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Réalisé par Stanley
Kubrick
Avec George C Scott, Peter Sellers,
Sterling Hayden, Keenan Wynn,
Slim Pickens, Peter Bull, James Earl Jones, Tracy Reed
Scenario : Stanley Kubrick, Terry Southern
& Peter George
Musique : Laurie Johnson
Photographie : Gilbert Taylor
Montage : Anthony Harvey
Un film Columbia Pictures
USA - 92' - 1968
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Zone
2 - DVD9
Format 1:66
Langues : Anglais / Français /
Espagnol / Italien / Allemand
Ss-titres : Anglais / Français
N&B - Mono d'origine
Menus sonores et animés (timidement,
mais avec talent) |


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Etats-Unis
- Années 60. Le Général Ripper,
commandant fou furieux d'une base aérienne ordonne
à sa flotte - armée d'ogives nucléaires
- de bombarder plusieurs points stratégiques d'URSS,
de peur que les Russes ne polluent "les précieux
fluides corporels" de ses concitoyens. Alertés
par un officier anglais, les plus hauts dignitaires politiques
et militaires américains se réunissent dans
la salle stratégique de l'Etat-major US pour contrecarrer
cette crise qui risque de dégénérer en
un holocauste fatal : la fin de toute vie sur terre. |
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Film
noir et blanc, mais surtout film noir, très noir
Dr Folamour est un diamant tranchant et sombre, à
l'humour désespéré - à l'image
de la vision souvent cynique qu'aura eu Stanley Kubrick
de l'Humanité au travers de sa filmographie. Hilarant
mais sans pitié, le constat dressé par le
réalisateur de Lolita évite pourtant tous
les écueils du film à thèse grâce
à une mise en scène millimétrée
et un script d'une rare intelligence.
1958. Peter George, ancien Lieutenant de la Royal Air Force,
développe dans son roman Alerte Rouge un
scénario cauchemardesque de fin du monde suite à
une crise nucléaire entre les deux grandes puissances
des sixties. Aidé du scénariste Terry Southern,
Kubrick rachète les droits de ce roman sérieux
et réaliste, chamboule tout et tire le script vers
la comédie noire et déjantée.
Idée de génie : l'épée de Damoclés
minutieusement ciselée par Kubrick a d'autant plus
d'impact qu'elle joue sur le rire. Un rire jaune, certes.
Mais un rire éclatant : peu de films regorgent autant
de répliques cultes ("Gentlemen, you can't fight
in here. This is the war room"), de dialogues étourdissants
de drôlerie (la théorie de Dr Strangelove,
préconisant une vie sous terre avec un ratio de 10
femmes / homme - et la réaction de Turgidson) et
de situations totalement frappadingues au sein d'un contexte
pourtant hautement dramatique...
Mais le film ne serait rien sans le génie comique
tout bonnement ahurissant de Peter Sellers, qui trouve là
sûrement un de ses plus grands rôles, si ce
n'est son plus grand. Méconnaissable selon qu'il
joue Mandrake, Muffley ou Strangelove, Peter Sellers fignole
chaque personnage avec amour - avec un sens rare de l'accent,
il habite littéralement chaque scéne et fait
taire tous ceux qui lui ont reproché un jour ou l'autre
un certain cabotinage. Alternant sobriété
(le président Muffley) et incroyable sens de l'improvisation
(le monologue final de Strangelove et son " zieg heil
"), le futur inspecteur Clouseau porte le film sur
ses épaules. Pour vous faire une idée du potentiel
comique de l'acteur, précipitez-vous sur la 86' minute
du film (+ 50 secondes) - et notez comment Peter Bull (l'ambassadeur
russe Alexi de Sadesky) essaie vainement de retenir son
fou rire face à la prestation de l'immense Peter
Sellers. Une merveille !
Ce serait toutefois faire injure au reste de la distribution
que d'oublier de rendre hommage à George C.Scott,
Sterling Hayden ou Slim Pickens, tous grandioses et qui
trouvent chacun ici l'occasion de plusieurs scènes
mythiques. A noter aussi que le film marque la première
apparition d'un tout jeune James Earl Jones (que l'on retrouve
dans le making-of).
Heureux James Earl Jones, qui aura donc tourné avec
le Maître : Stanley Kubrick. Kubrick qui réalise
ici un de ses chef-d'uvres, un film où l'on
retrouve son sens du cadrage (les scènes de la War
Room lui permettent de dessiner toutes sortes d'arabesques
proprement renversantes de beauté), une photographie
éblouissante de Gilbert Taylor, toute en noirs et
blancs superbement contrastés - ou encore une utilisation
passionnante de la musique mais aussi des effets spéciaux
qui finalement passent plutôt bien les ans.
Le tout emballé avec un sens du suspens que l'on
avait déjà pu apprécier dans l'Ultime
Razzia, une maestria comique entrevue dans Lolita
et une maîtrise des scènes d'action et de guerre
qui anticipe la carrière à venir de Kubrick.
Si vous croyiez avoir la quintessence Kubrickienne avec
le coffret Warner 8 DVDs de Stanley Kubrick, vous voilà
marron. Outre ses premiers films, il vous manquerait aussi
et surtout ce Dr Strangelove, un de ses films les
plus cyniques, les plus caustiques, mais aussi les plus
brillants. Un must !
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D'une
qualité plutôt correcte pour un film de l'époque,
le master n'est pour autant pas exempt
de tout reproche, loin de là. Griffures et autres
micro-saletés tâchent l'écran de temps
à autre, notamment sur les plans de maquettes. De
même, certains points blancs se révèlent
plusieurs fois assez gênants sur un film aux noirs
si marqués (chapitre 6 - 17' 26'').
Restent un noir et blanc magnifiquement contrasté
et une compression très correcte, malgré du
grain sur certaines séquences. A noter enfin que
la fin du film (scène de Slim Pickens chevauchant
la bombe), souvent très abîmée sur la
copie cinéma circulant en France, est ici très
bien restaurée et nous est enfin offerte sans saute
intempestive : alors qu'il manque même certains plans
dans la version cinéma, la scène est ici parfaitement
restituée.
Tout à l'honneur d'une copie DVD qui déçoit
un chouia mais est ce si important : elle ne comptait quoi
qu'il en soit pas rivaliser avec les copies des films de
ces dernières années.
Du côté de vos enceintes,
aucun reproche à faire à la copie, qu'elle
soit en VF ou en VO. Sans être extraordinaire, la
bande son évite tout souffle et rend même avec
clarté l'ambiance toute particulière de la
"War Room", toute en échos feutrés.
Comme d'habitude, nous préconiserons bien sûr
la piste VO, ne serait ce que pour rendre hommage au génie
de Peter Sellers (il FAUT entendre le Dr Folamour prononcer
"slaughtered" à la fin du film
).
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Making-of
(46') : superbe documentaire, très fouillé
et regroupant de nombreux collaborateurs de Kubrick au moment
du film, ce making-of regorge d'anecdotes passionnantes.
Autant d'informations précieuses sur les méthodes
de travail du réalisateur de Shining, ses lubies,
son perfectionnisme quant aux décors ou à
l'interprétation. Le documentaire permet ainsi d'en
apprendre plus sur le conflit qui opposa Kubrick et Sellers,
suite à la blessure de ce dernier lors d'une répétition.
Mais aussi sur la fameuse dernière scéne -
coupée - une immense bataille pâtissière
dans la War Room (seuls quelques photogrammes nous sont
malheureusement présentés - et non pas la
scène dans son intégralité). Ou encore
des infos sur les conséquences qu'eut l'assassinat
de Kennedy sur le film
Passionnant.
L'Art de Stanley Kubrick (23')
: Intéressante introduction à l'uvre
pré-Folamour de Kubrick. Sans commune mesure avec
A Life in Pictures, mais vaut amplement le coup d'il
pour un résumé concis et précis de
son début de carrière !
Deux très belles bandes-annonces.
Les interviews d'époque de Peter
Sellers et George C. Scott. Ne serait ce que pour ce bonus,
au premier abord bien fade (détrompez-vous !), le
DVD est indispensable. Basé sur un principe d'interview
de l'époque (écran en split screen : l'intervieweur
à gauche, l'interviewé à droite, tous
deux au téléphone), voici Scott mais surtout
Sellers se prêtant au faux jeu de l'interview téléphonique.
L'occasion pour Sellers de se lancer dans une improvisation
complètement folle d'accents divers et variés.
Un document unique, émouvant et désopilant.
Galerie d'affiches et filmographies
sélectives.
Le tout présenté en VOST.
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