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Réalisé par Georg Willem
Pabst
Avec Louise Brooks, Fritz Kortner,
Francis Lederer, Carl Goetz, Alice Roberts
Scenario : Frank Wedekind (auteur de
la pièce originale), Joseph Fleisler, Ladislaus Vajda, Georg
Willem Pabst
Musique : Timothy Brock (nouvel accompagnement)
Photographie : Günther Krampf
Un film Nero Film
Allemagne - 131 mns dans sa version restaurée - 1929
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Zone 0 - DVD9
Format 1:33
Langues : Allemand/Anglais
Stéréo
Chapitrage et menus fixes |


Pas
d'autre film à ce jour
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Loulou, d’origine modeste, courtisane et danseuse,
fréquente le Dr Schön qui, en vue d’un mariage
imminent, souhaite rompre leur relation. Piégé
par une manœuvre de la jeune femme il sera contraint
de l’épouser, scellant ainsi leurs deux destins
tragiques. |
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Quand le contrat qui la lie à la Paramount
arrive à expiration en septembre 1928, Louise Brooks
n’est encore qu’une jeune star montante plus
connue pour ses frasques que pour sa courte carrière
d’actrice. Devant la nécessité de faire
des économies en vue du passage à l’ère
du film parlant, on lui refuse les conditions qu’elle
pose à la signature d’un nouveau contrat. Au
directeur du studio qui s’interroge sur ce que rendra
sa voix elle répond qu’elle a la plus belle
voix de Hollywood et claque la porte.
La légende veut que c’est en sortant du bureau
qu’elle reçut le message l’invitant à
venir tourner Loulou en Allemagne. Elle partit
pour l’Europe, bien que ne parlant pas l’allemand
et ne connaissant ni la pièce à l’origine
du scénario, ni le metteur en scène.
Georg Willem Pabst, qui souhaitait depuis longtemps adapter
la pièce de Frank Wedekind, n’était
pas parvenu à trouver l’actrice pour interpréter
le rôle avant de découvrir Louise Brooks dans
un film. Peut être la légende qui entourait
déjà cette jeune femme de 21 ans influença-t-elle
le choix qui lui fit voir en elle l’interprète
idéale pour ce rôle. Leur rencontre fut décisive
dans la carrière de Louise Brooks et de leur collaboration
naîtra la même année un second film Le
journal d’une fille perdue. Louise Brooks tournera
en 1930 un film en France Prix de beauté
avant de retourner aux états unis.
Superbe portrait tragique d’une femme
qu’on qualifierait aujourd’hui de "libérée",
Loulou est le film qui fit à jamais de Louise
Brooks une des plus puissantes icônes sexuelles de
l’histoire du cinéma. On ne peut que le comprendre
tant en découvrant le film aujourd’hui on est
frappé par l’incroyable grâce et la charge
érotique qui se dégagent d’elle.
Louise Brooks compose ici le plus naturellement
du monde (Pabst ne lui donnait que peu d’indications
sur le tournage) un personnage inoubliable de femme enfant
au sein d’une société bourgeoise cupide
et corrompue. Si tous les hommes cherchent à posséder
Loulou, aucun ne saura réellement comment l’aimer.
Loulou, consciente de la fascination qu’elle exerce
sur les hommes, sait user de ses charmes mais les passions
qu’elle engendre sont mortifères. Elle séduit
les malheureux qui croisent son regard mais ceux-ci la condamnent
en même temps qu’ils succombent. Le Dr Schön
exprime toute l’ambiguïté de cette relation:
"personne ne peut épouser une fille comme ça,
c’est du suicide".
Sous ses apparences de séductrice, Loulou est avant
tout une incarnation de l’innocence. C’est avec
beaucoup de candeur qu’elle dit au Dr Schön qui
souhaite épouser une femme digne de son statut de
notable : "si tu veux te libérer de moi tu devras
me tuer". Malgré ses sortilèges elle
sera victime de la cupidité des hommes et de leur
incapacité à aimer.
Même Alwa, personnage interprété par
le très romantique Francis Lederer qui avait déjà
tenu le rôle sur scène, seul homme à
la passion sincère, sera dévoré par
ce monde. Le seul personnage réellement sauvé
est celui de la Comtesse Anna Geschwitz, (premier personnage
ouvertement lesbien de l’histoire du cinéma
interprété par Alice Roberts) liée
elle aussi à Loulou par l’amour qu’elle
lui porte.
La tension dramatique constante du récit ne laisse
que peu de répit aux personnages comme aux spectateurs
et les courts moments d’accalmie ne font que précéder
de plus grandes chutes. Malgré ça, le film,
fondamentalement d’un profond pessimisme, ne sombre
jamais dans le mélodrame. Pabst parvient à
toujours maintenir un juste équilibre entre les développements
du récit et la peinture à caractère
réaliste d’une époque à travers
ses différentes strates sociales. Des salons berlinois
aux ruelles sordides de Londres, il dépeint un monde
d’une rare noirceur et fait à jamais de Loulou
une des figures féminines les plus marquantes de
l’histoire du cinéma.
Une œuvre d’une grande force,
illuminée à jamais par la candeur et la grâce
d’une immortelle Louise brooks.
Le film fit scandale à sa
sortie et fut amputé de nombreuses séquences
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