
|
Réalisé par Federico
Fellini
Avec Marcello Mastroianni, Anita Ekberg,
Anouk Aimee, Magali Noël et Alain Cuny.
Scénario : Federico Fellini,
Enno Flaiano, Pier Paolo Pasolini, Tullio Pinelli et Brunello Rondi
Musique : Nino Rota
Photographie : Otello Martelli
Italie – 1960 – 2h46
|

Zone
2 - DVD9
Format : 2.35 16/9 compatible 4/3
Langues : Français et Italien
Sous-titres : Français et Français
sourds et malentendus
|


|
Chroniqués
par DvdClassik :
Pas d'autres Fellini chroniqués
|
|
|
|

|

Marcello, journaliste autant que paparazzi (terme par ailleurs
inventé depuis la sortie du film, du nom d’un
des journaliste appelé Paparazzo), est à l’affût
de ragots pour sa revue. Ses virées dans Rome vont
l’amener à découvrir les recoins de la
faune de la capitale Italienne. |
|
 |
Comme
nous le rappelle Michel Ciment dans un des bonus
présent sur cette édition, Federico Fellini
est un cinéaste quasi-religieux. Les nuits de
Cabiria et surtout Il Bidone témoignaient
à la fois de son goût pour la satire et sa
fascination vis-à-vis de la religion. A ce propos,
il est amusant de noter à quel point Fellini pose
le décor et les enjeux du film dès l’ouverture
de celui-ci : on y voit une statue représentant le
Christ, rattachée à un hélicoptère,
volant au dessus et s’éloignant progressivement
de la capitale Italienne. La Dolce Vita est à
l’image de cette statue : Fellini va d’emblée
se distancer de tout ce qui fondait son cinéma jusqu’alors
en remettant en cause et la société dans laquelle
il vit et sa manière d’appréhender le
cinéma.
Le cinéma de Fellini n’a jamais rien raconté,
ou si peu. La Dolce Vita, un de ses films les plus
célèbres avec 8 1/2, ne déroge
pas à la règle. Fellini nous offre d’emblée
de suivre les facéties et extravagances du personnage
principal de son film. En effet, Marcello, incarné
avec toujours autant d’intériorité et
de minimalisme par Marcello Mastroianni, se déplace
dans l’espace comme le spectateur qui découvre
le film. Ceci est d’autant plus frappant que son métier
de journalisme lui impose d’être constamment
aux aguets, à l’affût du moindre détail
croustillant.
Le film, tout comme Roma par exemple, n’offre
point de rattachement possible au spectateur, point de personnages
sur lequel ce dernier pourrait s’identifier tant Fellini
aime nous mener par le bout du nez dans son labyrinthe cinématographique.
Le film peut donc logiquement être considéré
comme une espèce de voyage dans le Rome actuel, voyage
ponctué selon les moments du film par la musique
(visible à l’écran par l’entremise
de musiciens jouant de leurs instruments), qu’elle
soit rock, Jazz ou bien de Chambre.
C’est à n’en point douter le sentiment
d’égarement que ressent le spectateur à
la vision du film qui est à l’origine du scandale
qu’il a provoqué. Si certains ont clamé
à l’époque que La Dolce Vita
était un film sur la débauche, nul doute que
les détracteurs du film se sont sentis gênés
par la maîtrise de Fellini, et ce peut-être
de façon inconsciente. Mais cette forme très
éclatée ne fait en fait que refléter
un fond et un propos en totale adéquation avec la
mise en scène. Comment ne pas voir en La Dolce
Vita une dénonciation du fascisme, du figement
de la société Italienne de l’époque?
: La Dolce Vita appartient à la catégorie
de film qui tentent de nous prendre par la main pour nous
emmener sur des terrains inconnus; au risque de laisser
nombres de spectateurs sur le bord de la route. Film audacieux,
cette qualité peut se révéler être
par instants un défaut : car oui, La Dolce Vita,
tantôt fascine, intrigue, ennuie.
Ces imperfections laissent supposer que le film est à
considérer comme une œuvre transitoire, de celle
où l’artiste se cherche afin de conquérir
de nouvelles terres d’inspirations et de créations.
De création, il en sera effectivement question dans
son film suivant, considéré comme son plus
grand, 8 ½.
La Dolce Vita ressemble donc à
un disque que l’on connaît par cœur ou
bien à un recueil photo de sa famille. Un objet dans
lequel on aime se perdre, s’aventurer même si
l’on en connaît beaucoup de détails (parfois
anthologiques). Le DVD semble avoir été crée
pour voir des films comme celui-ci sortir sur ce format.
Le chapitrage du film épouse brillamment les courbures
scénaristiques du film, le spectateur pouvant s’y
aventurer comme il l’entend.
Un film que l’on peut donc voir à son gré,
revoir certaines scènes sans ordre particulier, celles
que l’on aime. Bref, en faisant un montage personnel,
en créant sa propre Dolce Vita.
|
|
|
|