
Quand
la poudre parle
Law and Order
Réalisé par Nathan Juran
Avec Ronald Reagan, Dorothy Malone, Preston
Foster, Alex Nichol
Scénario : Inez Cocke, John et
Gwen Bagni, D.D. Beauchamp d’après le roman de W.R. Burnett
‘Saint Johnson’
Musique : Henry Mancini
Photographie : Clifford Stine
Un film Universal
USA - 79 mn - 1953 |

Universal
79 mn
Zone 1
Format cinéma : 1.33
Format vidéo : 4/3
Couleur
Langues : Anglais mono 2.0
Sous titres : Français / Espagnol |


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1882.
Après une longue poursuite, le Marshall Frame Johnson
(Ronald Reagan) parvient à arrêter l’assassin
Durango Kid qu’il ramène à Tombstone pour
qu’il y soit jugé équitablement. La population
préfèrerait cependant un lynchage immédiat
; Frame ne se sentant plus en phase avec les habitants de
la ville, qui n’ont pas l’air d’apprécier
la paix qui y règne, décide de partir avec ses
frères Lute (Alex Nichol) et Jimmy (Russell Johnson)
pour s’occuper d’un ranch dans une ville nommé
Cottonwood. Jeannie (Dorothy Malone), sa bien-aimée,
tenancière d’un saloon, devra l’y rejoindre
quand leur futur havre de paix sera retapé. Mais Cottonwood
est sous la coupe de Kurt Durling (Preston Foster), un voleur
de bétail et de chevaux qui a réussi à
corrompre même le shérif et qui avait déjà
eu maille à partir avec Frame quelques années
plus tôt. Le juge et quelques honnêtes notables
prient Frame de reprendre sa fonction de Marshall mais il
refuse préférant désormais sa tranquillité.
Son frère Lute en revanche accepte la proposition mais
sera tué peu de temps après alors que dans le
même temps son frère Jimmy est accusé
de meurtre. Malgré sa répugnance à reprendre
du service, il se sent pourtant dans l’obligation de
le faire et son premier décret est d’interdire
le port des armes dans l’enceinte de la ville. Ce qui
n’est pas du goût de tout le monde… |
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Après avoir rattrapé un meurtrier
suite à une efficace scène de bagarre au milieu
de magnifiques paysages désertiques, le Marshall
Frame s’arrête avec son prisonnier devant la
pancarte indiquant l’entrée de la ville. Dessus
est indiquée "Vous êtes à Tombstone
où l’ordre règne. Ici reposent ceux
qui pensaient le contraire". Travelling latéral
qui découvre derrière la pancarte un morceau
de terre jonché de tombes.
- Les gens sont durs à convaincre par ici.
- Ou alors ils ne savent pas lire.
- Vous les avez tous descendus ?
- Seulement ceux que l’on n’a pas pendus !
- Ca ne laisse pas grand choix. Pourquoi ne pas m’avoir
descendu ?
- Je suis là pour faire régner l’ordre,
pas pour tuer.
- Ici on dirait que c’est la même chose.
- Vous avez au moins la satisfaction d’être
pendu dans la légalité.
- C’est à vous que ça donne satisfaction.
De toute façon il n’y a pas d’autres
issues que la mort.
Voilà le premier échange de dialogue entre
l’assassin et le shérif qui donne un peu le
ton de ce banal western de série mené pourtant
avec un certain professionnalisme par un Nathan Juran très
peu inspiré mais efficace. Les dialogues parfois
assez piquants (surtout dans la bouche de Chubby Johnson)
viennent rajouter au plaisir que les seuls "fondus"
du genre pourront prendre à ce western qui se révèle
être avant tout un véhicule pour Ronald Reagan.
W.R. Burnett, l’auteur du célèbre Little
Caesar adapté par Mervyn LeRoy en 1931 avec
James Cagney, est également celui de Saint Johnson
dont deux adaptations virent le jour avant le western de
Nathan Juran, toutes deux déjà avec comme
titre original Law and Order ; par Edward L. Cahn
en 1932 puis par Ray Taylor en 1940 , avec respectivement
Walter Huston puis Johnny Mack Brown en Frame Johnson. Dans
50 ans de cinéma américain, Tavernier et Coursodon
parlent de "remake honteux" ; j’avoue
ne pas pouvoir dire ce qui les a poussés à
dire ceci n’ayant pas eu l’occasion de voir
les versions précédentes mais une chose est
certaine, le film n’a rien de honteux en lui-même
; il s’agit d’un western de routine comme tant
d’autres mais pas pire que bon nombre d’entre
eux et même parfois plus agréable que certaines
séries A à la réputation usurpée.
Troisième film du réalisateur dont les titres
de gloire seront les célèbres 7ème
voyage de Sinbad et Jack le tueur de géants,
qui doivent d’ailleurs bien plus à leurs effets
spéciaux (Ray Harryhausen pour le premier) qu’à
la qualité respective de leur mise en scène.
Ne nous attendons donc à rien d’extraordinaire
: c’est conventionnel, bourré de clichés,
sans aucun éclair de génie mais c’est
du travail bien fait. Nous pourrions en dire de même
de l’interprétation de Ronald Reagan : aucune
raison de sauter au plafond mais une certaine présence
et une stature qui faisait de lui un cow-boy tout à
fait crédible. Il en va de même ici où
il campe une sorte de Wyatt Earp allant être une nouvelle
fois obligé d’épingler son étoile
pour aller nettoyer la ville dans laquelle il voudrait s’établir
dans le calme avec sa dulcinée. Beaucoup de points
communs avec Wyatt Earp à commencer par la première
ville dans laquelle on le voit avec ses frères (2
au lieu de 3), la fameuse Tombstone (où aura lieu
le gunfight de OK Corral). "Ce n’est pas
aujourd’hui que je vais instaurer la tradition du
lynchage" dira-t-il en s’opposant ainsi
à la population entière de la ville qui voudrait
des méthodes plus expéditives. Voyant que
les voies légales n’intéressent pas
ses concitoyens, il jettera l’éponge dans un
premier temps : "Je suis fatigué de vouloir
donner ce que personne ne semble vouloir", à
savoir le calme et la paix. Nous
sommes donc assez éloignés de l’image
qu’on se fait habituellement de Ronnie aspirant ici
plus à la fastidieuse vie de fermier qu’à
la violence.
Dorothy Malone joue les utilités mais demeure toujours
aussi belle et attachante lorsqu’elle déclare
sa flamme à son partenaire ; en revanche, Miss "New
Jersey 1952", Ruth Hampton, si elle possède
des atouts non négligeables, ce n’est pas dans
son jeu d’actrice qu’on les trouvera ! Peu d’étincelles
à attendre du reste de la distribution sauf que Preston
Foster est un méchant qui a de l’allure et
que Dennis Weaver a une belle gueule de salaud. Quelques
autres raisons de se réjouir : l’une des premières
partitions de Henry Mancini mais dont personne ne pourrait
dire sans mauvaise foi avoir reconnu le style de ce dernier,
une belle course poursuite finale entre les deux frères,
Frame et Jimmy, et des images rétrospectivement assez
amusantes de Ronald Reagan se faisant traiter de froussard,
essuyant la vaisselle ou encollant un lai de tapisserie.
Passionnant n’est-ce pas? Le côté positif
de ce type de films est que nous les oublions aussi vite
que nous les avons visionné et que, de ce fait, il
n’est pas déplaisant de les revoir la semaine
suivante d’un œil presque neuf. Mais comme je
le prévenais au départ, il faut être
un "westerner" pur et dur pour se jeter là
dedans ; si c’est le cas, alors on peut y retirer
son comptant de plaisir, si ça ne l’est pas
il vaut mieux passer à autre chose.
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Pour
ce western, un transfert qui n’est pas de toute première
jeunesse mais qui se révèle assez beau. Pas
exempte de scories mais globalement très propre,
la copie bénéficie en outre,
et c’est bien le principal, de couleurs souvent très
bien rendues et d’une belle luminosité, et
ce malgré de nombreuses variations de colorimétrie
à l’intérieur d’une même
scène et la mouvance de certaines autres séquences.
Si celles en intérieur ont un peu trop tendance à
tirer sur le rouge, les nombreux extérieurs sont
souvent de grande qualité même si un peu granuleux
dans les ciels. Les arrières fonds se trouvent être
un peu fourmillants mais rien de rédhibitoire, et
hormis quelques plans de 5 à 6 secondes complètement
flous (4’55 ; 16’45), quelques autres abîmés
(14’24), l’ensemble demeure très correct.
La définition est en outre, excepté les plans
flous dont nous parlions à l’instant, d’un
honnête niveau. Bref, du bon boulot qui nous fait
regretter que dans cette collection de western Universal,
les plus mal lotis soient les films d’Anthony Mann
- Je suis un aventurier surtout - alors que des
westerns plus insignifiants comme celui-ci ou franchement
mauvais comme Night passage bénéficient d’un
traitement ô combien supérieur !
Côté son, peu de choses à
déplorer non plus. Un mono 2.0 tout à fait
correct, clair et précis aussi bien au niveau des
voix que de la musique.
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En guise de bonus, la
traditionnelle bande annonce et une musique sur les menus
beaucoup moins désagréable que pour le reste
de la collection
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