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Critique de film

Partenariat

L'histoire

Par un beau matin de printemps, la forêt est en émoi ; un faon baptisé Bambi vient de naître et tous les animaux viennent admirer ce nouveau "petit Prince". Au hasard de ses premières promenades, après avoir noué connaissance avec Panpan le lapin et Fleur le putois, il va de découvertes en découvertes. Son apprentissage de la vie est rempli de joies mais il s‘aperçoit a bien vite que son existence et celle des autres habitants de la forêt peuvent être parfois menacées par un ennemi commun qui a pour nom "l’homme". Il va en prendre conscience lors d’une escapade dans la prairie, au cours de laquelle lui et ses congénères manquent de se faire tuer… L’hiver pointe le bout de son nez ; se nourrir devient plus difficile mais pour Bambi il existe de nombreuses compensations ; il découvre, émerveillé, la neige et les nombreuses possibilités qu’elle offre pour s’amuser surtout que son ami Panpan est un excellent professeur de glisse… Soudain, un drame vient ébranler sa vie (spoiler mais il y a désormais prescription !) : alors qu’ils étaient tranquillement en train de déguster les premières herbes printanières, sous ses yeux, sa mère est abattue par les chasseurs ! Son père, le grand Prince de la forêt, le réconforte et lui dit comment se comporter : il devra désormais se conduire bravement et apprendre à vivre seul…Pour cicatriser les blessures morales, rien de tel que le retour du printemps et sa fièvre caractéristique. Bambi, désormais jeune cerf arborant fièrement des bois rutilants, va faire son initiation amoureuse et se battre contre un rival pour conquérir sa compagne, Féline. Blessé à son tour par les fusils des chasseurs, poursuivi par une horde d’ignobles chiens, il devra encore tenter de s’échapper de la forêt incendiée par la maladresse de ces mêmes hommes...

Analyse et critique

Fin du générique. Image d’une forêt sombre, endormie, mystérieuse que va traverser de gauche à droite, un long et lent panoramique horizontal que le thème musical impressionniste de Edward Plumb accompagne sereinement. Plus le travelling se déroule, plus il nous amène vers la lumière ; d’abord une cascade au loin, puis le paisible ruisseau qui en découle, une trouée encore un peu plus claire grâce à laquelle nous entr’apercevons le premier être vivant, un hibou qui, en vol, s’en revient dans son tronc d’arbre pour y entamer sa "nuit". Travelling vertical cette fois, qui s’élève vers toujours plus de clarté pour nous faire découvrir le réveil des habitants de ce coin de forêt et leurs gestes quotidiens. Le tamia qui dormait sous la queue de l’écureuil et qui souhaite continuer sa grasse matinée bien au chaud ; plus haut des oisillons dans leur nid se disputant quelques baies rougeoyantes ; un mulot faisant sa toilette avec une goutte de rosée... D’un coup, tout ce petit monde se met en branle car une rumeur vient à s’amplifier : « le Petit Prince est né ». L’effervescence est à son comble ; ça court et ça vole dans tous les sens. Tous les animaux se ruent pour assister à cet évènement. Ils s’engouffrent derrière un fourré où la caméra les suit à son tour pour nous dévoiler, avec pudeur et discrétion, la jeune biche et son faon endormi à ses côtés. La foule est curieuse et admirative, et le nouveau-né ouvre les yeux sur cet attroupement attendrissant. Le hibou (qui s’est déplacé avec mauvaise grâce, remettant à plus tard son repos salvateur) conseille néanmoins à chacun de rentrer chez soi pour ne pas fatiguer plus que ça la biche et son nouveau-né prénommé Bambi... Telles sont les premières minutes et les séquences liminaires quasi-muettes de ce chef-d’œuvre du film d’animation qui, en quelques plans, nous fait pressentir quel niveau de perfection ce 4ème long métrage des studios Disney va alors atteindre !

«Halte là ! ne manqueront pas de rétorquer certains grincheux après avoir lu cette introduction. Encore un de ces cinéphiles trentenaires ou quarantenaires qui va nous chanter un hymne d’amour pour Bambi avec comme principale raison la nostalgie liée à sa découverte du 7ème art par l’intermédiaire de ce dessin animé ! Encore un qui va nous dire que Bambi fut l’un de ses premiers chocs émotionnels et artistiques et que la mort tragique de la mère du faon l’a traumatisé ! » Il est vrai qu’avec l’apparition de la VHS, Bambi a été presque pour tous les enfants des années 1980 (et plus) un passage obligé dès le plus jeune âge, car constituant le long métrage Disney le plus accessible très tôt. Pour un grand nombre effectivement, il a du s’agir de l’un des premier rendez-vous avec l’enchanteur Disney et par ce fait, l’élément nostalgique a du jouer pour beaucoup dans la cote d’amour que ces derniers lui portent depuis lors.

Et bien, en ce qui me concerne, détrompez-vous braves gens, il n’en est rien, bien au contraire ! A douze ans, alors que je traînais mes guêtres pour les premières fois dans les salles obscures, je jubilais de voir des "chefs-d’œuvre" d’humour, d’action et de fantaisie tels que Le Gendarme et les Extra-terrestres, Moonraker ou encore des films du duo Bud Spencer / Terence Hill. C’était aussi l’époque des premiers Star Wars et je souhaitais voir encore et encore à tous les coins d’écran des vaisseaux spatiaux, des combats aux lasers fluorescents, des méchants de la prestance d’un Darth Vader, des héros aussi immaculés et courageux que Luke Skywalker... C’est contraint et forcé que l’on m’emmena voir Bambi et ces soixante minutes de projection me semblèrent durer une éternité ; le souvenir de l’ennui qui m’a pris durant cette séance fut très tenace et il demeura très longtemps mon Disney répudié. C’est seulement récemment que (sans vouloir sadiquement faire subir à ma progéniture le même calvaire qui fut le mien) je fis de nouveau sa connaissance. Cette fois, ce fut avec le même émerveillement et le même large sourire qu’affichent les adorables animaux devant l’apparition du nouveau-né dans la séquence décrite plus haut. Depuis, mes multiples visions n’ont pas émoussé le plaisir que j’ai pris à ce moment là et c’est toujours avec la même jubilation enfantine que je le revois sans jamais me lasser. On peut donc aimer (voire adorer) ce film sans qu’il ait eu besoin d'être pour nous une madeleine proustienne ; il nous fait retourner en enfance par sa magie découlant d’une simplicité et d’une épure assez étonnante si on le compare avec les films d’animation du studio d’aujourd’hui.

« Et voilà, encore un discours un peu réactionnaire : avant, c’était mieux, la bonne blague ! » Taratata, je ne vous permettrai pas ce mauvais procès d’intention ! Je suis le premier à dire qu’il arrive que Disney nous sorte encore de nos jours des films de grande qualité (La Belle et la Bête ou Mulan par exemple) ; mais force est de constater que la perfection esthétique et émotionnelle de Bambi a rarement été égalée par la suite. Demandez aux nouveaux animateurs de la firme, tous en admiration devant le travail effectué à l’époque (voir les sincères interventions dans le Making of du DVD), relisez les critiques d’hier et d’aujourd’hui (excepté le « fade et niais » lapidaire de Jean Tulard) et vous verrez que la réputation de Bambi n’est pas usurpée. Il s’agit sans conteste d’un des sommets du studio si ce n’est LE sommet ! Il faut dire que Disney s’est donné du mal sur ce projet. La genèse de Bambi a duré pas moins de six ans, la plus longue gestation des studios Disney. Dès 1936, avant même la sortie de Blanche Neige et les sept nains, Walt Disney avait commencé les préparatifs de l’adaptation de ce roman que Sidney Franklin lui avait fait découvrir après en avoir acheté les droits. Il s’agissait d’un livre de l’écrivain autrichien Felix Salten écrit en 1928. Sidney Franklin, producteur et réalisateur avait eu l’idée d’en faire un film mais, après mûre réflexion, avait très justement considéré qu’il était quasiment impossible d’en faire une adaptation avec des animaux réels. Il se tourna alors vers Walt Disney pensant que l’animation pourrait donner un résultat concluant pour cette histoire. Lorsque ce dernier, conquis par le roman, décida de mettre en chantier la réalisation de Bambi, il envoya quelques-uns de ses collaborateurs battre la campagne avec carnets de croquis, pinceaux, stylos et caméra... Il fallait dessiner la forêt, filmer les animaux… Le studio fut même pendant un temps quasiment transformé en zoo, les animateurs devant prendre des cours d’anatomie animale assez poussés.


Techniquement, Bambi représente la consécration de l’utilisation intensive de la caméra "multiplane" inventée par Disney et qui fut inaugurée avec Le Vieux moulin, court métrage de 1937 qui se vit décerner un Oscar amplement mérité. Cette caméra volumineuse permettait de donner un effet de relief inédit aux décors grâce au filmage de la superposition de plusieurs plaques de verre sur lesquelles étaient peintes différentes couches du paysage. Quelques scènes de Blanche Neige et de Pinocchio bénéficièrent de cette avancée technologique mais c’est dans Bambi qu’elle fut utilisée à plein rendement avec le résultat que l’on connaît. Le film d’animation trouvait là une nouvelle dimension ! Le décor, jusque là plutôt inerte, plat et statique qui servait plus de toile de fond, pouvait enfin s’animer et occuper une place importante, au moins égale, dans Bambi, aux personnages. Le spectateur pouvait voir le vent courir sur les herbes hautes, la pluie ruisseler, l’orage montrer sa violence, le feu dévorer littéralement l’écran ; la profondeur de champ pouvait enfin exprimer toutes ses possibilités dans le film animé. Mais tout ceci est remarquablement explicité dans le Making of du DVD qu’il est vivement conseillé d’aller consulter pour en savoir plus.

« Bon c’est bien beau toutes ces anecdotes mais la démonstration qui ferait de Bambi le chef-d’œuvre de l’usine à rêve n’est pas probante pour l’instant. Où sont véritablement les arguments en sa faveur autres que défi technologique ? » Puisque Roy Neary m’a gentiment "harcelé" pour que j’écrive ce texte sur un sujet (l’animation) que je maîtrise assez mal, je l’en remercie (car écrire sur une oeuvre qui nous tient à cœur est toujours une source de plaisir) et me lance alors tête baissée pour contrer toutes les réticences qui pourraient entraver l’envie à quiconque de découvrir ce film, en vous demandant une certaine indulgence au moment où je m’aventure hors des sentiers balisés, pour votre serviteur, du western et de la comédie musicale ;-)

Avec Bambi, nous assistons, éberlués, à une véritable symphonie visuelle et sonore (ni trop longue, ni en partie ratée comme pouvait l’être Fantasia) dans laquelle la créativité artistique et technique du studio Disney est prodigieuse. L’osmose entre image et musique est parfaite, les décors et la bande son étant quasiment des"‘personnage"’ à part entière. Les décors et leur esthétisme sont dus à Tyrus Wong qui a dessiné pour l’occasion de véritables œuvres d’art nous offrant des tableaux à la fois stylisés et impressionnistes dont l’apparence rappelle la peinture chinoise (pays d’origine du dessinateur). Le résultat, d’une grande douceur, est un enchantement plastique de tous les instants, l’impressionnisme des arrières-plans permettant inconsciemment au spectateur de faire marcher son imagination pour compléter ces somptueuses esquisses et ainsi de rendre ces lieux universels et intemporels. Impossible d’oublier ce décor de forêt en trois dimensions sur lequel se profile le majestueux cerf, la prairie et le vent qui la balaie, les paysages de neige ou encore la forêt rougeoyante des reflets de l’incendie à la toute fin du film. Le dessin des paysages est peu détaillé, Tyrus Wong préférant les tâches de couleur à un réalisme de mauvais goût (pas question de dessiner toutes les feuilles des arbres). Quelques idées esthétiques ont cependant un peu vieilli comme la première fuite des cerfs suite à l’arrivée des chasseurs (où l’on voit les animaux étrangement colorés et qui détonnent avec le reste) ou bien les chutes de neige nocturnes au premier plan sans que l’on ressente de profondeur (ce qui est logique, la neige étant une pluie de céréales blanchies que l’on a fait tomber devant les décors peints). Ce sont d’infimes détails qui devraient rapidement être oubliés tant le reste est agréable à l’œil. Les couleurs pastels habillent le film, sauf lors de scènes touchant à l’expressionnisme comme le combat des cerfs.

« Mais la musique, dont vous dites qu’elle est un des éléments primordiaux de ce dessin animé et dont nous connaissons tous quelques mesures, ne peut-on pas la considérer aujourd’hui comme étant un peu mièvre ? » Elton John ferait justement bien de réviser ses classiques (en l’occurrence la merveilleuse partition écrite à quatre mains par Edward Plumb et Franck Churchill) avant d’aller recomposer pour la maison Disney sa dégoulinante guimauve indigeste. Car non, cette splendide bande originale n’est jamais douceâtre. C’est au contraire un mélange harmonieux de plages sophistiquées, oscillant entre Stravinsky et Ravel, écrites par Edward Plumb, et de mélodies simples et belles de Franck Churchill (déjà auteur des succès de Blanche Neige et les sept nains). Musique mi-impressionniste, mi-illustrative qui est présente tout le long du film sauf à deux reprises. Ces silences inattendus renforcent deux scènes éminemment dramatiques :celle où la mère fait prendre conscience à son fils que l’endroit où ils vivent n’est pas qu’idyllique mais que le danger y règne (« Men are in the Forest »), l’autre marquant le moment précis où Bambi apprend qu’il ne reverra plus jamais sa mère. Pour en revenir aux mélodies, il est difficile d’oublier celle de la pluie et difficile aussi dans cette même séquence de ne pas admirer son orchestration, des chœurs étant utilisés avec une grande habileté pour représenter le vent lors de l’orage. Rarement musique aura aussi bien collé aux images dans un film d’animation et, à noter aussi pour l’une des rares fois chez Disney, les chansons sont utilisées hors champs et ne sont aucunement chantées par les personnages mais font partie de la trame sonore et musicale de l’ensemble !

« Passons donc sur le côté plastique ! Mais Bambi ne possède pas vraiment d’intrigue dramatique ; alors comment tenir le spectateur en haleine par une simple chronique de la forêt ? » Voilà, vous avez trouvé la juste expression qui en fait un dessin animé à part parmi les Disney : tout est dit ! les créateurs de Bambi ont simplifié la narration au maximum ; une épure ! Bambi est à la fois une simple chronique de la vie quotidienne dans une forêt au rythme du cycle des saisons mais c’est également (et c’est pour cette raison que les petits enfants accrochent autant) un film sur l’apprentissage de la vie, un parcours initiatique qui passe par de multiples découvertes, celles du langage, de l’amitié, de l’amour, du monde qui nous entoure mais aussi du danger. La peur de l’inconnu qu’éprouve l’enfant dès le plus jeune âge est intelligemment personnifiée ici par l’invisible justement : les chasseurs ne sont jamais montrés une seule fois à l’écran et c’est ce qui fait leur force et qui marque les jeunes (et les moins jeunes) spectateurs. (Jacques Tourneur et Val Lewton l’avaient compris eux aussi en réalisant Cat People.) La dure épreuve que le jeune Bambi aura eu à endurer marquera la fin de son innocence et le passage à l’âge adulte. Donc peu de ressort dramatique et de péripéties rocambolesques (une idée sacrément culottée pour l’époque et quasiment impossible à refaire de nos jours sans viser le bide assuré) et encore moins de gags appuyés ni de caricatures : Disney range l’ironie et le cynisme au placard et il faut bien avouer que cela fait du bien de temps en temps ; nous ne sommes pas obligés de nous coltiner à toutes les fins de phrases un mot d’auteur plus ou moins réussi comme c’est souvent le cas dans les derniers-nés de la firme de Mickey. Les dialogues clairsemés sont d’une simplicité enfantine, touchant comme le scénario, à l’épure. Ils se révèlent amplement suffisants car les scénaristes avaient assez de ressources pour tout faire passer par les images, les gestes et les mimiques de leurs délicieux personnages jamais mièvres mais plutôt charmants et foncièrement attendrissants (les dessinateurs ont pris pour modèles les expressions des bébés pour rendre les animaux plus humains). Quand Tex Avery a repris les animaux de Bambi dans un de ses Screwy Squirrel, c’était certainement pour dynamiter ce style d’animation mais aussi certainement pour lui rendre un discret hommage.

Nous pourrions aussi nous extasier sur l’utilisation étonnante de l’ellipse (en deux secondes, nous passons de l’effondrement du jeune faon après la mort de la mère au gazouillis du printemps sans que cet enchaînement nous paraisse outré), du hors-champ (les chasseurs), sur la puissance extraordinaire des quelques temps forts par leurs contrastes avec les séquences apaisées qui les encadrent, la nouveauté de faire un film pré-écologique (véritable ode à la nature) dirigé contre l’homme... Bambi c’est tout cela et plus encore : un film honnête, sincère, harmonieux, charmant, une sorte d’incarnation parfaite de ce qu’on pourrait appeler le "réalisme impressionniste et poétique". Dire qu’on a souvent dit en parlant du Roi Lion qu’il s’agissait du Bambi des années 1990 ! Mais ceci est un autre débat que je ne poursuivrai pas plus avant sous peine de devenir agressif ! Avant de vous laisser aller découvrir ou redécouvrir le facétieux et exubérant Panpan, le naïf Bambi, le solennel cerf, la douce biche, le timide Fleur, le grincheux hibou ou l’enjôleuse Féline, laissez-moi vous prouver une dernière fois à quel point la simplicité nous fait toucher la grâce dans cette pure œuvre d’art. Il suffira que je vous décrive la séquence qui précède le final qui, lui, verra se profiler le retour au calme et l’éternel recommencement du cycle de la vie par l’arrivée d’une nouvelle génération représentant quasiment tous les personnages que nous avons vu évoluer sous nos yeux.

Cette scène voit se rassembler sur un îlot les animaux qui ont pu échapper à l’incendie, ce dernier déployant en arrière-fond ses flammes gigantesques et rouges-sang. Les animaux étant au premier plan et la lumière vive arrivant du lointain, tout est vu en contre-jour et donc quasiment en ombres chinoises (épure stylistique). Féline fait les cents pas, tourne la tête de droite à gauche, attendant visiblement l’arrivée de son bien-aimé qu’elle a perdu de vue au début de la catastrophe. Puis nous voyons s’approcher à la nage Bambi et son père. Le jeune cerf prend pied sur l’îlot, s’approche sereinement de Féline, lui touche le museau ; puis, ils se retournent tous deux, dos à la caméra, pour "contempler" côté à côte le feu ravager les derniers vestiges de leur forêt partant en fumée (épure narrative). Tout cela ans aucun dialogue et sans le moindre pathos, est d’une simplicité bouleversante d’autant plus que nous n’avons jamais vu les visages de nos héros, la caméra étant restée pudiquement en arrière, à la place du spectateur. Spectateur qui éprouve alors une immense plénitude due la sensibilité extrême qu’il ressent dans la manière de rendre remarquablement discrètes ces retrouvailles.

Un pur enchantement.

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Par Erick Maurel - le 19 février 2005