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Mike Locken et George Hansen sont les meilleurs amis du monde. Ils habitent dans le même appartement, organisent des soirées arrosées en galante compagnie, se chahutent constamment et font le même métier. Or peut-on véritablement rester amis lorsqu’on est un tueur d’élite membre d’une agence secrète chargée d’exécuter quelques basses besognes en marge de la légalité, avec ou sans le concours de la CIA ou autres agences gouvernementales ? Après avoir dynamité un building, les deux compères sont chargés de veiller sur la sécurité d’un transfuge d’Europe de l’Est. Mais contre toute attente, ce dernier est abattu d’une balle dans la tête par Hansen. Avant de disparaître, celui-ci cueille son ami à froid et l’abat à son tour en le laissant gravement blessé au coude et au genou, et donc mis à la retraite d’une manière expéditive.
La vie pour Locken ne se résume plus qu’à des séances de rééducation et à une vie tranquille avec sa compagne infirmière loin de son ancien employeur, Lawrence Weyburn, qui l’avait fort logiquement laissé sur la touche. Mais Locken est un battant et s’initie aux arts martiaux. Animé par un fort ressentiment dû à la trahison de son associé, et au prix de grands efforts physiques, il parvient à recouvrer une santé de fer malgré les séquelles de ses blessures aux membres. Un beau jour survient Cap Collis, son supérieur à l’agence, qui lui propose une mission périlleuse : assurer la sécurité d’un opposant chinois en transit dans le pays. Malgré ses réticences, Mike Locken finit par accepter lorsqu’il apprend que cette mission va l’opposer à George Hansen qui a fait son retour sur la scène. La situation est-elle cependant aussi simple dans ce milieu de l’espionnage où les amis et les ennemis ne sont pas clairement identifiés ? |
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Le cinéaste modifie donc à sa guise le scénario du film au cours du tournage sur lequel il finit par ne tolérer la présence d’aucun responsable de studio ni même de ses producteurs. Sam Peckinpah, interdit de consommation d’alcool par son médecin, en reste pourtant un grand consommateur, auquel il ajoute la cocaïne que lui avait fait découvrir son ami comédien Warren Oates au Mexique un an plus tôt, ainsi qu’une combinaison explosive de médicaments. Son attitude devient hiératique et dictatoriale mais il parvient à boucler le tournage en trois mois. L’été 1975 est dévolu au montage. A cette occasion, il fait venir à ses côté le réalisateur Monte Hellman (The Shooting, L’Ouragan de la vengeance), à qui il demande de l’aide, particulièrement pour la séquence finale. Les deux compères avaient déjà eu l’occasion de se croiser à plusieurs reprises quelques années auparavant. En 1970, Hellman avait été engagé par le producteur Gordon Carroll pour réaliser Pat Garrett et Billy The Kid suite à son appréciation de Macadam à deux voies. Mais le projet lui fut retiré par la MGM en raison de sa faible notoriété. Peckinpah, qui repris le film, déclara plus tard sur le plateau du Tonight Show de Johnny Carson qu’il considérait Monte Hellman « comme le meilleur réalisateur américain en activité » ! (1) Les deux hommes, liés chacun de leur côté à Warren Oates, deviennent amis. Et c’est tout naturellement que Peckinpah sollicite son assistance, insatisfait des premiers montages du film, pourtant effectués par quatre monteurs différents. Tueur d’élite sort finalement en décembre, après une première projection fin octobre comportant une fin alternative qui avait les faveurs du réalisateur (on y reviendra). La réussite commerciale est progressivement au rendez-vous et Peckinpah retrouve le succès au box-office qui l’avait quitté après Guet-apens.
Tueur d’élite puise ses ingrédients
à différentes sources et fonctionne presque par agrégats
plus ou moins bien agencés (film d’action, récit
d’espionnage, tragi-comédie existentielle, réflexion
politique) mais conserve une réelle unité en raison
de la vision de son maître d’œuvre. Le film s’inscrit
parfaitement dans son époque, celle des remises en question
fondamentales de la société américaine et de
ses rouages politiques et sociaux. Sans atteindre les mêmes
réussite et profondeur que Conversation secrète
(1974), A cause d’un assassinat (1974), Les
Trois jours du Condor (1975), Les Hommes du Président
(1976) ou Network (1976), Tueur d’élite
va cependant plus loin dans une forme de cynisme grossier à
tel point qu’il en devient complètement absurde. Cet
humour parfois surréaliste plonge le film dans une noirceur
que vient sauver une sorte de je-m’en-foutisme rigolard qui
nourrit une vision du monde totalement désenchantée
et à la limite de la désincarnation.
La réussite relative, si l'on veut se montrer indulgent,
de Tueur d’élite doit également
beaucoup à son casting. Repéré par Peckinpah
dans Le Flambeur (1974) de Karel Reisz, dans lequel
il interprétait magistralement un professeur rongé
par le démon du jeu, James Caan déploie une nouvelle
fois toute l’étendue de son talent. Caan, acteur emblématique
des années 1970, a le don de faire ressentir l’animal
blessé qui est en lui, toujours sur le point de faire exploser
une rage contenue qu’il contrebalance par un humour à
froid et une empathie qui forcent l’admiration, surtout lorsque
ses personnages ne s’y prêtent absolument pas. Peckinpah
lui adjoint le discret mais tranchant Robert Duvall comme camarade
de jeu et futur mystificateur. Les deux hommes sont réunis
à l’écran pour la quatrième fois après
les films de Francis Ford Coppola qui firent d’eux des comédiens
de renom : Les Gens de la pluie (1969), Le
Parrain (1972) et Le Parrain 2 (1974).
A leurs côtés gravitent des fidèles de Sam Peckinpah,
tels que Bo Hopkins, (La Horde sauvage, Guet-apens)
qui joue un sympathique et naïf maniaque de la gâchette,
le bougon Burt Young (Le Convoi), passé
à la postérité pour son rôle du beau-frère
de Sylvester Stallone dans la série des Rocky,
et Walter Kelley (Pat Garret et Billy le Kid, Le
Convoi, Osterman Week-end). Mako et George
Cheung, visages asiatiques familiers du cinéma américain,
complètent une distribution qui emporte l’adhésion
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![]() Image : Sitôt mis le disque dans son lecteur, on est positivement surpris par le rendu général de l’image. Le master est plutôt propre, le grain cinéma est présent, les contrastes restent bien traités malgré des noirs un peu bouchés et les couleurs caractéristiques des années 70 sont assez pimpantes. Le souci viendrait plutôt de quelques fourmillements dus à la compression et à une définition irrégulière. Ce qui nous amène au véritable problème posée par cette édition : l’absence de 16/9 ! Le film est présenté au bon format cinéma mais MGM s’est contenté d’un format vidéo 4/3, ce qui obligé les possesseurs de diffuseurs 16/9 à zoomer et perdre ainsi en définition. Son : Nonobstant quelques variations de tonalité, il n’y a pas vraiment de gros reproches à formuler sur la seule bande-son originale disponible sur ce DVD. La piste est propre et sans souffle, les voix sont claires, les ambiances et bruitages sont parfaitement rendus par le mixage mono. On aurait certes pu espérer plus de profondeur et de précision mais, en l’état, cette piste reste très appréciable. Les sous-titres sont assez imposants, surtout après avoir zoomé pour remplir le cadre de son diffuseur 16/9. |
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![]() L’habillage du DVD est très basique. Il se compose de menus fixes et muets assez laids. Le chapitrage est découpé en 32 vignettes réparties sur 8 pages. Pour seul supplément, nous avons la bande-annonce du film (2’10’’) au format 1.85 4/3, en assez bon état mais avec une faible définition et un bruit vidéo persistant. On trouvera dans le DVD un feuillet de 8 pages contenant des notes de production très succinctes. Pour ce film ne comptant pas parmi les plus célèbres de Sam Peckinpah, il ne fallait raisonnablement pas s’attendre à une édition d’anthologie. |
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