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Au
moment de quitter sa maison natale, Huw Morgan se remémore
son enfance passée au début du siècle dans un petit
village minier du Pays de Galles. Ce seront tour à tour l’évocation
des bonheurs et malheurs qui toucheront sa famille : successions de mariages,
décès, naissances, conflits familiaux, départs, retrouvailles,
grèves, fêtes, joies simples de la vie quotidienne... Passées
au filtre de la mémoire, et la nostalgie aidant, les difficultés
seront finalement évacuées pour être supplantées
par ce souvenir tenace selon lequel « qu’elle était
verte et riante sa vallée » ; vallée où,
dans son esprit, les vivants et les morts marchent encore et toujours
main dans la main. |
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Initialement prévu pour William Wyler,
le scénario de Philip Dunne échoue finalement dans
les mains de John Ford, qui abandonne pour une fois sa description
de l’Amérique qu’il connaît si bien, pour
aborder un sujet à connotations sociales se déroulant
de l’autre côté de l’Atlantique. Comment
allait-il s’en tirer ? Beaucoup de
Pour pouvoir faire partager tout le bonheur que ce film nous procure lors de sa vision, il faudrait pouvoir s’étendre longuement sur d’innombrables et magnifiques moments ; sur cette hilarante leçon de boxe dont l’instituteur fait les frais après avoir donné une sévère correction à notre héros, sur cette chaleureuse fête au cours de laquelle Walter Pidgeon et Maureen O’Hara se mettent à chanter tous les deux pour finir sur un éclat de rire, sur cet émouvant et discret départ pour l’Amérique des deux fils alors que leur frère fait répéter sa chorale dans les rues nocturnes, sur ce visage bouleversant de la mère émue aux larmes au retour du printemps qui correspond à celui de ses garçons, sur les premiers pas dans une campagne paradisiaque du jeune Huw après sa maladie, sur les visages levés au ciel des trois femmes, ayant chacune perdue leur époux, attendant la remontée des corps de la mine après le coup de grisou...
L’interprétation est parfaite, dominée par
Donald Crisp dans le rôle du père qui eu d’ailleurs
un Oscar pour sa performance. A ses côtés on trouve
la belle Maureen O’Hara au visage si photogénique,
le jeune Roddy McDowall (plus connu pour son rôle dans La
Planète des singes) qui s’en tire très
bien sachant éviter la mièvrerie, Sara Allgood dans
le rôle de la mère assez terre à terre, émue
pour un rien mais au caractère trempé, et enfin le
pasteur joué par Walter Pidgeon à travers lequel Ford
fait passer ses idées démocratiques, humaines, politiques
et sociales.
Un avertissement est quand même nécessaire : il ne
serait pas faux de parler d’une grandiloquence assumée
de la mise en scène, d’une emphase dans l’interprétation,
d’un scénario sur la corde raide entre sensibilité
et sensiblerie ; en raison de tous ces éléments, et
en ayant fait personnellement l’expérience, le film
peut ne pas plaire passionnément à la première
vision. Il peut même assez facilement prêter à
sourire et donner prise aux ricanements de certains spectateurs
habitués au cynisme ambiant contemporain. Dommage pour ces
derniers qui passeront malheureusement à côté
d’un véritable chef-d’œuvre, un de ces rares
films qui possèdent l’étoffe de ce qu’on
appelle "un grand classique indémodable" par leur
intemporalité et leur universalité. |
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Image : Déjà esthétiquement, l’objet DVD en lui-même est superbe : la jaquette reprenant une très belle affiche dessinée dans les tons sépia, ainsi que la sérigraphie, sont de toute beauté. Et le bonheur est total quand on découvre une copie magnifiquement restaurée rendant toute la magnificence des images en noir et blanc d'Arthur Miller. Le master n’a pas été totalement nettoyé mais devant un rendu aussi parfait des contrastes de la photo, ces quelques griffures nous touchent assez peu. La compression est impeccable y compris dans les scènes nocturnes ou très sombres. Ce très beau travail est malheureusement gâché par des sous-titrages honteusement écrits à l’intérieur d’insupportables bandeaux noirs, ce qui dénature un peu les cadrages voulus par John Ford. Son : Le son sur la version originale est correct sans trop de souffle, les ambiances assez bien restituées. Cette version est évidemment à préférer à la piste française d’une grande médiocrité aussi bien dans le doublage que dans la bande-son pas du tout retouchée, dans laquelle on a du mal à saisir tous les dialogues et où les bruits d’ambiances ont complètement été effacés. |
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![]() En bonus, peu de choses à se mettre sous la dent : une toute petite galerie de photos et quatre bandes-annonces originales très abîmées dont celle du film de Ford mais aussi du Mur invisible de Kazan, Elle et lui de McCarey et Eve de Mankiewicz. En conclusion, le principal est là, à savoir une superbe copie, mais ce n’est pas redondant de le répéter, messieurs les éditeurs, pensez aux amateurs de V.O.S.T. que nous sommes en évitant d’insérer les sous-titres à l’intérieur de bandeaux qui gâchent en partie notre plaisir. |
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