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Réalisation : Otto Preminger (1955)
Scénario : Walter Newman,
Lewis Meltzer d’après
le roman de N. Algren
Photo : Sam Leavitt
Montage : Louis R. Loeffler
Musique : Elmer Bernstein
Interprétation : Frank Sinatra,
Kim Novak, Eleanor Parker, Arnold Stang, Darren McGavin, Robert
Strauss...
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Les
films de ma vie
Zone 2
1.33
Son : anglais mono
Sous-titres : français (imposés) |


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Frankie Machine (Frank Sinatra) revient de l’hôpital
de Lexington où il a passé six mois en
cure de désintoxication. Il retrouve son quartier
et ses amis, dont Sparrow, heureux de constater qu'il
ne se drogue plus. Dés son arrivée, il
tente d’échapper à sa dépendance à l’aide
de ses proches et en jouant de la batterie. Mais la
folie de sa femme, la détermination des dealers
et son passé de joueur le rattrapent inexorablement.
Au cœur de ce maelström de mensonges et de
violence, la jeune Molly (Kim Novak) apporte une note
d'espérance dans le quotidien de Frankie. Tiraillé entre
sa dépendance aux narcotiques et son amour pour
cette fille courageuse, son avenir n'en devient que
plus incertain... |
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21
octobre 1935, port de New York : le paquebot Normandie longe
la statue de la liberté. Sur le pont, un Viennois
de 29 ans contemple le spectacle. Directeur du théâtre
de Vienne, metteur en scène de nombreuses pièces à succès
et occasionnellement comédien, Otto Preminger a décidé de
quitter la mère patrie. Sa renommée viennoise
ne lui suffit plus et il a désormais besoin de l’Amérique
pour nourrir ses ambitions artistiques. Son objectif est
simple et tient en neuf lettres blanches déposées
sur une colline de Los Angeles : HOLLYWOOD. Doué et
perspicace, le jeune Preminger fait rapidement preuve de
talent et les ?moguls? des studios reconnaissent en lui un
homme de génie au tempérament bien trempé.
Mais ce dernier trait de caractère cadre mal avec
l’autorité du pape de la 20th Century Fox. Après
une altercation au sujet d'un scénario que Preminger
ne veut pas modifier, Darryl Zanuck le renvoie sur-le-champ
et lui promet qu’il ne tournera plus un film en Amérique
! L’histoire ne s’arrête évidemment
pas là : après une courte traversée
du désert sur les planches de Broadway, où il
met en scène quelques pièces à succès,
Otto signe son retour à Hollywood avec son premier
chef d’œuvre : Laura (1944).
A partir
de cette date, il ne cesse d’imposer sa vision
et réalise de nombreux films témoignant de
son courage artistique et de son originalité dans
le choix de ses sujets : parmi ceux-ci une comédie
musicale interprétée par une troupe de comédiens
noirs (Carmen Jones, 1954), un huis clos politique (Advise
and Consent, 1962), le parcours d’un jeune prêtre
au Vatican (The Cardinal, 1963), un portrait de terroristes
en Israël (Exodus, 1960) et un drame construit autour
de la dépendance à la drogue : The man
with the golden arm.
Réalisé en 1955, ce film est l’archétype
de l’œuvre Preminger. Il met en exergue le courage
du réalisateur et impose un style bâti autour
d’une virtuosité visuelle et d’une direction
d’acteurs parfaite.
Comme nous l’avons souligné auparavant, Otto
Preminger a souvent fait preuve d’une forme de non
conformisme dans ses choix de réalisations. Pendant
les années cinquante, il lit le roman de Nelson Algren
intitulé The man with the golden arm. Immédiatement
il sait qu’il tient là une histoire hautement
originale puisque, jusqu’à ce jour, aucun artiste
ne s’est risqué sur la thématique difficile
de la dépendance aux narcotiques. Totalement investi
par ce nouveau projet, Preminger s’entoure des scénaristes
Walter Newman et Lewis Meltzer afin d’adapter la nouvelle.
Il leur impose sa vision réaliste de l'œuvre
et, peu importe la censure, il faut rédiger un script
permettant au public de prendre conscience du problème
de la drogue aux USA. Après quelques semaines, le
travail est achevé, Preminger en est satisfait et
soumet son texte à la Motion Picture Association (MPA).
Cet organisme habilité à donner des visas d’exploitation
en salle est régi par le tristement célèbre
code Hays.
Bible du bon censeur, le code est à l’origine
de nombreux dérapages réactionnaires : ainsi
il est interdit de voir deux personnages s’embrasser
s’ils ne sont pas mariés, ou simplement de prononcer
des mots comme enceinte, vierge ou narcotique ! Ce dernier
terme est évidemment problématique dans le
cadre de L’homme au bras d’or. Il est remarqué par
la MPA qui impose qu’il soit banni du script. Malheureusement
l’organisme n’arrête pas son entreprise
de destruction sur ce point et demande de nombreuses autres
modifications : les prises de drogues ne seront pas montrées,
aucun suicide ne devra être mentionné et le
personnage de Frankie connaîtra la rédemption
grâce au courage de son épouse aimante. Tout
un programme politiquement très correct !!
Mais Preminger
n’est pas l’homme des compromis
et refuse chacune de ces demandes. L’homme au bras
d’or sera le fruit du travail des artistes associés
au projet ou ne sera pas ! Fils d’un procureur autrichien
et diplômé de droit, le cinéaste connaît
la loi et s’appuie sur la constitution américaine,
notamment la liberté d’expression, pour contredire
chacune de ces allégations. Le bras de fer s’engage,
la MPA intransigeante et Preminger idéaliste ne cèdent
rien. Finalement, le metteur en scène viennois se
tourne vers son studio et le convainc de financer ce projet
unique. Les pontes de la United Artist acceptent le script
et incitent les salles à exploiter le film sans visa.
Pour arriver à cette décision historique, ils
leurs tiennent le discours rabâché par Preminger
: "The man with the golden arm est unique et tabou, le
public curieux et fatigué par tant de censure va se précipiter
dans les salles pour découvrir ce pamphlet libertaire".
Evidemment, le pari sera gagné et à partir
de cette date l’influence de la MPA va peu à peu
décroître. Après deux décennies
de censure le code Hays sera mis aux oubliettes et la liberté artistique
reprendra une partie de ses droits en Amérique.
Ne
serait-ce que sur ce point, The man with the golden arm restera
un évènement majeur de l'histoire du
septième art. Mais, l'amour des cinéphiles
pour ce film va beaucoup plus loin et il est nécessaire
de revenir à sa genèse afin de mettre en relief
la créativité et la virtuosité de son
réalisateur.
Après avoir obtenu le feu vert du studio et des distributeurs,
Preminger démarre la phase de pré-production.
Il doit d’abord trouver le comédien au bras
d’or et a une idée précise de l’homme
qui pourrait interpréter ce rôle difficile.
Il envoie une version du script à Marlon Brando et
Frank Sinatra ; quelques jours plus tard son assistante lui
annonce que le crooner de Vegas accepte le projet. Il n’en
a lu qu’une partie mais est convaincu de sa qualité et
de son originalité (pour l’anecdote, Brando
n’a pas lu ce scénario que son agent ne lui
a pas transmis !). Otto Preminger apprécie la volonté du
chanteur et le rencontre. L’entente entre les deux
hommes est excellente et Sinatra signe ici sa plus belle
prestation, manquant de peu l’oscar remporté cette
année par Ernest Borgnine (Marty) !
Nul besoin
d’être élève au cour
Florent pour réaliser à quel point le comédien
s’est investi dans son rôle. Bien que n’ayant
aucune expérience significative avec la drogue, Sinatra
comprend son personnage : Frankie Machine est un homme perdu
dans une ville déshumanisée. A l’exception
d’un escroc de bas étage, il n’a aucun
ami. Autour de lui rôdent les flics, dealers, et autres
joueurs de poker prêts à l’exploiter jusqu’au
dernier souffle. Sa femme à moitié folle lui
fait porter la responsabilité de tous ses malheurs
et il ne lui reste que l’amour de la jeune Molly (Kim
Novak) pour tenter d’y croire encore. De ce personnage
complexe car toujours tiraillé entre sa dépendance
et sa volonté de rédemption, Sinatra apprécie
chacune des facettes. Il faut rappeler qu'à cette époque
le leader du Rat pack connaît une légère
baisse de popularité : au milieu des années
50, l'Amérique oublie ses crooners et se déchaîne
au son des riffs de guitare d’Elvis ou des hurlements
de Chuck Berry. Des similitudes existent donc entre l’artiste
en proie au doute et son personnage. Elles permettent à Sinatra
de s'emparer du rôle avec une passion non dissimulée
et d’apporter une finesse exemplaire au personnage,
grâce au talent d'interprète qu’il a acquis
sur scène. Jamais il ne tombe dans l’excès
larmoyant et cabotin dont font preuve de nombreux acteurs.
Au contraire il intériorise son jeu, utilise son regard,
sa démarche, toute sa gestuelle et impose une présence
fascinante à Frankie Machine. L’exploit de Sinatra
est d’autant plus remarquable, que de l’aveu
de Preminger, il n’avait nul besoin d’être
dirigé et, dans la plupart des cas, il était
parfait dés la première prise.
A l’opposé du talent inné de Sinatra,
la jeune Kim Novak était un diamant brut dont Preminger
s’est emparé pour en faire un joyau. A force
de travail (il lui fallait parfois 35 prises) il a su dompter
cette personnalité, ce visage, ce corps, et apporter à la
comédienne une nouvelle dimension artistique. Aux
côtés de Sinatra, Kim Novak dégage une
présence unique, un charisme mêlant sensualité et
force de caractère, que de nombreux réalisateurs
de renom ont su, par la suite, saisir pour la plus grande
joie des cinéphiles.
Preminger fait donc preuve de
son talent de directeur d’acteurs
en permettant au surdoué Sinatra et à la beauté Novak
de cohabiter sur le tournage. A côté de ce couple, ô combien
glamour, le cinéaste dont le passé théâtral
est évident, dirige sa troupe avec rigueur. Chacun
des comédiens est parfaitement crédible, que
ce soit Darren McGavin dans le rôle du dealer, Arnold
Stang dans celui de l’ami attardé ou encore
Eleanor Parker qui interprète la femme de Frankie.
Comme souvent chez le cinéaste, chacun de ces personnages
secondaires possède une forte caractérisation
et participe ainsi à la richesse et à la réussite
de L’homme au bras d’or.
Mais contrairement à certains réalisateurs
issus du théâtre (David Mamet aujourd’hui
par exemple) Preminger ne se contente pas d’être
un bon directeur d’acteurs et possède un style
visuel fort. Ainsi, dans L’homme au bras d’or,
il installe une caméra sur une grue et met au point
des mouvements ahurissants. Pour illustrer ce propos la scène
d’ouverture est idéale : dans une rue new-yorkaise
un bus entre dans le champ de la caméra. La porte
s’ouvre et Frankie Machine en sort. Il jette un regard
autour de lui et marche paisiblement sous le regard des badauds.
L’objectif de Preminger le suit dans un travelling
latéral de toute beauté. Son mouvement est
totalement fluide malgré la suractivité de
la ville. Après quelques dizaines de secondes jouissives,
le plan serre le dos de Frankie qui observe l'intérieur
d'un bar. Le regard du spectateur peut aussi se porter sur
cette scène que la séquence suivante nous offrira.
Magnifique !
Cependant la technique dans l'art
cinématographique
ne vaut rien si elle ne sert pas l'image. Contrairement à de
nombreux cinéastes de l'esbrouffe, Preminger utilise
ces mouvements pour caractériser ses personnages,
accentuer l'ambiance du décor et mieux plonger le
public au cœur de la dramaturgie. Pour mettre en évidence
ce propos reprenons ce premier plan : Frankie machine marche
sur le trottoir. Le long mouvement qui permet de le suivre
nous immerge dans l'activité citadine. Les rues new-yorkaises
sont débordantes de bruit et de fureur. Mais la démarche
tranquille de Frankie est en inadéquation avec cette
ambiance frénétique ! Dès sa descente
du bus, il est en déséquilibre avec son environnement … et
en danger. Ce tourbillon de vie et de fureur le happe et
impose d’entrée le caractère inéluctable
du drame à venir. Le plan se termine sur le regard
du héros derrière une vitre. On verra ensuite
qu'il y regarde un homme dépendant à l'alcool
dont s'amusent certains malfrats. Frankie observe cette scène
comme le miroir d’un passé contre lequel il
va devoir lutter. En deux plans fulgurants, Preminger a caractérisé son
personnage et défini son objectif.
La qualité de ce plan d’introduction est évidente
et pendant près de deux heures, le génie de
Preminger ne cessera de se manifester à travers d'autres
mouvements hallucinants et une utilisation constante de la
profondeur de champ. Cette technique qui consiste à offrir
une définition détaillée au spectateur,
tant dans le premier plan que dans les arrières plans,
permet d'enrichir le contenu des scènes. A ce titre,
nous retiendrons la séquence de l'incarcération
de Frankie et de son ami Sparrow filmés en premier
plan tandis qu'au fond un autre prisonnier hurle pour obtenir
un "fix". Alors que l’homme s’agite
en arrière
plan, la caméra se rapproche peu à peu de Frankie
et serre son visage crispé qu’il écrase
sur les barreaux de la cellule. Encore une fois, Preminger
exprime la dépendance de Frankie en un mouvement et
sans dialogue … Vous avez dit génie ?
Certes
L’homme au bras d’or possède une
histoire unique et laisse éclater le talent de Preminger
mais il serait injuste de tenter une analyse de l’œuvre
sans évoquer les noms de deux jeunes artistes : Saul
Bass et Elmer Bernstein.
Alors qu’il se consacre à la campagne publicitaire
de La lune était bleue, Preminger ne cesse
de protester devant le manque d’inventivité des ébauches
proposées. En feuilletant un magazine, il remarque
le travail d’un jeune graphiste publicitaire à qui
il décide de confier cette tâche urgente … Saul
Bass met ainsi les pieds dans le monde du cinéma.
Il n’en sortira plus ! Après ce projet, Preminger
lui demande de créer un générique pour
L’homme au bras d’or. L’artiste imagine
un bras tordu par la douleur pour représenter la thématique
du film. Cette image ainsi que quelques lignes barrant l’écran
suffisent à insuffler un style épuré et
moderne au film. Le résultat est splendide et séduira
d’autres auteurs comme Scorsese ou Hitchcock dont la
collaboration avec Bass donnera naissance à quelques
merveilles graphiques (Vertigo notamment).
D’autre part, quand on pense à L’homme
au bras d’or, on y associe souvent la musique d’Elmer
Bernstein. En 1955, il n’a que 32 ans et n’a
signé aucune bande originale majeure mais encore une
fois Preminger a repéré ce talent ! N’ayant
aucune intention de lui imposer ses goûts, il laisse
carte blanche au jeune compositeur qui propose une musique
jazz. Aujourd’hui cela peu paraître anodin mais, à cette époque,
aucun film important n’avait utilisé ce genre
de partition. De cette expérimentation naîtra
une bande originale magnifique utilisant une rythmique très
cuivrée. Le disque deviendra rapidement un standard
et Bernstein verra sa notoriété exploser. Par
la suite il signera d’autres scores inoubliables tels
que Les sept mercenaires, La grande évasion ou plus
récemment Loin du paradis de Todd Haynes. De son côté,
Preminger restera attaché à cet esprit Jazz
et proposera à Duke Ellington de signer la bande originale
d’Autopsie d’un meurtre (le jazzman y fait d’ailleurs
une apparition).
C’est donc sur les notes de Bernstein que cette analyse
prend fin. Chaque cinéphile trouvera en L’homme
au bras d’or de multiples trésors allant bien
au-delà des quelques points décrits ci-dessus.
Aujourd’hui, ce film dont la popularité n’a
jamais atteint des sommets doit être redécouvert
par les nouvelles générations. Sinatra, Novak,
Saul Bass, Bernstein ne bénéficiaient pas encore
d’une immense notoriété et c’est
au contact de l’alchimiste Preminger qu’ils ont
pu, chacun, inscrire leurs noms dans l’éternité.
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Inutile de
rêver … Même
si la collection Les films de ma vie a le
mérite
de participer à la
cinéphilie en éditant quelques titres de
qualité, le travail effectué sur ce DVD est
tout simplement… nul ! Dès les premières images,
on a l’impression que cette galette numérique
n’est qu’une copie de la VHS. Le DVD n’apporte
rien si ce n’est un chapitrage orchestré par
un boucher : 10 chapitres dont le découpage n’a
aucun sens ! Enfin, le boîtier du disque est proposé avec
une jaquette dont le graphisme est une insulte à Saul
Bass…
Image : inutile d’argumenter pendant des lignes.
L’image est tout simplement catastrophique. Aucun
contraste, une définition digne d’une bonne
vieille VHS, des griffures et points blancs en pagaille… etc.
!
Son : la qualité de la bande son est à la
hauteur de l’image. Bruits, musiques et dialogues étouffés
dans un mono plus qu’étriqué… Une
horreur !
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Cette section est composée d’une mini biographie d’Otto preminger. Ce document écrit qui aurait
pu être intéressant n’est malheureusement
pas assez conséquent et participe à l’opinion
négative que l’on peut porter à ce
DVD.
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