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Yagyu Retsudo joue son va tout et envoi aux trousses d’Itto son dernier enfant qu’Itto n’ait pas défait, la redoutable Kaori. Mais l’experte en couteau fait long feu devant l’invincible loup solitaire. Retsudo, à bout, va alors aller chercher au fond de la forêt son fils bâtard, le maléfique Hyoei, qu’il a abandonné à l’âge de 5 ans. Ce dernier refuse de tuer Itto pour le compte des Yagyu, mais veut accomplir cette tâche afin que son clan d’adoption, les Tsujiguma, prennent la place des Yagyu dans la hiérarchie shogunal. Adepte de magie noir, il lance aux trousses d’Itto trois terribles guerriers qu’il ramène du territoire des morts… |
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Image
: Le chroniqueur, harassé par de longues journées consacrées
à écrire ce papier, doit bien avouer qu’il n’a
trouvé ni le courage, ni le temps, de revoir les six films dans
leur intégralité pour la seule critique technique. L’avis
donné ci-dessous fait donc fi du moindre professionnalisme et se
base sur une vision en diagonale de films, sur quelques scènes
clefs piochées au gré des films (scènes de nuit,
de brouillard, de combats bien entendu…) afin de se faire une idée
de la qualité technique de l’édition que nous propose
Wild Side. Un très beau menu animé, propre à chaque
épisode, ouvre le film. Une musique hypnotisante et le lettrage
rouge qui se découpe sur le noir et blanc de l’image, nous
plongent immédiatement dans l’univers sombre de la saga.
Il est rapidement évident que l’édition Wild Side
n’a pas à rougir du très beau travail d’HK lors
de la précédente sortie de la série. Si les couleurs
semblent un peu moins éclatantes, sur les autres aspects techniques
le chat qui miaule dépasse même nos espérances. Si
l’état parfait de la copie ne nous surprend pas (les films
bénéficient de nouveaux masters restaurés, et les
éditions HK étaient déjà quasiment parfaites)
la qualité de la définition et surtout une compression impeccable,
élément qui pêchait bien souvent chez Wild Side, nous
enchantent. Les contrastes sont très poussés et les scènes
de nuit donnent des noirs profonds sur lesquels se détachent impeccablement
couleurs et sujets. Ces contrastes donnent également aux scènes
de jours des contours très tranchés et une définition
d’une grande finesse. Si l’on excepte quelques scènes
où un léger flou se fait ressentir (mais il faudrait chercher
plus avant afin de savoir s’ils sont d’origine), Wild Side
nous offre une édition splendide, qui plus est dotée de
nouveaux sous-titres.Son : L’unique version originale proposée est d’une beauté à couper le souffle. Il semble que Wild Side ait poussé la dynamique par rapport à l’édition HK, ce qui n’enlève rien à la clarté des différentes sources : voix, musique, chocs des lames, chairs découpées, râles, hurlements, cris d’agonies, gargouillis d’hémoglobine… Si on ressent dans les moments les plus barbares une petite saturation du son, l’ensemble est magnifique et ne déplore nul souffle ou parasite. |
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Livret de 80 pages
: Nicolas Rousseau, journaliste et critique de cinéma (Simulacres
déjà cité plus haut) est l’auteur de ce texte
passionnant de bout en bout. Il nous parle de l’art graphique de
Kojima et du passage d’un médium à l’autre,
de la version américaine tronquée rebaptisée Shogun
Assassin (sous l’auspice de Roger Corman) et plus largement
de l’influence de la saga sur le cinéma hollywoodien, puis
se concentre longuement sur le jeu et la biographie de Tomisaburo Wakayama.
Rousseau montre à quel point l’influence de l’acteur
donne une certaine spécificité à la saga filmique.
Sa stature très éloignée de celle du personnage dessiné,
son charisme, transforment en profondeur le personnage d’Itto. Rousseau
fait même de la saga une affaire de famille en rappelant le rôle
prépondérant de Shintaro Katsu dans la naissance cinématographique
de Baby Cart. La part belle de ce livret est ensuite
consacrée à un historique du cinéma de genre japonais
et de ses maisons de production. Détaillée, précise,
remplie d’informations, cette vision panoramique se concentre sur
les films de samouraï en n’oubliant jamais de lier les films
à l’histoire féodale du japon et à la spécificité
de la voie du samouraï. Rousseau revient ensuite sur la représentation
de la violence dans la saga, thème de son article précité
paru dans Simulacres. Pour qui n’a pas lu cette passionnante
analyse, ces chapitres sont le véritable cœur du livret. Une
biographie très complète de Kenji Misumi, accompagnée
d’une analyse de son œuvre, ferment le tout en compagnie de
deux plus courtes de Kojima et Koike. Si l’on ajoute à la
richesse du texte une iconographie magnifique, dont quelques extraits
des planches de Kojima, on tient clairement ici un modèle de livret
d’accompagnement.
Lame
d’un père, l’âme d’un sabre
(52 mns) - A travers les interventions de Kazuo Koike, Masanori Sanada
(producteur), Buichi Saito (Baby Cart 4), Kazuma Nozawa
(biographe de Misumi), Mitsuaki Tsuji (assistant réalisateur),
Seiichi Sakai (assistant monteur), Fujio Morita (chef opérateur
de Baby Cart 5) et Yoshiyuki Kuroda (Baby Cart
6), ce long documentaire passionnant retrace la genèse
et la fabrication de la saga. Naissance de Katsu Pro., relation s de Shintaro
Katsu et Tomisaburo Wakayama, rôle de Misumi comme père spirituel
réglant les conflits entre les deux frères, l’accent
est mis sur l’importance des deux géants sur la série.
Wakayama qui vient du kabuki et qui excelle au judo, tourne ainsi Baby
Cart vers le passé du chambara, alors même que Misumi
entend conquérir le public (il veut sortir de l’enfer de
la télévision et retrouver le succès) par des déferlements
sanglants qui rompent avec la représentation classique de la violence
dans le genre, suivant en quelque sorte la voie tracée par Akira
Kurosawa. Le documentaire s’étend ainsi longuement sur l’évolution
du chambara au sein de la production cinématographique japonaise.
Mais l’essentiel des interviews consiste en une captivante évocation
des secrets de tournages et de l’importance de chaque participant
à la réussite et à l’originalité de
la saga. De Toshio Tanigushi, admirable monteur dont l’influence
sur Baby Cart est primordiale, à Kazuo Miyagama,
chef opérateur de Rashomon et de Baby
Cart 4, dont Buichi Saito fait l’éloge, en passant
par le travail des tateshis (chorégraphes), c’est une vision
d’un véritable travail d’équipe où chaque
membre apporte son savoir-faire et son inventivité. Bien sûr
Kenji Misumi demeure la personnalité la plus influente de la série
en compagnie de Kazuo Koike dont la collaboration est longuement évoquée.
Un documentaire indispensable, complet, accompagné d’extraits
et de photos de tournage, qui retrace avec brio la naissance d’un
mythe.Kenji Misumi, un père et passe (14 mns) - Kazuma Nozawa, biographe de Misumi, retrace le parcours de ce cinéaste passionnant. Il éclaire entre autre l’œuvre du réalisateur par trois années de captivité en Sibérie à l’issue de la guerre 39/45, événement qui marque profondément l’homme et qui provoquera en lui un dégoût de la guerre (un thème qu’il n’a jamais abordé au cinéma) et nourrira sa vision de la violence au cinéma. Nozawa brosse le portrait d’un homme psychologiquement dur, intraitable dans ses rapports avec les studios, créateur exigeant et perfectionniste. Il nous parle de la collaboration du réalisateur avec son équipe technique attitrée, la "Misumi-gumi", son écoute constante aux propositions de ses collaborateurs. Nozawa évoque ensuite la place de Misumi au sein de la Daiei, et son statut de "réalisateur féminin". La fin du documentaire est consacré aux relations conflictuelles du cinéaste avec son père. Fils d’une geisha, il ne pouvait vivre avec elle, et ce drame intime marque fortement son cinéma et notamment Baby Cart avec les rapports complexes qui se tissent entre Daigoro et son père. 14 minutes très riches menées par un Nozawa qui semble intarissable sur le sujet. Frank Miller et Baby Cart (10 mns) - Jean-Paul Jennequin, historien de la bande dessinée, nous parle de l’influence du Japon et du manga sur les auteurs de Comics américains, et notamment sur Frank Miller, le plus prestigieux, le plus génial de tous (avec Chris Ware, bon, là je m’écarte carrément du sujet…mais il est toujours bon de rappeler l’importance du bonhomme). Le personnage du samouraï est la matrice de nombreux héros de Miller, de Ronin à Wolverine, en passant par Dark Knight, sa formidable relecture de Batman. Jennequin nous dévoile un Frank Miller initiateur de la vague manga en Occident. Loups
solitaires (13 mns) - Dans la première partie du
documentaire, consacrée une nouvelle fois à une biographie
de Misumi, Denis Brusseaux et Fabrice Arduini complètent intelligemment
l’intervention de Nozawa. Puis leur propos se concentre sur la figure
du héros solitaire dans l’œuvre du cinéaste,
à travers les personnages de Zatoichi, de Tuer
!, de La Lame diabolique et bien sûr d’Ogami
Itto. Les deux chroniqueurs étudient les conceptions philosophiques
et morales du réalisateur à travers ces figures héroïques.
L’analyse, éclairée et pertinente, est accompagnée
d’un savoureux montages d’extraits, montage qui fait parfois
se répondre les personnage sortis de différents films.Tuez (9 mns) - Nicolas Rousseau, à travers six exemples, nous explique le travail de transposition du manga au film. Il analyse précisément la construction des planches et du mouvement interne de la bande dessinée, et les met en rapport avec leur mise en scène cinématographique. Découpage, cadre, rythme sont subtilement analysés dans les deux médiums, et Rousseau nous donne là une véritable leçon de mise en scène, brillamment illustrée par une réalisation qui sait capter et souligner chaque explication du journaliste. . Un supplément indispensable, peut-être le plus passionnant de ce coffret ! Galeries photos - Une galerie est proposée pour chacun des films, composée de captures, de photos d’exploitation et de l’affiche originale. Bandes-annonces des six films. - Très belles, magnifiquement rythmées, entrecoupées de planches du manga, ces bandes-annonces sont saisissantes de modernité. Six petites perles rythmées par la musique pop d’ Hideaki Sakurai. Liens internet |
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