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Test dvd

Un chien qui rapporte, La Chaleur du sein

DVD - Région 2
Mk2
Parution : 12 / 5 / 2004

Image

Le design des menus est dans le standard de tous les DVD MK2. On peut trouver dommage à la longue cette standardisation qui semble ne pas souffrir d’exception, mais le design étant sobre et de bon goût, on aura mauvaise grâce à s’en plaindre.
Avec le choix de DVD 9 pour des programmes qui ne dépassent à peine deux heures il serait dommage que la compression soit visible. Ce n’est heureusement pas le cas, et de ce côté-là on ne peut rien reprocher à MK2 qui fait un travail de report numérique toujours soigné. Pour Un chien qui rapporte, l’image est de qualité fluctuante comme si la copie provenait d’un assemblage de plusieurs éléments disparates. Même si Bromberg n’en fait pas mention, c’est probablement le cas. On ne peut pas être exigeant pour un film de 1931 fort peu vu depuis… Idem pour La Chaleur du sein qui nous présente le lot de rayures, points blancs, etc. Mais tout ceci est fort regardable car le contraste est plutôt bon et la netteté de l’image plus qu’honorable. A noter, pour ce dernier, le fait que la copie est constituée de l’assemblage du meilleur matériel issu d’une copie française et d’une copie sous-titrée en allemand. On pourra donc constater l’incroyable travail de restauration qui a consisté sans doute à désincruster les sous-titres en question.
A noter que, curieusement, le site officiel de la collection présente Un chien qui rapporte comme un film perdu reconstitué à partir de 4 copies, alors que Bromberg n’en dit pas mot. En revanche, ce dernier nous parle de 2 copies pour La Chaleur du sein considéré comme perdu, tandis que le site ne le mentionne même pas. J’aurais tendance à croire Bromberg.

Son

Pour Un chien qui rapporte il y a manifestement un problème de son qui est enregistré à un niveau assez bas, et dont la qualité est fluctuante. C’est malheureusement assez typique des premiers films parlants français. En revanche le travail de restauration du son effectué par l’équipe de Lobster sur La Chaleur du sein est tout à fait convaincant et permet de suivre le film sans aucun ennui de compréhension tout en conservant la patine traditionnelle du son d’avant-guerre. Restaurer sans dénaturer, telle est la devise réaffirmée de Lobster au fil des années.

Suppléments

C’est là que le bât blesse.

On nous annonce un coffret sur Arletty, actrice majeure du cinéma français ayant joué dans des films à la réputation mondiale ! Ce n’est pas rien, tout de même ! Et voilà qu’après un choix curieux de films mais tout à fait intéressant et défendable, l’éditeur continue à semer la confusion dans les esprits les moins curieux, en faisant un choix de suppléments qui (à l’exception de deux d’entre eux) ne présentent qu’un intérêt tout à fait limité voire même discutable. C’est assez inhabituel de la part de MK2 qui aurait gagné à annoncer un seul DVD double-programme d’inédits ou raretés sans supplément notoire que ce qui ressemble ici à du remplissage.



DVD 1 :

Préface de Serge Bromberg 2’45’’
Le sémillant Bromberg a le vent en poupe chez les éditeurs de DVD. Il fait le même travail de préface que sur la collection RKO de poche (Editions Montparnasse) et il le fait bien, comme à son habitude ! Montrant de l’enthousiasme même pour les films où il est parfois difficile de s’enthousiasmer, sans toutefois mentir ni ‘surpromettre’, il apporte son lot d’informations et d’anecdotes, dans un temps relativement court, et ce, de façon fort judicieuse. On ne dira jamais assez le bien que ce jeune homme fait à la cinéphilie dite ‘naphtalinée’ (comme on a l’habitude de la surnommer sur ce site).

Entretien avec Arletty 14’45’’
Nous sommes conviés à un entretien fort peu informatif, enregistré en 1988 à l’occasion de l’inauguration d’une rue Arletty à Courbevoie, ville de naissance et de résidence d’Arletty. Si ce document ne présente pas un intérêt cinéphilique renversant, il montre néanmoins toute la modestie et le naturel du personnage. Incapable de se reconnaître le moindre talent personnel, elle va jusqu’à dire que la fameuse réplique d’Hôtel du Nord, "Atmosphère, Atmosphère, est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?" aurait eu autant d’impact si elle avait été dite par une autre, et que tout tient à la qualité du dialogue d’Henri Jeanson... Ce qui apparaît, bien sur, comme un excès de modestie. Vieille personne attachante qui pense que on l’admire par pitié pour sa cécité, et qui ne comprend pas qu’on lui voue un culte alors que des scientifiques tentent de lutter contre le sida ("çà c’est important !"), et qui regrette que le cinéma actuel manque d’auteurs, car elle place le "‘Verbe" au dessus de tout. Elle n’a pas été femme de théâtre pour rien. Petit portrait attachant sur le ton de la confidence et de la banalité, qui révèle une âme éprise de liberté.

Frivolités (1929) 11’10’’
De l’art de vouloir faire du remplissage avec des suppléments qui ont un semblant de cohérence… Il s’agit donc de montrer sous forme d’un reportage en partie mis en scène et que ne renierait pas le journal de TF1, les frivolités de la mode de 1929, pour ces "créatures" qui tentent de séduire vos maris, mesdames ! Le commentaire et le final sont d’une rare goujaterie. On peut regarder cela avec un peu d’ennui ou avec une curiosité toute ethnographique, sur une période révolue, où la femme tentait de s’émanciper par la mode sous le regard goguenard et à priori lubrique des hommes. On est effectivement proche du sujet du film.

Amour et Publicité (1932) 25’30’’
Toujours sur le thème de la mode mais aussi du triangle amoureux, voilà un amusant court métrage dont le traitement est parfois un peu daté, mais le sujet tout à fait original et en avance sur son temps. Un directeur de grand magasin imagine de remplacer ses mannequins bien ternes par des employés qui vivront une vie de couple mise en scène, en vitrine de 9h du matin à 7h le soir. Le loft avant l’heure ! Car la situation va dégénérer à cause de la manipulation d’un employé qui a réussi à convaincre son patron de jouer le rôle de l’amant, qu’il compte bien prolonger au-delà de la vitrine. Une analyse sans prétention du voyeurisme et de l’exacerbation des sentiments qui pourrait presque être muette. Un sympathique court-métrage agréable à découvrir mais dont la justification de la présence sur ce DVD est un peu tirée par les cheveux (aucun acteur commun avec le film).

La Collection : 7 bandes-annonces
Collection ? Oui, Collection de classiques français nous dit MK2 sur son site ! Et bien, en fait de présentation, il s’agit tout simplement d’extraits des 6 films sortis dans 3 coffrets parus simultanément, ce qui vaut à priori pour concept de collection chez MK2. Surprenant, et pas d’un intérêt renversant.

DVD2 :

Sur ce deuxième CD, le comble de l’indigence est atteint, en matière de bonus.

Préface de Serge Bromberg 2’30’’
Le seul supplément intéressant. Que rajouter à ce qui a été dit plus haut sur les présentations de Bromberg, alias Monsieur Lobster ? Rien, si ce n’est que sa présence est doublement justifiée sur ce DVD par le fait qu’on lui doit la possibilité de revoir ce film réputé perdu et dont il disposait d’une copie incomplète dans sa propre collection. Cet homme est précieux vous dis-je !

Arletty tourne Les enfants du paradis 5’10’’
Nous voilà avec 5 minutes d’essais et de répétitions pour une scène des Enfants du Paradis. Pourquoi celles-ci ? Pas de remise en situation. Quel rapport avec le film proposé sur ce DVD ? Les documents sur Arletty sont-ils si rares ? N’y a-t-il personne, aucun spécialiste, historien du cinéma français à interviewer ? C’est incompréhensible.


Clo-Cloche (1935) 2’09’’
Et on enfonce le clou, avec une publicité sans intérêt pour le Caporal Doux, tabac servant à faire les Gauloises notamment, tournée avec Michel Simon (le lien avec le DVD ? Michel Simon joue dans le film). Une curiosité certes mais a-t-elle sa place ici ?

Paris-Actualités (1938) 9’34’’
Et un petit tour d’horizon de l’année, puisque Arletty n’a rien fait d’autre en 1938 (Vous avez dit Hôtel du Nord ? Connais pas) histoire de nous remettre en situation, et d’apprendre tout ébaubi que le taxi fonctionnant à l’anthracite est promis à un bel avenir. Formidable…

La Collection : 7 bandes-annonces
Et une piqûre de rappel pour La Collection, au cas où vous auriez manqué cet incontournable sur le premier DVD. D’autant moins nécessaire que ces deux DVD ne sont pas disponibles à l’unité.

Par Majordome - le 1 juin 2004