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Test dvd

Solaris

DVD - Région 2
Potemkine
Parution : 15 / 11 / 2011

Image

D’une première scène contemplative où la texture nous laisse pantois, nous passons à une seconde qui aurait eu besoin d’un rendu moins vieilli. La suite alterne de la même façon, entre passages restituant la belle photo du film au-delà de nos espérances et plans assez granuleux, enchevêtrements visibles (pour la maisonnée du héros). Mais peut-être exige-t-on trop quand un film est aussi travaillé visuellement, et reproche-t-on à ceux qui œuvrent dessus ce qu’on tolèrerait amplement pour un film de moindre ambition ?

Son

De ce côté, il n'y a rien de particulier à reprocher. Le film est disponible dans sa version originale en mono d’origine et en Dolby Digital 5.1. Pour les courageux, une version française est proposée également.

Suppléments

Commentaire de Pierre Murat (14 min)
Murat commence en expliquant en quoi Solaris est une réponse au 2001 de Kubrick (attestée par une correspondance épistolaire), dont la vision aurait irrité un Tarkovski tout de même admiratif. La remarque est intéressante, en cela qu’elle contrebalance celle du cinéaste en parlant comme d’une commande assez peu personnelle (et nous sommes tentés, cette fois-ci, de donner raison à Murat contre Tarkovski). Il médite ensuite sur ce que le film dit de la complexité de notre désir (le cauchemar d’une planète où chacun subit son désir secret réalisé, comme miroir grossissant de la nôtre). Il loue le sens du suspense du film, absent du remake de Soderbergh (intéressant, mais pour d’autres raisons). Le fameux travelling de l’autoroute lui sert à montrer ce que pense au fond Tarkovski du monde moderne, sans pour autant qu’il faille voir dans cette image une forme de passéisme selon lui. Comme illustration de ses propos, Pierre Denoits a su choisir parmi les plus beaux plans du film.

Entretien avec Marina Tarkovski (2 min)
Extrait de la même série d’entretiens russes que celle de Youri Nasarov pour Andrei Roublev. L’épouse du Tarkovski rappelle quel homme de principes il fut, motivé par des questionnements moraux le poussant à braver la censure idéologique. Cette bravade passait par la ruse, l’usage de longueurs superflues, de faux scripts. Ce court extrait se termine par une autre (et encore justifiée) profession d’admiration.

Entretien avec l’actrice Natalia Bondartchouk (5 min)
L'une des plus belles interprètes de Tarkovski raconte la bonne réception du film dans le monde, suite à l’autorisation de diffusion à l’étranger par les Soviets (elle qui a joué dans l’unique film bien reçu en Russie de Tarkovski), l’exigence dans le travail d’un cinéaste qui atteignait la grâce par le stakhanovisme. L’entretien est parsemé de ces anecdotes techniques de tournage ordinairement communes mais qu’aucun autre intervenant du coffret ne relève, soulignant de cette façon le caractère à part de Solaris dans son élaboration logistique par rapport aux autres films du maître (dont L’Enfance d’Ivan ou Andrei Roublev n’étaient pourtant pas minimalistes). « Tout ce que m’a donné Solaris me restera à jamais. Mais notre grand rendez-vous reste encore à venir. » Il était déjà décédé au moment de cette déclaration.

Par Jean Gavril Sluka - le 16 février 2012