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Test dvd

Suspiria

DVD - Région 1
Anchor Bay
Parution : 11 / 9 / 2001

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Existe-t’il film plus complexe à encoder que Suspiria ? Il a longtemps été difficile de le voir dans des conditions décentes. Entre le honteux DVD anglais tiré d’une VHS usée, les DVD de TF1 vidéo, tout au plus correct, les copies de cinémathèques aux couleurs passées et les diffusions recadrées et censurées de M6, ce chef-d’œuvre était bien malmené. L’édition spéciale d’Anchor Bay est donc apparue comme une bénédiction : copie intégrale de belle qualité et couleurs flamboyantes, trop peut-être au goût de certains. Mais à trop vouloir charger la barque et en multipliant les pistes sonores parfois lourdes, l’éditeur a quelque peu sacrifié la compression, et du bruit numérique apparaît sur de nombreux à-plats de couleurs primaires. Dans ces mêmes plans, la définition est souvent un peu juste. L’ensemble est toutefois de belle qualité, mais reste perfectible.

Son

Tout d’abord, reprécisons un fait : l’immense majorité des films italiens a été tournée sans prise de son directe, technique qui facilitait également l’emploi d’interprètes de toutes langues, chacun se doublant dans son pays d’origine. Donc, sauf très rares exceptions, il n’existe pas de ‘version originale’ pour les films italiens, et c’est au cas par cas qu’il faut déterminer la version à préférer. Parfois, un cinéaste surveille les doublages et émet un choix explicite : ainsi, la ‘vraie’ version de Salò selon Pasolini était le doublage français. On considère aussi que les premiers westerns de Sergio Leone doivent se visionner en français. Donc, pas de vérité pré-établie en ce domaine.


En ce qui concerne Suspiria, nous avouons une préférence pour la version anglaise – l’observation des mouvements des lèvres permet d’établir qu’une majorité des interprètes ont joué leurs scènes dans cette langue. Ce doublage est ici présenté en Dolby Digital Surround EX et en DTS-ES 6.1. Ces remix sont spectaculaires, surtout le DTS, et dégagent une belle puissance, mais certains puristes jugeront qu’elle dénature parfois la couleur sonore du film – on observe en effet qu’un certain nombre d’effets sonores sont ici modifiés, voir totalement différents de la version anglaise d’origine – la phrase entendue par Suzie en arrivant à l’école devient quasi inintelligible, des bruits de tonnerre ont disparu, certains soupirs sont changés, d’autres bruits sont sous-mixés. Ces différences ne troubleront que ceux connaissant l’ancienne version, mais elles sont bien présentes. Le doublage italien, de qualité correcte, est souvent outrancier, et d’autant plus artificiel qu’il colle rarement aux mouvements des lèvres, on hésitera à le recommander. En revanche, une fois n’est pas coutume, on notera la bonne qualité de la version française, pour laquelle on optera sans problème.

Suppléments

Disque 1 :

- Trailers :

- International trailer – 2 mn 03 : une bande-annonce magnifique, uniquement construite sur des photos fixes tirées du film accompagnées de la musique de Goblin, une technique peu utilisée – cf. la bande-annonce du Scarface de De Palma – mais terriblement efficace.

- U.S. trailer – 1 mn 12 : après la plus belle des bandes annonces, voici la plus laide, avec son squelette à perruque sorti d’on ne sait où et sa voix-off ridicule.

- TV spot – 32 s : version courte de la bande-annonce américaine.

- Radio spots : trois spots de trente secondes destinées aux radios américaines, reprenant des éléments de cette même bande-annonce.

- Daemonia Music Video – 6 mn 9 : après la séparation définitive de Goblin, Claudio Simonetti a formé son propre groupe, Daemonia. Dans cette vidéo « réalisée » par Simonetti lui-même, ils livrent une version quasi rock FM du thème principal, et visuellement ça ressemble surtout au groupe que votre grand frère avait formé dans la cave de vos parents en 1986 après avoir découvert Sisters of Mercy. On n’est pas obligé de s’y attarder.

- Poster and still gallery : 50 photos d’exploitation et 14 affiches, issues de différents pays, ainsi qu’une vingtaine de supports publicitaires divers.

- Talent bios : comme souvent, l’éditeur propose des articles biographiques complets assortis de filmographies, ici consacrés à Dario Argento, Daria Nicolodi et Jessica Harper.

Bonus caché : cliquez sur la plume à gauche du paon pour voir comment Udo Kier aime torturer les ingénieurs du son.

Ce disque comprend également le traditionnel THX Optimizer.

Disque 2 :

- Suspiria 25th Anniversary – 52 mn : un bon documentaire rétrospectif comprenant des interviews de Dario Argento, Daria Nicolodi, Luciano Tovoli, Jessica Harper, Stefania Casini – faites-la taire ! -, Udo Kier et des Goblins Claudio Simonetti, Agostino Marangolo, Massismo Morante et Fabio Pignatelli. Ils racontent la genèse du projet et détaillent les différents aspects du tournage, de la composition de la musique aux tours de force de la photographie. Plus riche en anecdotes qu’en analyse, ce segment reste un bon survol pour le spectateur profane.

Aucun de ces suppléments n’est sous-titré, mais des sous-titres anglais pour malentendants sont accessibles par décodeur.

Cette édition limitée comprend également un CD reprenant la bande originale complète, disque équivalent à l’édition intégrale sortie chez Cinevox, ainsi qu’un livret richement illustré comprenant des essais ainsi qu’une interview de Jessica Harper. Ce coffret Anchor Bay est officiellement épuisé, mais peut encore se dénicher en fouillant un peu. L’éditeur Blue Underground a récemment sorti une édition spéciale reprenant les deux DVD chroniqués ici.

Par Franck Suzanne - le 16 octobre 2010