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Test dvd

Wanda

DVD - Région 2
Mk2
Parution : 28 / 4 / 2004

Image

On se retrouve devant une compression parfois approximative, une définition pas toujours exempt de défauts et par moments imprécise (une impression de flou sur certains plans larges, un grain très prononcé, des arrière-plans qui fourmillent) ainsi que des contrastes peu appuyés. Un master globalement moyen. A noter par contre que par rapport à certaines images montrées dans les suppléments, elle s’en tire avec les honneurs tant celles-ci paraissent délavées, rayées et ayant une dominante de couleurs chaudes jaunâtres du plus horrible effet. Quant au format, l’image est dans son ratio 1.33 d’origine.

Son

Rien de particulier, ni de mémorable. Le film ne se prête pas à une avalanche d’effets en tout genre et la spatialisation des dialogues dans l’enceinte centrale fait que l’on comprend toujours les dialogues sans avoir à tendre l’oreille, mais il faut légèrement pousser le son. Une VO très discrète donc. A noter que le film est proposé dans sa version originale sous-titrée, et pour les anglophones qui le désirent, on peut aussi le voir en VO pure sans sous-titres. Une belle initiative qui change des sous-titres imposés.

Suppléments

MK2 Editions fournit une édition éditoriale de qualité qui se penche sur le processus créatif ayant entouré la réalisation de Wanda. Deux DVD qui offrent une interactivité complète sur le film. Une petite introduction avec la voix de Michael Higgins murmure un : "Wanda ?"

Le premier disque contient le film proposé en VOSTF et VO sans sous-titres ainsi que la préface de Phillippe Azoury, d’une durée de cinq minutes. L’historique, les enjeux globaux de la fiction sont dessinés.

L’essentiel, et le plus intéressant, se trouve sur le second disque, avec des suppléments qui se veulent riches sans être incompréhensibles ou lourds. Au programme :

Une interview de Isabelle Huppert - 23’10 : La plus grande actrice française (parfois n’ayons pas peur des mots ;-) ) se confie devant la caméra quant à ses sentiments vis-à-vis du film, dont elle explique le rapport quasi intime qu’elle entretient avec. Elle rappelle qu’elle fut amenée à racheter les droits de Wanda, dont Marguerite Duras dans un premier temps voulut s’enquérir, afin de le distribuer en France, car il y était inédit jusqu’en 2003. Dithyrambique, l’actrice livre ses impressions sur le personnage de Wanda et sur la femme Barbara Loden. En des termes élogieux comme "film originel", elle insiste sur son importance et son influence sur le cinéma américain. Passionnante d’un bout à l’autre elle convaincrait presque les détracteurs de se replonger dans le film toute affaire cessante, afin de le revoir. Elle sait rester humble devant une œuvre qui manifestement la fascine. Son intervention est entrecoupée de courts extraits. Elle donne enfin une interprétation pertinente des différences entre le cinéma pré 70 et le cinéma post 70. Un document riche.

The Mike Douglas Show - 14’20 : Extrait d’une émission de télévision américaine datant de 1972 comptant comme invités Yoko Ono et John Lennon en compagnie de Barbara Loden venue parler de son film. Yoko dévoile son amour du film et fait des parallèles avec sa propre vie, du fait qu’elle soit elle aussi la femme d’une grande célébrité. Barbara Loden apparaît ravissante et parle de sa rencontre avec les deux artistes. On sent par moments une actrice détachée, minée par une certaine amertume, tandis que le présentateur rapporte presque tout en terme de box office et de recettes, étonnant quand on sait qu’il fut un échec commercial et distribué dans une seule salle aux Etats-Unis. A la fin, le Yoko Ono’s Band entame une chanson avec John Lennon à la guitare, Yoko Ono au chant et Barbara Loden aux percussions.

Scènes commentées - 27’ : Quatre scènes du film commentées par le journaliste du quotidien Libération, Philippe Azoury, qui se livre au difficile exercice de l’analyse filmique. Autour de quatre séquences renvoyant les principales idées et thèmes développés par Barbara Loden dans le film, il explique en quoi certains plans reflètent des idées de mise en scène précises, un jeu d’acteur particulier, et une ambiance de travail qui correspond à un format et à un mode de production très précis. Un bon complément qui reste accessible au plus grand nombre.

Extrait de l’émission CinéCinéma de 1982 - 6’ : Elia Kazan évoque face à la caméra en plan fixe ses souvenirs du film et sa rencontre avec sa seconde épouse Barbara Loden qui semble l’avoir beaucoup marqué et dont il garde l’image d’une certaine complicité alors que l’on sait qu’ils n’ont pas toujours eu des rapports très cordiaux surtout dans le virage de la fin des années 60.

Enfin un Entretien avec Barbara Loden réalisé à Venise en Septembre 70 par Michel Ciment, rédacteur en chef de la revue Positif - 19’ : Document sonore, probablement enregistré en mono, dont le souffle continu force à augmenter le volume. On distingue un bruit de fond tout du long, ce qui est assez gênant, mais le document est sous-titré en français. Articulé autour de cinq chapitres, on peut le consulter à l’envie dans l’ordre que l’on souhaite. La cinéaste revient sur la genèse du film, son approche du personnage, sur ses origines sociales ouvrières, la région dans laquelle elle a grandit, où elle se sentait un avenir banal tout tracé. La mise en scène fut quelque chose de difficile pour elle, tant elle devait s’occuper de tout, ce qui rajoute à la difficulté surtout pour un premier film. Elle parle aussi de ses influences et autres choses autour de la création d‘un film que l‘on a parfois appelé "La Nuit du Chasseur de Barbabra Loden".

Une belle édition donc, qui permet de (re)découvrir un film plutôt rare qui nécessite au moins deux visions.

Par Jordan White - le 13 avril 2004