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![]() Han, puissant trafiquant de drogue, organise un tournoi d'arts martiaux sur son île. Parmi les participants, on trouve un homme d'affaires américain fauché, un combattant noir en fuite et un spécialiste du kung-fu, chargé par les Britanniques de détruire l'organisation de Han. |
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En 1973, Lee est une star en Asie, conséquence heureuse de son incapacité à s'imposer aux Etats-Unis. Cantonné à la télévision (Le Frelon Vert), évincé d'un projet lui tenant à cœur (la série Kung Fu, dont le rôle principal fut attribué à David Carradine), trop chinois, Lee s'était replié sur Hong Kong, avec le succès que l'on sait. Flairant enfin le bon coup, Warner le rappelle pour lui proposer une coproduction avec la hongkongaise Golden Harvest, qui avait accueilli Lee. L'acteur avait enfin l'occasion de percer le marché américain, même en partageant la vedette avec John Saxon et le débutant Jim Kelly. Mais il a carte blanche pour régler les combats et les chorégraphies, soit le cœur du film. La scène d'initiation avec l'apprenti du début est aussi fortement imprégnée de la philosophie de combat de l'acteur, qui fait passer son petit message personnel. Lee mourra peu de temps avant la sortie d'Opération Dragon, qui allait effectivement assurer sa starification.
"Je respectais beaucoup Bruce parce que je savais ce qu'il avait vécu seulement en étant un Noir aux Etats-Unis. […] Il connaissait mon combat, je connaissais le sien." Jim Kelly
Dans Opération Dragon, la scène où Han offre de jeunes femmes à nos héros pour passer du bon temps est en cela exemplaire : Lee ne couche pas (comme dans ses autres films, il est au choix : féminisé ou asexué par discipline (2) mais en tout cas, pur), Saxon choisit une compagne blanche et Kelly y fait son marché (sur le mode du Noir forcément très sexué). Tout le monde est donc à sa place, comme le Méchant Han qui se livre bien sûr au trafic de drogues et à la traite des Blanches (3). Mais l'évidente volonté des producteurs de vouloir plaire à tous les publics (à l'époque où les studios étaient certains d'avoir un auditoire spécifiquement afro-américain) a aussi d'autres effets. La trame jamesbondienne est arrachée au surhomme britannique (qui répondra pathétiquement en 74 avec L'Homme au Pistolet d'or). Par contraste, le Thomas Crown du pauvre incarné par Saxon pâlit face à Jim Kelly, dont le film met en valeur le background blaxploitation ("Si je perds un combat, je n'en saurai rien. Je serai trop occupé à paraître bon", dit-il) ou du moins, spécifiquement noir : l'altercation avec des policiers racistes et surtout le passage du dojo où des karatékas afro-américains s'entraînent. Cette seule scène est un cliché d'une face cachée de l'Amérique des années 70.
(2) La scène faisait écho à la mort de la sœur de son personnage, qui préfère le suicide à l'humiliation d'un viol. (3) Le thème était très en vogue en Occident dans les années 70, alimentant les fantasmes sur les émirs pétroliers se constituant des harems (fichue crise du pétrole) et l'éternel péril jaune. (4) Un parent habillé souvent en noir, comme les Viêt-Congs
souvent habillés en noir. |
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Image : Copie bien supérieure à la précédente édition simple. Tout en ayant une photographie typée années 70 (terne), l'image est précise, les couleurs contrastées. Son : Une piste anglaise en 5.1 un peu artificielle et pas très ébouriffante, où c'est la musique qui l'emporte. La piste française mono d'origine est correcte et bénéficie d'un doublage de qualité. Ceux qui se souviennent des vf des éditions René Château des films de Bruce Lee comprendront : ici Lee est même doublée par la voix française (dans les années 70) de Woody Allen. |
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Commentaire audio du producteur Paul Heller : un commentaire non sous-titré comme souvent chez Warner, où le producteur d'Opération Dragon égrène entre deux blancs (fréquents) des informations qu'on entendra (ou a déjà entendu) dans le making-of Sang et Acier. Pour donner un peu plus de spontanéité à l'ensemble (un exemple à retenir), Heller passe même des coups de fil à d'autres intervenants. Sang et Acier – making-of (30'13) : toujours écrit et réalisé par Paul Heller, ce documentaire conçu pour le dvd revient efficacement sur la genèse du film. Nombreuses anecdotes, nombreux intervenants (dont James Coburn, proche ami de Lee, John Saxon ou Sammo Hung, qui rappelle sa participation dans la première séquence du film). On en apprend beaucoup, notamment sur la frustration et les craintes de Lee, le choc culturel entre équipes hongkongaises et américaines. Un home movie réalisé par l'une des actrices sur le tournage nous plonge directement dans l'époque. Bruce Lee raconté par lui-même (19'20) : une interview télévisée de Lee, entrecoupée d'images du film et d'archive, empêchant malheureusement de profiter pleinement de l'intensité de l'acteur alors qu'il expose sa philosophie des arts martiaux : un fascinant manifeste quasi-esthétique, où Lee parle avant tout d'honnêteté et de réalisation de soi. L'anti-Vandamne.
Reportage de 1973 sur le tournage d'Opération Dragon (7'39) : un court reportage d'époque avec le sérieux caractéristique (et un peu mis en scène) de l'époque, qui propose des images de tournage, et de préparation des scènes comme le fameux final aux miroirs. Exercices de Bruce Lee en plein air (1'53) : un très court film privé où l'on voit Lee s'entraîner dans son jardin et livré brut, juste pour apprécier furtivement le Dragon s'exercer.
Les deux pièces maîtresses de ce disque sont deux long documentaires biographiques qui n'évitent forcément pas les redites entre eux (et même par rapport aux suppléments du disque 1). Mais chacun a son intérêt.
On retrouve aussi 4 bandes-annonces et 8 spots
télé d'époque. |
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