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Dans
le Londres bourgeois des années 1930, Lotty Wilkins, jeune femme
délaissée par son mari suite à la popularité
littéraire naissante de ce dernier, fréquente le Hampstead
Housewives Club où elle fait la connaissance de Rose Arbuthnot,
une autre épouse se sentant négligée par son conjoint.
Elle convainc cette dernière de partir en villégiature dans
un château italien pour y trouver la paix de l'esprit et la liberté.
Deux autres femmes, membres de la noblesse anglaise, vont se joindre à
elles, et les devanceront même pour prendre possession du lieu.
La cohabitation se révèle ardue au premier abord mais le
climat local, la chaleur pittoresque des autochtones et les confidences
échangées vont briser la glace. Les deux épouses
auront bientôt la surprise de voir arriver leurs maris dans des
conditions légèrement rocambolesques et, grâce à
la magie de ce lieu enchanteur, retrouveront la foi en l’amour. |
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Avril
enchanté est la première adaptation au cinéma
de The Enchanted April, un essai écrit sous la forme d’un
journal intime par Elizabeth Von Arnim en 1922. La romancière anglaise,
née en Australie et mariée à un noble prussien rencontré
en Italie, a connu une popularité immédiate dès la
parution de son premier ouvrage, Elizabeth and Her German Garden
en 1898, un récit inspiré de sa vie en Allemagne. Suite
au décès de son époux, elle se mariera une seconde
fois avec un aristocrate britannique après avoir eu une liaison
avec H.G. Wells alors qu’elle avait élu domicile en Suisse.
The Enchanted April fut joué au théâtre une
première fois à Broadway en 1925 et remporta un grand succès.
Cette pièce fait désormais partie de la culture populaire
anglo-américaine et ne cesse d’être jouée depuis.
En toute logique, il ne fallut pas attendre bien longtemps avant qu’un
producteur hollywoodien décidât de la porter à l’écran. La
RKO confia la réalisation du film à Harry Beaumont. Aujourd’hui
ce nom ne parle plus à personne. Pourtant son rôle à
Hollywood, dont il fut réellement l’un des pionniers, ne
fut pas accessoire. D’abord acteur et scénariste, Beaumont,
né au Kansas en 1889, trouva finalement sa voie en tant que metteur
en scène en 1915. Il voyagea de studios en studios, travaillant
successivement chez Edison, pour la Vitagraph, la Essanay, avec Samuel
Goldwyn, puis pour la Fox, la Warner ou bien encore MGM. Il connût
sa période de gloire dans les années 1920 pendant lesquelles
il se trouva à la tête de quelques productions de prestige
comme Main Street (1923), Babbitt (1924),
Le Beau Brummel (1924) avec John Barrymore ou Our
Dancing Daughters (1928), une comédie musicale "muette"
qui révéla la mythique Joan Crawford. Pionnier, Harry Beaumont
le fut aussi dans ce genre tellement hollywoodien. Car, suite au succès
de ce film, la MGM fit appel au réalisateur pour diriger en 1929
la première comédie musicale sonore, The Broadway
Melody, qui remporta d’ailleurs l’Oscar du Meilleur
Film. The Broadway Melody fut une œuvre séminale
puisqu’elle devait connaître plusieurs déclinaisons
jusqu’à la fin des années 30. La transition de Harry
Beaumont du muet au parlant fut néanmoins un échec, son
patronyme ne devant plus être associé à des grandes
productions ou à des triomphes populaires. Il signa une série
d’adaptations mineures de pièces jouées à Broadway
et quelques films policiers de série B jusqu’en 1948, date
de sa dernière réalisation.Bien plus qu’un film réalisé par Beaumont, il faut voir en Avril enchanté une petite production destinée à mettre en valeur l’actrice Ann Harding. A l’orée des années 1930, Harding fut une véritable star qui s’était imposée dans le cinéma muet suite à ses débuts à Broadway en 1921. Elle 1931, elle remporta même l’Oscar de la Meilleure actrice pour son premier rôle dans Holiday (1930) d’Edward H. Griffith. Malgré quelques jolis succès, pour la plupart des mélodrames, à l’exemple des Conquérants (1932) de William Wellman ou de Femme d’honneur (1933) de Gregory La Cava, son étoile va dépérir peu à peu principalement en raison de la concurrence avec d’autres actrices au charisme bien supérieur telles que Constance Bennett, Irene Dunne et surtout Katharine Hepburn, comme l’explique avec malice Serge Bromberg dans sa présentation du film. Le public se souviendra finalement d’Ann Harding pour sa participation au fameux Peter Ibbetson (1935), premier chef-d’œuvre d’un jeune réalisateur nommé Henry Hathaway. ![]() Qu’en est-il donc de cet Avril enchanté réalisé par Harry Beaumont et avec comme vedette Ann Harding ? On pourrait dire que sa plus grande qualité est sa durée, à savoir 66 minutes. Le temps passé à bailler devant ce somnifère rose bonbon est donc moins long que si l’on avait eu à faire à une production de 90 minutes, simple logique mathématique. Ann Harding joue - ou bien l’est-elle réellement ? - une femme dont la nunucherie associée à une naïveté désarmante finit par désespérer. Gauche, rêveur et tristement évanescent, son personnage de blonde fadasse ne possède aucune aspérité sur laquelle s’accrocher, aucune profondeur psychologique
qui puisse permettre
un minimum d’identification. A côté d’elle, deux
autres jeunes femmes presque autant dénuées de personnalité
peinent à proposer du répondant. La vieille aristocrate
qui passe son temps à citer des hommes illustres pourrait peut-être
faire sourire si ses mimiques et son jeu bien trop théâtral
ne suscitaient pas une certaine crispation chez le spectateur. Autour
de cet aréopage féminin qui provoquerait une crise cardiaque
chez la moins engagée des féministes, les quelques personnages
italiens s’agitent comme de grands enfants immatures ; ils prennent
même peur devant un chauffe-eau, bijou de la technologie moderne.
L’évocation de la beauté du paysage italien destiné
à souder les âmes et les cœurs de ce petit monde n’empêche
donc pas un certain paternalisme, assez désuet et dérangeant
aujourd’hui. Et les hommes ? A peu près tous des irresponsables,
pas un pour sauver l’autre. Mellersh Wilkins, l’époux
d’Ann Harding, est un personnage que la célébrité
a rendu égoïste et coureur. Il est interprété
par Frank Morgan, seul acteur d’ailleurs qui surnage dans ce film,
on se souvient de sa performance dans le rôle-titre du Magicien
d’Oz (1939) et dans The Mortal Storm (1940)
de Frank Borzage. Henry Arbuthnot est un avocat petit-bourgeois, pédant,
prétentieux et rempli d’autosatisfaction, le spectateur cherche
toujours ce que son épouse énamourée peut lui trouver.
Joué par le comédien anglais Reginald Owen, aperçu
dans Anna Karénine (1935), The Great Ziegfeld
(1936) ou Le Trésor de Tarzan (1941), il ajoute
un peu de piment à une plat bien dénué de saveur.Pour se montrer moins méchant envers les comédiens, on avancera que le matériau d’origine, du moins son adaptation pour qui n’a pas lu le roman original, reste pauvre et inintéressant. Si cette œuvre littéraire et théâtrale jouit d’une telle considération outre-Atlantique, il doit bien y avoir une raison sérieuse. On la cherche toujours ici. Le manque de développement des personnages et des enjeux dramatiques,
qui sont pourtant dignes d’intérêt, est particulièrement
criant. La durée courte du film ne doit pas en être la seule
cause, l’impression que le résultat aurait été
similaire avec une demi-heure de plus ne nous lâche pas. En 1992,
The Enchanted April est porté une deuxième fois
à l’écran sous la direction de Mike Newell. Ce nouveau
film dure 35 minutes de plus et bénéficie de la présence
de comédiens doués et sensibles tels que Miranda Richardson,
Josie Lawrence, Joan Plowright, Alfred Molina et Jim Broadbent. Le résultat
final s’en ressent heureusement, sans toutefois nous ôter
de l’esprit la même impression de superficialité et
de mièvrerie. Ou bien l’auteur de ces lignes est complètement
rétif à ce type de mélodrame ouaté et petit-bourgeois
dans lequel des femmes de bonne famille se prélassent dans un cadre
idyllique en se prenant le bourrichon pour pas grand-chose. La mise en
scène de Beaumont, impersonnelle, purement fonctionnelle et sans
aucune originalité, ne sauve même pas de l’ennui qui
point dès les premières minutes. Le début du film
aurait pu faire penser que le film allait faire appel à une construction
en flash-back. Même pas.Si les spectateurs souhaitent se tourner
vers ce type de sujet et de narration et le "woman’s pictures"
conjugué au pluriel, deux grands films leur tendent les bras :
Chaînes conjugales (1949) de Joseph Mankiewicz
et L’Attente des femmes (1952) d’Ingmar Bergman. |
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![]() Image : La copie présentée par ce DVD est relativement propre et bien conservée. Les quelques défauts récurrents - points blancs et petites rayures - ne sont pas de nature à gêner considérablement la vision du film. On relèvera néanmoins des plans assez abîmés, des problèmes de variation lumineuse, et des transitions en fondus enchaînés régulièrement marquées par des scories à l’image. Rien à dire sur les contrastes pour une photographie de toute manière sans génie aucun. Le défaut de ce master vient surtout du manque de définition. Le réducteur de bruit a encore frappé… L’éclairage du film, plutôt tamisé d’origine, n’apprécie pas trop. Quant à la compression, elle est loin d’être optimale et souvent mal assurée avec des artefacts dans les mouvements. On ne va pas trop enfoncer l’éditeur, le confort de visionnage n’est pas trop altéré. Néanmoins, Montparnasse retombe dans ses travers. Son : Quelques petits scratches parcourent régulièrement la bande-son. La piste sonore est ancienne, peu dynamique et avec des ambiances étouffées. Cependant, absolument rien de sérieux ne vient gêner la compréhension des dialogues. |
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![]() Pour seul supplément, nous retrouvons l’habituelle présentation (2’38’’) de Serge Bromberg, directeur de Lobster Films. Celle-ci se lance automatiquement avant le film, au démarrage du DVD. Bromberg traite succinctement de la carrière d’Ann Harding, comédienne toute destinée à jouer dans des mélodrames bourgeois. Il n’aborde malheureusement que peu le parcours du réalisateur Harry Beaumont. Une fois n’est pas coutume, même le jovial et dynamique Serge Bromberg semble peu convaincu par l’œuvre qu’il est en train de nous présenter. C’est dire la qualité de cet Avril enchanté… |
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