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Réalisé par Robert Aldrich
Avec Ralph Meeker, Maxine Cooper, Paul Stewart, Weslet Addy
Musique : Frank Devol
Photographie : Ernest Laszlo
Produit par: Robert Aldrich et Victor Saville
USA - 106’ - 1955
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MGM
Zone 1
Format cinéma : 1.66 :1
Format video : 4/3
Son : Anglais en mono
Sous-titres : Français, Espagnol |


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Mike
Hammer est un détective privé cynique,
spécialisé dans les affaires de divorce,
qui utilise de temps à autre son assistante
pour l’aider dans ses magouilles poisseuses.
Quand il prend, de nuit, en stop une femme qui finira
torturée à mort, Hammer décide
de se lancer dans une enquête que la police lui
conseille vivement d’éviter. Hammer passe
outre les avertissements et de cadavres en cadavres
découvre une boîte mystérieuse,
sujet de toutes les convoitises. Il se rend compte,
trop tard, qu’il s’est embarqué dans
une affaire qui dépasse ses compétences |
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En
quatrième vitesse fait partie de ces films qui
ont grandement influencé les réalisateurs
d’aujourd’hui. Que l’on parle de certains
films issus de la Nouvelle vague (A bout de souffle de
Jean-Luc Godard pour ne citer que l’exemple le plus
frappant) ou encore de métrages plus récents
comme le Pulp fiction de Quentin Tarantino, tous portent
en eux le style de Robert Aldrich. Et pourtant, malgré son
avant-gardisme, son côté visionnaire, ce film
noir ne fait pas l’unanimité, notamment à cause
de son côté nihiliste revendiqué.
A l’époque, le réalisateur Robert
Aldrich ne jouissait que d’une poignée de
films à son palmarès, deux westerns : Vera
Cruz et Bronco Apache, tous deux tournés en 1954,
et un film noir : Alerte à Singapour, qui date également
de la même année. Avec En quatrième
vitesse, Aldrich tenait un film qui allait révolutionner
un genre, né en 1941 avec Le faucon maltais et qui
avait subi de véritables mutations, suite au climat
socio-économique de l’après-guerre
aux Etats-Unis.
Le scénario est adapté de l’œuvre
de l’auteur de pulps Mickey Spillane, créateur
du détective privé Mike Hammer, connu plus
récemment, en 1983, sous les traits de l’acteur
Stacy Keach. Robert Aldrich ne garde de l’histoire
originale que des personnages torturés et bourreaux
et met au rancard le côté réactionnaire
du récit pour nous livrer un film clairement dirigé contre
le maccarthysme. Dans de nombreuses interviews de l’époque,
Aldrich déclarait sans détour qu’il
qualifiait le Hammer de Spillane de fasciste, de héros
anti-démocratique. A.I. Bezzerides, scénariste
blacklisté par le House of Un-American Activities
Committee, proposait une refonte du scénario telle,
que Spillane ne lui adressa plus la parole.
Il serait néanmoins réducteur de ne considérer
En quatrième vitesse que comme une critique de la
guerre froide, il est également un film offrant
des personnages féminins forts, fait assez rare
dans le film noir. Hammer doit aux femmes de progresser
dans son enquête, elles seules sont capables de le
mener à son Graal. Cette position dominante se fait
malheureusement au prix d’une misogynie présente
tout au long du film.
Aldrich transpose l’histoire de New-York à une
autre ville qui ne dort pas, Los Angeles. La nuit est essentielle,
elle est omniprésente et souligne le côté obscur
des personnages et de leurs desseins. Mike Hammer évolue
de nuit, quand les honnêtes gens dorment du sommeil
du juste. La psychologie du personnage du détective
est fondamentale dans le renouveau du genre. Ici, pas de
héros au grand cœur, pas de bons sentiments.
Hammer est un personnage égoïste et sarcastique,
intelligent et calculateur, bref le contraire du défenseur
de la veuve et de l’orphelin. Le dialogue d’ouverture
entre Mike Hammer (Ralph Meeker, belle gueule de l’époque
connu pour des seconds-rôles) et Christina Bailey
(Cloris Leachman, dont c’est le premier rôle
au cinéma) met d’ailleurs tout de suite les
choses en place. Bailey apparaît à l’écran,
vêtue d’un imper et courant seule, de nuit,
au milieu d’une route. Eclairée de dos par
les phares d’une voiture, elle interrompt sa course,
se retourne et force le véhicule à s’arrêter.
Son conducteur, Mike Hammer, n’a d’autre choix
que de lui offrir un lift. Au fil des discussions, Bailey
perce rapidement Hammer à jour et le taxe de narcissisme.
Sa dégaine, sa voiture, tout souligne le côté égoïste
et macho du détective. Bezzerides utilise le personnage
de Christina afin que le spectateur ne se trompe pas :
Hammer est un homme immoral.
La scène d’ouverture, sombre à souhait,
souligne le travail du directeur de la photo, Ernest Laszlo,
qui avait déjà eu l’occasion de travailler
avec Aldrich sur Vera Cruz et Bronco Apache et
marque une originalité, l’apparition à l’envers
du générique, qui met en avant le côté anarchique
du film. La route de départ est une abysse, tout
y est sombre, flou, rapide, à l’image de la
voiture de Hammer qui part finalement en vrille et, comme
on s’y attendait, dont les occupants sont recueillis
par les hommes qui pourchassaient Bailey. Par contre, ce
que l’on n’attendait pas du tout, c’est
la torture de Bailey , suivie de sa mise à mort.
Une scène sans effets gore - la caméra ne
montrant que les jambes ballantes de la victime, préservant
ainsi l’identité des ravisseurs - mais qui
reste, encore aujourd’hui, assez insoutenable de
violence. Hammer échappe de peu à la mort
et par curiosité, lucre et esprit de vengeance envers
ses agresseurs, décide de mener une enquête
qui va livrer son lot d’horreur, une quête
qui va plonger le héros et le spectateur dans un
tourbillon de subversion. Dans sa série télévisée
dédiée au cinéma américain,
Martin Scorsese n’hésite pas à qualifier
le film d’exemple primordial de cinéma subversif,
loin devant le All that heaven allows de Douglas
Sirk et le Bigger than life de Nicholas Ray.
Une partie de
domino se met en place. Hammer endosse un costume de croisé, prêt à tout
pour comprendre ce qui lui arrive. En quatrième
vitesse baigne dans le climat politique des années 50 aux
Etats-Unis, tout est conspiration, mensonge, peur, nous
sommes en plein Maccarthysme. Le sujet de toutes les convoitises
est symbolisé par une boîte de Pandore qui
contient ce que l’on identifie comme une source atomique
qui détruit et consume tout ce qui l’entoure
une fois ouverte. Une trouvaille scientifique qui porte
le nom mystérieux de Manhattan Project - Los Alamos
- Trinity.
L’ouverture finale de la boîte est d’ailleurs
au centre de toutes les controverses. Pendant des années
le film se terminait sur l’ouverture de la boîte
et un plan final nous montrant l’incendie de la maison
où elle était cachée. Les questions
fusèrent : Hammer échappe-t-il aux flammes
? Qu’en est-il de sa blessure par balle ? L’explosion
va-t-elle s’étendre à la terre entière
? Que contient la boîte ? Un final énigmatique
et sombre, précurseur de ce qu’affectionnera
la Nouvelle-Vague. Pourtant, le script de Bezzerides indique
clairement que ni Hammer, ni son assistante Velda ne périssent
dans l’incendie de la maison de Malibu, au contraire,
ils s’échappent et admirent le sinistre de
la plage. En 1996, après de longues recherches infructueuses,
l’écrivain-producteur Alain Silver retrouva
la copie originale, fidèle au script. Encore aujourd’hui,
nul ne sait pourquoi une version tronquée circula
pendant tant d’années. Certains prétendent
que la version raccourcie convenait aux ligues de vertu
qui souhaitaient voir Mike Hammer disparaître afin
qu’il expie ses pêchés. Alain Silver,
lui, penche plutôt pour une erreur de manipulation
qui a mené à amputer le film de quelques
secondes cruciales. Quoiqu’il en soit, cette découverte
fit de En quatrième vitesse un film moins radical
que ne le pensait ses admirateurs. Après tout, il
reste un espoir pour le monde. L’apocalypse n’est
pas encore programmée.
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