
Réalisé
par Anthony Mann
Avec James Stewart, June Allyson, Harry
Morgan, Charles Drake
Scénario : Valentine Davies et
Oscar Brodney
Musique : Glenn Miller
Photographie : William H. Daniels
Un film Universal
Usa - 1953 - 115 mn |

Zone
1
Universal
115 mn
Format cinéma : 1.85
Format vidéo : 16/9
Couleur
Langues : Anglais Dolby Surround 3.0
Sous titres : Français / Espagnol
Chapitrage et menu fixes |


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Glenn
Miller est un musicien sans le sou qui vaque d’orchestre
en orchestre. Son trombone est aussi souvent au bord de ses
lèvres que chez un prêteur sur gage de sa connaissance.
Glenn essaie en fait de trouver preneur pour les arrangements
qu’il compose lorsqu’il n’a plus son instrument
à disposition. Son rêve : trouver un ‘nouveaubbb
son’, "his own kind of music" ! Sur un coup
de tête, il épouse Helen, douce femme d’une
patience infinie, qui va devenir en même temps son inspiratrice
et son soutien. Le succès ne sera pas immédiatement
au rendez-vous mais un incident fortuit va l’obliger
à écrire un arrangement pour le moins inhabituel,
la clarinette ayant à tenir le premier rôle.
La suite on la connaît : ‘Moonlight Serenade’
va le propulser leader d’un des ‘Big Band’
les plus célèbres du monde. S’ensuivront
autant de standards mondialement célèbres tels
‘In the Mood’, ‘Tuxedo Junction’,
‘String of Pearls’, ‘Chattanooga Choo Choo’…
Engagé comme chef d’orchestre dans l’armée
pendant la Seconde Guerre Mondiale pour redonner le moral
aux soldats avides de sa musique, le capitaine Glenn Miller
disparaît tragiquement en décembre 1944 au dessus
de la Manche avec l’avion qui le transportait pour un
concert à Paris. Pour Helen, ses proches et son public,
il restera pourtant à jamais présent grâce
à sa musique. |
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Glenn
Miller fut sans aucun doute l’un des plus
prestigieux chefs d’orchestre américain, l’un
des premiers à avoir donné une place d’honneur
aux cuivres à l’intérieur d’un
ensemble destiné à faire danser la jeunesse
de l’époque. Le ‘Miller Sound’
est encore aujourd’hui aisément identifiable.
Moins de 10 ans après la disparition du célèbre
musicien, Universal sous la direction de Aaron Rosenberg
(fabuleux producteur, celui entre autres d’inoubliables
westerns tels Les affameurs, Je suis un aventurier,
L’homme qui n’a pas d’étoile…)
mit en chantier ce ‘biopic’ et ne s’en
mordit jamais les doigts puisque ce fut un fulgurant succès
commercial. Revue et corrigée par Hollywood, la vie
des célébrités (musiciens et chanteurs
surtout) a inspiré d’innombrables films souvent
interchangeables mais qui firent très souvent recette.
Au diable l’authenticité historique et la vraisemblance,
les intrigues ne servaient la plupart du temps que de prétextes
à des numéros musicaux plus ou moins nécessaires
à la progression dramatique. Les scénarios
étaient quasiment tous amovibles, juste assez simplistes
pour pouvoir y intercaler le plus de chansons ou morceaux
possibles, quitte à inviter des ‘guest star’
prestigieuses pour quelques minutes d’apparition à
l’écran. Le personnage principal partait toujours
de très bas pour, à force d’acharnement,
de volonté et de travail connaître une gloire
bien méritée : ‘The American Dream’
facile et à portée de toutes les bourses d’où
le succès quasiment toujours au rendez-vous de ces
biographies diablement fantaisistes. Concernant les vies
de musiciens, nous avions déjà eu à
faire avec James Cagney interprétant George M. Cohan
dans La glorieuse parade (Yankee Doodle Dandy)
de Michael Curtiz, Robert Alda jouant George Gershwin dans
Rhapsody in Blue de Irving Rapper, Cary Grant en
Cole Porter dans Night and Day de Michael Curtiz
à nouveau, Larry Parks dans la peau de Al Jolson
dans The Jolson Story de Alfred E.Green ou encore
Steve Allen dans The Benny Goodman Story pour n’en
citer que quelques unes.
Ce dernier film a d’ailleurs été réalisé
par Valentine Davies, scénariste qui a voulu surfer
sur la vague de l ‘extraordinaire succès de
Glenn Miller story qu’il avait lui même
écrit deux ans auparavant en compagnie de Oscar Brodney.
Pourtant, que possède de plus The Glenn
Miller Story pour demeurer aujourd’hui encore
le modèle inégalé de toutes les biographies
musicales de l’âge d’or hollywoodien alors
qu’il tombe lui aussi dans tous les travers cités
au paragraphe précédent ? Comment ce biopic,
sentimental au-delà de la bienséance, peut-il
encore réussir à émouvoir les nouvelles
générations ? Si en France, ce film demeure
encore assez peu diffusé, c’est un classique
aux USA, les Américains l’ayant heureusement
plébiscité encore plus que les autres films
du genre. Il faudrait le plus vite possible qu’il
en soit de même ailleurs car, contrairement à
ce qu’aurait pu laisser penser mon introduction, rares
sont les films aussi attachants que cette Romance inachevée.
Une œuvre qui apporte la preuve qu’un grand film
peut aussi exister sans nécessairement bénéficier
d’une belle mise en scène. Car oui, le talent
de Anthony Mann est loin ici d’être aussi flagrant
que par exemple dans les trois précédents
westerns qui composent le début du fabuleux quintet
tournés avec James Stewart, à savoir Winchester
73, Les affameurs et L’appât.
On se surprend même à plusieurs reprises à
trouver tel plan très laid, tel cadrage assez hideux,
telle scène paresseuse, dans un ensemble ‘stylistiquement’
assez terne. On a parfois même l’impression
que le réalisateur hésite et ne sait pas trop
où placer sa caméra (voir la scène
en extérieur lors du morceau ‘In the Mood’).
Si Glenn Miller Story avait été signé
par un simple et honnête artisan, nous ne nous serions
certainement pas offusqués pour si peu, mais de la
part d’un homme capable du formalisme le plus rigoureux
(Men in War) ou d’une perfection classique
tendant à l’épure (Les affameurs)
- films pour lesquels chaque idée de mise en scène
paraissait couler de source, d’une évidence
toujours aussi stupéfiante – il est permis
d’éprouver une petite déception purement
esthétique. Et pourtant, comme nous le disions ci-avant,
ce film procure néanmoins un plaisir et un enchantement
de presque tous les instants, si l’on excepte un flottement
de l’intrigue dans le dernier quart d’heure,
celui voyant Glenn Miller en tournée en Europe pendant
la Seconde Guerre Mondiale. Anthony Mann s’efface
en fait complètement derrière son sujet, son
scénario et ses acteurs, ne souhaitant certainement
pas se mettre en avant de peur d’affaiblir la dimension
humaine de son ‘héros’ ; tel quel l’ensemble
fonctionne à la perfection. Il faut dire que le couple
formé par l’inégalable James Stewart
et la douce June Allyson est l’un des plus attendrissants
jamais vu à l’écran. Il se reformera
d’ailleurs sous la direction du même Anthony
Mann pour Strategic Air Command en 1955.
Nous ne répéterons jamais assez que James
Stewart demeure l’un des plus talentueux acteurs jamais
apparus au cinéma et qu’il est l’un des
rares à pouvoir sauver même le plus mauvais
film par sa seule présence en tête d’affiche.
Dans le rôle de Glenn Miller, il excelle une nouvelle
fois et se révèle très convaincant
même le trombone à la bouche. Habillé
en soldat dans la scène ‘Chatanooga Choo Choo’,
on croirait presque voir le véritable musicien en
chair et en os. Sa partenaire n’a ici rien à
lui envier : l’adorable June Allyson, surtout connue
pour avoir été Constance Bonacieux dans Les
3 mousquetaires de George Sidney, nous touche constamment.
Son sourire angélique, son rire et sa voix cassée
ne sont pas étrangers au capital de sympathie que
dégage son personnage mais pas seulement ; le talent
de l’actrice est bel et bien présent. Helen
est un ange de patience et de discernement et June Allyson
en fait un personnage féminin au moins aussi important
que celui de Glenn Miller : la supériorité
de ce ‘biopic’ sur un tas d’autres pourrait
aussi venir de là, d’un rôle de femme
absolument jamais sacrifié. La comédienne
est formidable de compréhension quand sa nuit de
noces vient constamment à être repoussée,
elle est touchante quand elle avoue sa déception
à son mari de ne pas le voir poursuivre son but artistique
quitte à devoir un peu la délaisser, nous
voudrions l’embrasser lorsqu’elle sort de sa
poche l’argent économisé qui manquait
justement à la formation du Band, elle ne se démonte
pas quand les échecs du début de carrière
et de tournée se suivent à répétition,
elle respire le bonheur quand, pour leurs dix ans de mariage,
son époux désormais célèbre
lui offre sa nouvelle chanson dont le titre est le numéro
de téléphone qui les a conduit devant monsieur
le Maire, ‘Pennsylvania 6.5000’… Et quel
adjectif pourrait-on trouver pour décrire à
quel point elle est formidable dans la scène finale
! Je défie quiconque de ne pas pleurer à chaudes
larmes en découvrant cette dernière ; elle
continue à fonctionner de la même manière
même à la dixième vision.
Une scène qui montre néanmoins que, malgré
une certaine fadeur ‘artistique’ de l’ensemble,
un vrai réalisateur était derrière
la caméra. Après une ellipse qui évite
tout pathos, la mort de Glenn Miller nous étant apprise
par l’intermédiaire d’officiers militaires
peu touchés par la nouvelle, Mann ayant évité
aussi de nous montrer l’annonce de la tragédie
à son épouse, nous nous retrouvons quelques
jours après, le soir de Noël. Helen est entourée
par ses enfants et les amis de sa famille. Triste comme
il se doit, elle éclate en sanglots avant que l’émission
hommage que lui rend la radio vienne à commencer.
Mais une surprise posthume l’attend sur les ondes
: Anthony Mann ne quitte désormais presque plus jusqu'au
mot ‘Fin’ le visage en gros plan de l’actrice
et, sans dévoiler de quoi il en retourne (même
si on ne peut pas appeler ça un spoiler), on suit
les émotions diverses qui se reflètent sur
son touchant visage comme si cette femme nous était
très proche. Au doux désespoir, vient se superposer
un sourire nostalgique, amoureux et profondément
émouvant sur fond de la chanson ‘Little Brown
Jug'.
Une autre séquence rappelle aussi que nous n’avons
pas affaire au premier venu, celle à mi-film, au
cours de laquelle, Glenn Miller doit réécrire
un arrangement de ‘Moonlight Serenade’, son
tromboniste s’étant ouvert la lèvre.
Moment crucial qui sera à l’origine du succès
instantané de Glenn Miller et de son groupe : Glenn
va enfin trouver et pouvoir expérimenter son propre
‘son’ en attribuant le rôle de ‘leader’
à la clarinette soutenue sur la même note par
un saxophone, ce duo supporté harmoniquement par
3 autres saxophones. Cette scène est constituée
par deux lents travellings arrière, le premier partant
de la partition et s’élevant tout doucement
pour cadrer la chambre de l’artiste en plein travail.
Fondu enchaîné sur un second travelling partant
de la clarinette pour embrasser l’ensemble du groupe
et de la salle de bal ; les danseurs qui vont finir par
tomber sous le charme inhabituel de cette musique faite
d’un mélange de swing, jazz et improvisation,
et lui faire un triomphe à la toute dernière
note du morceau.
D’autres motifs de se réjouir, outre un scénario
très bien écrit et qui cumule les scènes
oh combien grisantes et (ou) émouvantes, un délicieux
bœuf improvisé sur ‘Basin’ Street
Blues’ par Louis Armstrong, Gene Krupa et Cozy Cole,
‘Chatanooga Choo Choo’ chantée par Frances
Langford et Les Modernaires, un court métrage voyant
danser les Archie Savage Dancers… Sinon, à
l’actif du seul Anthony Mann (après l’avoir
bien mis à mal en début de texte), une formidable
direction d’acteurs et un sens inné de l’ellipse
qui nous fait éviter bien des clichés. Quand
à la direction musicale, elle est parfaite et remportera
même un oscar, celui du ‘Best Sound Recordings
of a Musical’. Si nous entendons certains enregistrements
originaux du Miller Band, les autres ont été
arrangés par le talentueux Henry Mancini qui connaissait
très bien cette musique pour avoir été
pianiste et arrangeur pour le Glenn Miller Orchestra de
l’après-guerre.
Le ‘biopic’ étant un exercice particulièrement
difficile à réussir surtout si le sujet est
particulièrement adulé et malgré les
innombrables inexactitudes historiques, on peut dire que
ce film est une bien belle réussite qui devrait plaire
au plus grand nombre, même aux non-amateurs de films
musicaux. Un magnifique et enthousiasmant hommage à
ce musicien profondément humain, mais avide de perfection,
et à sa musique !
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Si
le film est superbe, il n’en est malheureusement
pas de même du DVD qui lui sert d’écrin.
Ce n’est pas qu’il soit techniquement mauvais,
au contraire, la compression est presque invisible et c’est
déjà une très bonne chose, mais la
copie ayant servi au master a quelques années de
vol. Si le résultat n’empêche jamais
de pouvoir apprécier convenablement le film, il faut
prévenir les plus pointilleux qu’ils auront
de quoi se plaindre. Le fabuleux technicolor de William
Daniels est vraiment passé et la colorimétrie
varie selon les scènes et même parfois à
l’intérieur d’une même séquence.
En gros, la majorité des scènes a tendance
à tirer soit sur le rouge, soit sur le vert mais
ça s’arrange un peu au fur et à mesure
qu’avance le film. Dès la première scène,
on sent que la définition est très fluctuante,
certains gros plans étant quasiment flous. Les imperfections
ne sont pas absentes non plus de cette copie, les plus nombreuses
étant les points bleus ; ceci dit, la copie est relativement
propre question artefacts. En résumé, niveau
image, c’est vraiment très moyen sans pour
autant être scandaleux.
Côté sonore, heureusement pour un film relatant
la vie d’un musicien aussi célèbre,
ça se tient plutôt bien. Sans atteindre des
sommets, le film datant de 50 ans, la bande son est tout
à fait correcte, les cuivres rutilants pouvant résonner
tout à fait correctement dans un ensemble très
clair.
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Ayant affaire à un DVD basique avec menu et chapitrage
tout ce qu’il y a de plus fixes, les suppléments
font aussi partis des abonnés absents. Seule une
partie recommandations nous montre sur un même écran
trois jaquettes de DVD présentant trois autres
‘biopic’ dont The Benny Goodman Story
ou Blue Skies. Rien d’autres à se
mettre sous la dent !
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