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Réalisé par
Jack Lee Thompson
Avec Lauren Bacall, Kenneth More, Herbert Lom,
Wilfrid Hyde-White
Scénario : Robin Estridge d’après une histoire de Patrick Ford
Musique : Mischa Spoliansky
Photographie : Geoffrey Unsworth
Un
film Rank Organisation
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PVB
editions
124 mn - DVD 9
Zone 2
Format cinéma : 2.35
Format vidéo : 16/9
Langues : Anglais / Français
Sous-titres : Français
Son : Français DTS ou DD 5.1
/ Anglais stéréo 2.0
Chapitrage et menus animés |


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"Les
Indes. Les frontières du Nord-Ouest. 1905. Un pays divisé par
maintes religions. Des hommes trouvent fortes raisons
pour s’entretuer :
la cupidité, la soif de vengeance, la jalousie ou encore l’adoration d’un même
dieu sous des noms différents. Des Musulmans fanatisés s’assemblent sur les collines.
Leur objectif, tuer un enfant de 6 ans
parce qu’il est prince et futur chef de son peuple. Son père, le Maharadjah a
fait appel aux anglais pour qu’ils emmènent l’enfant à Haderaba,
ville-frontière, et de là, à Delhi où il sera en sécurité." Le capitaine Scott (Kenneth
More) réquisitionne alors un train qui devra traverser 500 kilomètres en terrain
hostile. L’accompagnent la gouvernante américaine de l’enfant (Lauren Bacall),
un journaliste anti-colonialiste (Herbert Lom), un trafiquant
d’armes, la femme du gouverneur et un dignitaire anglais. L’aventure peut alors
commencer… |
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Jack
Lee-Thompson ! De prime abord le seul nom du réalisateur ne m’engageait guère à découvrir
ce film d’aventures anglais
des années 50. Pourtant, malgré toutes les réserves qui
vont être émises par la suite, Aux frontières des
Indes fait partie des films les plus regardables
de ce piètre cinéaste. Il faut dire qu’en France, nous
ne connaissons son oeuvre qu’à partir des années 60 et
l’étonnant succès de l’insipide Les canons
de Navarone. Auparavant, il avait tout de même mis en scène
14 autres films dont ce "western aux Indes". Pour
pouvoir apprécier ce dernier, il vous faut donc absolument
ne plus penser à cette impressionnante liste de films
médiocres
qui a suivi, de Les nerfs à vif à Kinjite en
passant par les sommets de ridicule que constituent Le
mystère des treize et autres L’or de MacKenna. Mais ne nous acharnons
pas plus longtemps sur cette sinistre filmographie et
revenons à cette sorte de Chevauchée fantastique transposée
aux Indes au début du siècle, un film qui, malgré ses
nombreux défauts, possède le mérite non négligeable de
ne presque jamais ennuyer le spectateur.
Les
10 premières minutes, quasi-muettes,
sont vraiment impressionnantes et laissaient présager un
film beaucoup moins conventionnel qu’il se révèlera être.
Le film débute par l’assassinat du père du futur prince
après que les rebelles aient envahi le palais avant d’y
mettre le feu Un travelling arrière part du monarque en
gros plan, le visage livide, pour s’élever et le découvrir
encerclé par les Musulmans qui viennent de faire irruption
dans la salle du trône :
un mouvement de caméra vraiment très réussi et qui se termine
par la mort du monarque transpercé par une dizaine de sabres.
Les scènes et plans suivants montrent la fuite du jeune
prince, l’attaque et le siège d’Haderaba sans presque qu’aucune
parole ne soit proférée. Ce long prologue mouvementé est
soutenu par une partition qui acquiert toute son ampleur
dans ce superbe démarrage mais qui se fera malheureusement
trop discrète par
la suite ; une partition signée Mischa Spoliansky,
espèce de symphonie "malhérienne", mélange d’éléments
bouffons et de grandeur romantique. Après quelques envolées
superbement grandiloquentes,
un silence brutal correspondant à un changement de point
de vue se révèle encore être une
idée de mise en scène qui fonctionne à merveille ;
ce plan d’ensemble voyant le palais princier se consumer
possède une force exceptionnelle par la brusquerie du silence
qui se fait. Une utilisation judicieuse de l’image (superbe
scope et photographie de Geoffrey Unsworth) et du son qui
va se raréfier au fur et à mesure de l’avancement du film.
Le film se poursuit avec encore quelques scènes spectaculaires à la
figuration impressionnante avant que l’on entre à l’intérieur
des appartements du gouverneur de la ville où le calme
règne encore à ce moment-là.
Nous prenons alors connaissance de la situation, qui jusqu’à présent
ne nous avait pas été plus explicitée, et des personnages
qui vont ensuite devoir prendre place à bord d’un vieux
train et traverser des centaines de kilomètres à travers
des paysages désertiques et grandioses mais extrêmement
dangereux.
Puisque ce film
a parfois été comparé à Stagecoach, le wagon remplaçant ici la
diligence, nous constatons d’emblée que les personnages
sont aussi typés que dans le classique de Ford, la différence étant
que, malheureusement, leur évolution
psychologique n’a pas lieu au cours de ce voyage qui
aurait pu être initiatique ; tels ils sont au départ, tels
ils seront à l’arrivée. L’odieux trafiquant d’armes, l’honnête
officier britannique, le conducteur hindou à la langue
bien pendue, la courageuse gouvernante, la femme du gouverneur
patriote n’auront pas profité de cette aventure pour se
voir enrichis par le scénario bien mené, mais finalement
sans aucune originalité, de Robin Estridge. Cela n’aurait
pas été bien grave si la mise en scène de Jack Lee-Thompson
avait été constante et si la virtuosité du début avait
perduré tout du long. C’est pourtant loin d’être le cas.
Alors que, outre le début déjà évoqué, certaines autres
séquences méritent d’être signalées, toutes les scènes
dialoguées sont platement filmées,
assez inintéressantes et cassent le rythme du récit d’autant
plus que les dialogues ne sont pas forcément mémorables
et que la direction d’acteur laisse à désirer, certains
des interprètes faisant le strict minimum (Lauren Bacall,
Kenneth More), les autres en profitant pour en faire plus
qu’il ne fallait tels Herbert Lom (dont on devine dès sa
première apparition qu’il sera le "méchant" du film)
ou les insupportables acteurs français et indiens, respectivement
le vendeur en armement joué par Eugene Deckers et le conducteur
du train joué par I.S. Johar, ce dernier censé amener une
touche d’humour à un film qui en manque cruellement. On
ne peut donc pas dire que les personnages nous tiennent
en haleine par leur charisme ou leur charge émotionnelle
(le même défaut se retrouvera dans Les
canons de Navarone).
Les séquences qui resteront sont celles
pleines d’un suspense digne d’Hitchcock du train immobilisé à la
sortie d’un tunnel, les rebelles musulmans s’approchant
irrémédiablement pour l’attaquer et cette autre assez étouffante
de la découverte d’un charnier survolé par des rapaces
dans une gare perdue au milieu d’étendues désertiques.
Cette dernière est certainement la plus célèbre du film
et pourtant c’est elle qui annonce déjà le côté le plus
racoleur et déplaisant des œuvres futures du cinéaste,
la complaisance à filmer l’horreur et (ou) la violence.
Si les premières images de la découverte du massacre sont
stupéfiantes, Lee-Thompson s’appesantit beaucoup trop longtemps
dessus et elles finissent par perdre toutes leur force
en dévoilant le plaisir coupable du cinéaste à les faire
durer plus qu’il ne le faudrait. Une autre séquence de
pur suspense, celle de la traversée d’un pont en partie
détruit au-dessus d’un abîme impressionnant, possèdera
les mêmes défauts, Lee-Thompson se servant avec jubilation
du malaise créé par la présence d’un enfant qu’il met toujours
en mauvaise posture, le diabolique Musulman fanatisé tentant
de mettre fin à ses jours à de nombreuses reprises. Contrairement à Peckinpah,
Fuller ou Aldrich, le cinéaste anglais ne tient aucun discours
sur la violence, il la filme avec une délectation rapidement
décelable qui rendent ses séquences assez malsaines. Rien
de grave cependant pour Aux frontières des Indes qui ne se veut pas autre chose qu’un film
de divertissement mais beaucoup trop de détails qui plombent
un film à grand spectacle et à gros
budget, qui
aurait vraiment pu être passionnant sans ces maladresses
et lourdeurs qui culminent dans la scène d’attaque finale
du train par les Musulmans (qui fait encore
une fois penser à la scène d’attaque de la diligence par
les indiens dans Stagecoach). Ici, le réalisateur abdique
toutes les règles élémentaires de la grammaire cinématographique
et avec son monteur nous propose une scène d’une non-fluidité totale,
les faux raccords étant légions, le montage faisant arriver
les cavaliers une fois à gauche, une fois à droite de l’écran
alors que le train fonce irrémédiablement toujours dans
la même direction. On comprend évidemment la scène mais
ce trop plein d'esbroufe nous fait penser à ce
qui se passe aujourd’hui beaucoup trop souvent dans le
cinéma américain d’action, à savoir la non-lisibilité de
nombreuses scènes mouvementées à cause d’un montage souvent
haché qui sert souvent à cacher une absence de véritable
mise en scène.
Mais ne dégouttons pas plus une grande
majorité de spectateurs moins pointilleux en ce qui concerne
l’aspect purement formel d’un film (et ils n’ont peut-être
pas tort) et qui trouveront à coup sûr l’occasion ici de
grandement se divertir. Il suffit de lire les nombreux
commentaires positifs des internautes sur la fiche IMDB
et mêmes les critiques de l’époque, souvent en faveur du
film, que l’on retrouve dans les bonus du DVD pour le deviner.
Enfin, pour ceux qui se poseraient la question de savoir
si le film prend une position colonialiste ou anti-colonialiste,
citons une phrase lancée à mi-parcours par le personnage
voulu très sympathique par le scénariste, la très "gentille"
femme du gouverneur : "La moitié du monde
n’est
civilisée
que grâce à nous" et rappelons que Herbert Lom
tient le rôle du ‘bad-guy’, fanatique musulman au regard
démoniaque.
Mais ce n’est que pure convention et tout le monde sait
que des films comme Les trois lanciers du Bengale, malgré ce côté déplaisant, demeurent
de véritables merveilles. Ce ne devrait donc pas être cet élément
qui empêchera de prendre du plaisir à la vision du film
surtout que la dernière phrase prononcée par le jeune Prince
enfin arrivé à bon port est assez surprenante et nous fait
encore plus regretter le côté banal de l’ensemble, mais
je vous la laisse découvrir : une conclusion assez "hustonienne" !
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Les
amateurs du genre peuvent se réjouir car le petit éditeur
PVB a encore fait du très bon travail. Malgré un certain
manque d’éclat des couleurs (quelques secondes mêmes
assez ternes) et une compression qui se montre visible
de temps à autre (saccades, grains et fourmillements
sur certains plans d’ensemble, brillances sur quelques
séquences un peu sombres comme celles à l’intérieur
du wagon surtout en début de film) l’ensemble est d’excellente
qualité. La copie est remarquablement conservée, peu
d’artefacts sur la pellicule, une définition de très
bonne tenue et un scope compatible 16/9 qui fait plaisir à voir
surtout que les quelques diffusions télévisées avaient
pour la plupart recadré le film. Pour ne rien gâcher,
les sous-titres blancs sont très discrets mais inamovibles
sur la VOST.
Niveau
son, rien à signaler, c’est absolument sans
aucun défaut.
Les puristes de la VF doivent savoir qu’en plus de
la piste en dolby digitale 5.1, une piste DTS leur
est offerte donnant aux scènes d’actions un relief
extraordinaire.
Signalons
au passage que le dvd est sorti avec la possibilité de choisir
entre deux jaquettes très différentes.
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Excellent travail de l’éditeur qui ne nous propose en
revanche que très peu de bonus mais était-ce
vraiment nécessaire d’en mettre plus ? Le
menu principal s’inscrit avec en arrière-fond
une carte géographique de l’itinéraire
suivi par le train au cours du récit. Le chapitrage
est animé et sonorisé par la musique du film.
Les bonus proposés sont 6 filmographies assez conséquentes
mais dispatchées sur un trop grand nombre de pages,
celles de Jack Lee-Thompson, Herbert Lom, Kenneth More,
Lauren Bacall, Wilfrid Hyde-White et Eugène Deckers
; 3 affiches du film ; une quinzaine de photos
de plateau ou d’exploitation peu intéressantes ; des
critiques pour et contre de l’époque, les
positives étant 5 fois plus nombreuses que les 3
critiques négatives très virulentes. Peu
de choses en définitive mais il fallait aller les
dénicher alors que certaines majors ne se fatiguent
pas autant pour des films bien plus réputés.
Merci à Kevin Prin & Dvdrama pour les copies d'écran
;-)
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