville

Analyse et critique

Drame social, satire politique, comédie musicale, mélodrame... avec sa narration irréductible à quelques mots, Nashville est tout cela à la fois, un film qui brasse les registres et les tons avec une incroyable maîtrise, et s'offre surtout désormais comme un instantané sur les années 70, empreint de lucidité et parfois de désenchantement (les habituels détracteurs de Robert Altman y parleront de misanthropie, selon nous à tort).
Nashville, capitale de la country music, y est filmée comme un personnage à part entière, dans ses hauts lieux comme dans ses recoins les plus ignorés, et s'y croisent ainsi une bonne quinzaine de protagonistes, dans un absolu du "film choral", exercice auquel Altman se prêtera une nouvelle fois des années plus tard avec Short Cuts. Arpentant la ville, en se croisant et parfois pas, ils n'ont d'autres points communs que leur présence physique mais aussi peut-être leur absence de perspectives, la vie les ayant quasiment tous fissurés, leurs rêves s'étant un à un éteints - c'est ainsi qu'on assistera à l'extinction de celui de la candide Sueleen, auquel elle se cramponnait jusqu'alors de façon pathétique.

Très libre dans sa narration, ce film riche et ample se présente comme une somme d'instants, certains bouleversants (comme ce travelling avant sur Lily Tomlin pendant la chanson I'm Easy), certains loufoques, d'autres mystérieux voire délibérément opaque, et bouillonne d'une énergie peu commune ; au bout de ces 2h30 époustouflantes, Nashville parvient même à s'achever par une séquence totalement dramatique mais qui palpite paradoxalement d'élans contradictoires, aussi amers qu'optimistes, d'une intensité inoubliable. Difficile, à son tour, de ne pas entonner ce cruel refrain final qui tiendrait pourtant presque du manifeste : It don't worry me, It don't worry me... You may say that I ain't free, but it don't worry me...

Dans les salles

Film réédité en salle par Les Acacias

Date de sortie : 6 juillet 2011

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La fiche IMDb du film
Par Antoine Royer - le 1 juillet 2011