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De
jeune gens nantis, qui font partie de la bourgeoisie italienne, entreprennent
une croisière en Méditerranée. Au cours d’une
escale sur île volcanique, une jeune femme disparaît. Sandro,
son fiancé, et Claudia, son amie, tentent de la retrouver. Peu
à peu pourtant, cette disparition cesse des les obnubiler. Quelque
chose de l’ordre du sentiment amoureux s’ébauche entre
ces deux êtres… |
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Telle
une nouvelle bataille d’Hernani, la présentation
houleuse de L’Avventura au festival de Cannes,
cuvée 1960, contribua à scinder le monde cinéphile
en deux camps : celui des tenants du classicisme et celui des trublions
de la modernité. Le sixième long métrage de Michelangelo
Antonioni, suscita en effet autant de louanges béâtes que
de rejets épidermiques. Conspué avec véhémence
pendant la projection, puis récupéré par des critiques
et des cinéastes bien décidés à faire valoir
ses qualités révolutionnaires, L’Avventura
cristallisa les débats sur le devenir d’un art qui avait
fait de la narration son enjeu principal. Mais de quoi est-il question dans cet apparent portrait de la jeunesse bourgeoise italienne ?
Le cinéma moderne, tel que le pratique Antonioni et une poignée de ses contemporains, (citons pèle mêle, Resnais, Godard, Pasolini, le jeune Bertolucci, Glauber Rocha, etc.) s’attache à démontrer ce qui advient quand le récit « classique », hérité du modèle aristotélicien, ne préside plus à la destinée du film. Libéré de ces contraintes narratives pesantes, le cinéaste peut, en principe, amener son spectateur sur des terrains inédits.
Antonioni n’a pas attendu Zabriskie Point pour filmer le désert. Qu’il soit géographique, ou métaphorique, le désert antonionien précise le projet du cinéaste : rendre manifeste la condition de l’homme moderne. L’Avventura suit des personnages, en plein désert affectif, qui hantent des lieux désaffectés sur lesquels ils n’ont aucune prise. Avec le cinéma moderne, la nature perd de sa superbe. Elle n’est plus la manifestation d’une présence divine, mais l’illustration de la perte de sens du réel. Majoritairement athée, le cinéma moderne a fait sienne la sentence nietzschéenne : « Dieu est mort ». La séquence de la recherche d’Anna témoigne avec force de ce sentiment d’incertitude qui irradie tout le film. Les personnages se cognent au bord du cadre, se laissent engloutir par des faux raccords qui rendent impossible toute perception organisée de l’espace traversé. Sandro et Claudia se détachent, puis se fondent dans le paysage lunaire et rocheux de l’île, avant d’y être éjectés définitivement. Antonioni joue parfaitement avec l’échelle des plans et les entrées et sorties de cadre, pour rendre oppressante l’errance de ses personnages déphasés (au moins autant que le spectateur qui tente de se repérer spatialement dans cette succession pour le moins abrupte de plans).
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Son : comme à son habitude, l’éditeur
ne nous propose pas de nouveau mixage risquant de dénaturer l’œuvre,
mais un très beau mono d’origine, d’une totale clarté.
Son : dialogues, bruits, musique, rien
à redire sur le mixage soigné de l’ensemble. L’éditeur
nous donne le choix entre une très bonne version mono restaurée
et une version remasterisée en 5.1., si certains sont tentés
par l’expérience. Le film est présenté uniquement
en Version originale sous titrée français, seule version
que je connaisse - avec la Version originale sous-titrée en anglais
proposée par Criterion.
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1er disque : Audio commentary : sans laisser un instant de répit au spectateur, le critique Gene Youngblood expose l’importance historique du film, se livrant à une véritable explication de texte. On peut ne pas apprécier ce type d’analyse, mais elle offre l’avantage - pour les anglophones - de débroussailler quelque peu le terrain. 2ème disque :
- Theatrical trailer : comme il est dit plus bas, cette bande-annonce donne en effet l’impression qu’on nous vend Et Dieu Créa la Femme. En dépit de quelques parasites, elle est en assez bon état et présentée en 16/9. - Restoration demonstration : ce module d’un peu plus de trois minutes raconte les difficultés qu’a dû affronter l’équipe de restauration au moyen de comparaisons en split-screen : de la création du master haute définition à la restauration plan par plan. Cinq mois de travail pour le résultat que l’on connaît. Menu fixe.
Encore une fois, pour ceux qui connaissent l’édition Criterion, une comparaison s’impose. Si ce Zone 2 est moins complet, saluons les efforts fournis par Montparnasse en terme d’exhumation d’archives et de conception.
Document d’archives « Storia di un autore », (8 mn) : les commentaires de Monica Vitti et de Michelangelo Antonioni se superposent à des images fixes et mouvantes du film et de son tournage. Le plus intéressant demeure néanmoins la petite séquence loufoque du « jeu du cordonnier », absente du montage final du film. Pour tout ceux qui pensent qu’Antonioni est un sinistre bougre dénué d’humour. Entretien avec Michelangelo Antonioni, (11 mn) : interviewé pour la télévision française, sous l’œil de Monica Vitti, Antonioni revient, dans un français impeccable, sur les enjeux modernistes de son film. Cinéma, cinéma « Monica », (9 mn) : l’actrice s’arrête sur les rapports qu’elle a entretenu avec l’auteur de L’Avventura, qui fut, un temps, son compagnon. Bande originale : un grand moment comique involontaire. Il s’agit de la bande annonce internationale du film. Question : comment appâter le chaland avec une œuvre aussi exigeante que L’Avventura ? Réponse : en se focalisant sur la dimension supposé érotique du film. En résulte une bande annonce sensationnaliste, au montage « coup de poing » et au commentaire orienté. A noter également la présence d’un livret de 22 pages retraçant l’expérience épique que constitua le tournage du film, et un beau packaging au graphisme soigné. Les éditeurs zone 2 auront mis du temps avant de nous proposer
un film de Michelangelo Antonioni. Il est souhaitable que ceux qui s’occuperont
des autres longs métrages du Maestro, le fassent avec autant d’application
que Les éditions Montparnasse, auteurs d’un fort bel ouvrage. |
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