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Test dvd

Raging Bull

DVD - Région 1
MGM
Parution : 8 / 2 / 2005

Image

Le cinéphile a enfin droit à un master de grande qualité pour une œuvre d’une telle importance, et il lui aura fallu être patient. L’ancien DVD (zone 2 comme zone 1) affichait une image décevante, bruitée, tachée et surtout au format vidéo 4/3. La nouvelle édition propose un 16/9 éclatant. Les contrastes propres à ce film ont été parfaitement gérés (les noirs sont vraiment bien profonds), de même que la définition qui apparaît exemplaire. Le noir et blanc est réellement somptueux et arbore une patine argentée qui flatte le regard. Le grain cinéma a été respecté et on évite ainsi le lissage intempestif que l’on retrouve sur certaines restaurations. De son côté, la compression n’est jamais prise en défaut ; les combats de boxe avec leur montage particulier, leurs mouvements de caméra rapides et les effets de fumée ne souffrent d’aucun problème dans ce domaine. Bref, c’est un vrai bonheur. NB : les sous-titres sont de couleur jaune.

Son

La version anglaise bénéficie d’un mixage multicanal en DD 5.1 et Dolby Surround. L’importance du traitement sonore dans Raging Bull méritait que les ingénieurs du son s’y emploient. Le rendu est clair, propre, dynamique. La scène frontale bénéficie d’une bonne spatialisation, essentiellement lors des scènes de combat et pour les passages musicaux. Les enceintes arrières restent plutôt discrètes, avec quelques rares effets, et servent surtout d’appoint. Ce qui n’est pas plus mal. Les basses fréquences, qui ont droit à un traitement particulier sur les rings de boxe, sont bien rendues. La piste Dolby Surround, assez efficace, se démarque de la piste DD 5.1, avec un peu moins de profondeur et de précision. L’important est que le matériau d’origine ait été respecté et que l’on ne nous offre pas un spectacle artificiel destiné à faire briller notre ampli audio/vidéo. La version française est celle que nous connaissons, avec son doublage français assez bien équilibré entre voix et ambiances mais auquel je reproche trop de précision dans les voix quand les deux acteurs principaux ne sont parfois pas loin de marmonner leurs dialogues ; et il faudra accepter que Robert De Niro s’exprime avec la voix de Tony Danza de la série Madame est servie (même chose dans Taxi Driver d’ailleurs)… La piste mono 2.0 présente, évidemment en comparaison avec les versions originales, des ambiances bien en retrait et contient un souffle léger mais constant. La version espagnole, mono 2.0 elle aussi, est plus étouffée mais ne présente aucun souffle. Le choix des versions originales s’impose donc, même pour les personnes n’ayant qu’une source monophonique à domicile. NB : il est impossible de changer de format sonore en cours de lecture.

Suppléments

Le DVD est présenté sous la forme d’un superbe digipack enserré dans fourreau en carton plastifié de toute beauté. La jaquette, très élégante avec son titre en relief, rend parfaitement justice au film. Oubliez donc les premières éditions honteuses de Raging Bull, dont l’édition Collector qui n’avait de Collector que le nom. Cette édition spéciale double disque américaine fait partie de la collection Martin Scorsese chez MGM ; elle est disponible à l’unité ou dans un coffret quatre films (avec Boxcar Bertha, New York, New York et The Last Waltz).

Les menu principal du disque, animé (avec des extraits du film) et musical, affiche un design particulièrement réussi. Les transitions avec les menus secondaires sont dans le même esprit en recourant à des effets sonores (flashes, sonnerie de la cloche). Le DVD propose un chapitrage fixe et muet divisé en 36 segments (quatre chapitres disposées sur neuf pages).

Les bonus comportent :

DVD 1

Le premier disque propose trois commentaires audio en version originale non sous-titrée.

Commentaire audio de Martin Scorsese et Thelma Schoonmaker. Les deux intervenants ont été enregistrés séparément mais le montage son est plutôt fluide et les points abordés se répondent assez souvent. Il s’agit ici du commentaire le plus intéressant, ce qui n’est pas vraiment une surprise, tant la somme d’informations et d’anecdotes est imposante. Tous les aspects du films sont abordés par les deux collaborateurs. De l’origine du projet jusqu’à la dernière séquence du film (qui nécessita 19 prises, en passant par l’écriture et le cheminement du scénario, les différences avec le roman, le casting, le tournage, la direction d’acteurs, les méthodes de travail de Robert De Niro (notamment son talent pour l’improvisation et son étonnante et dangereuse prise de poids), son entente parfaite avec Joe Pesci, les options de mise en scène (mouvements de caméra, cadrages et choix des focales), la vision personnelle du cinéaste et ses rapports avec Little Italy, l’utilisation de la musique et des effets sonores originaux, la chorégraphie des combats, les difficultés propres au montage (Thelma Schoonmaker raconte au passage sa rencontre avec Scorsese et rend hommage à son talent inné de monteur), l’approche du personnage de Jake La Motta et son mystère, et bien sûr le combat contre Robinson à forte connotation religieuse et dont le découpage lui a été inspiré par la scène de la douche de Psychose d’Alfred Hitchcock. S’il fallait faire un choix parmi les commentaires audio fournis, c’est vers celui-ci qu’il faudra se tourner en priorité.

Cast and crew commentary. Ce commentaire audio fait intervenir plusieurs membres de l’équipe du film : Irwin Winkler (producteur), Robbie Robertson (compositeur), Robert Chartoff (producteur), Theresa Saldana (l’actrice qui joue l’épouse de Joe Pesci), John Turturro (comédien), Frank Warner (créateur des effets sonores), Michael Chapman (directeur de la photographie) et Cis Corman (directrice de casting). Pour ceux qui n’auraient pas été rassasiés par le premier commentaire et les documents annexes, voilà de quoi combler leur soif d’informations. Le commentaire a l’avantage de ne pas être redondant avec celui de Scorsese et de Schoonmaker. Plus axé sur la technique, il contient une multitude de renseignements. Le nom de chacun des intervenants est inscrit à l’écran dès qu’il prend la parole. Tous parlent évidemment de leur domaine respectif. Michael Chapman est le plus loquace, suivi de Robbie Robertson, musicien ami de Martin Scorsese qui l’a aidé à sélectionner les chansons qui donnent son identité sonore au film. John Turturro vient faire un petit tour pour parler de sa figuration, l’actrice new-yorkaise donne quelques indications intéressantes sur l’interprétation, la directrice de casting nous éclaire sur la personnalité de Cathy Moriarty et les producteurs apportent de temps en temps leur contribution. Et nous avons enfin l’occasion d’entendre le fameux Frank Warner… qui finalement ne dévoile pas grand-chose comme l’on pouvait s’y attendre. On sort de cette écoute la tête un peu lourde et bien pleine mais le jeu en valait la chandelle.

Storytellers commentary. S’il reste encore des gens motivés pour percer tous les secrets du film et bien au-delà, ce troisième commentaire s’offre à eux. Il fait intervenir les scénaristes Mardik Martin et Paul Schrader (dont le phrasé laborieux risque de laisser sur le carreau les moins anglophiles) d’un côté, et Jake La Motta de l’autre, accompagné de son neveu Jason Lustig qui lui sert d’interlocuteur. L’écoute des premiers achèvera de vous rendre familier avec le scénario de Raging Bull, les deux auteurs se chargeant d’apporter des précisions sur ses modifications successives, ainsi que leur point de vue sur l’histoire. Mais le plus intéressant reste le témoignage de Jake La Motta qui revient sur sa vie tout en évoquant son adaptation à l’écran. Le vieux boxeur, aujourd’hui complètement serein, livre bon nombre d’anecdotes sur sa carrière et sa vie privée, et surtout assume complètement ses dérives. Ce commentaire est peut-être le plus dispensable des trois qui nous sont présentés, mais celui ou celle qui voudrait découvrir la personnalité du vrai La Motta aura toutes les chances de trouver son bonheur.

DVD 2

L’essentiel des bonus de ce disque est composé d’un long documentaire (en anglais non sous-titré), réalisé par l’incontournable et généralement talentueux Laurent Bouzereau, qui été scindé en quatre featurettes afin d’offrir une meilleur lisibilité… et de grossir artificiellement le nombre de suppléments. Une pratique marketing aujourd’hui répandue, mais à laquelle nous n’attacherons pas d’importance. Ces courts documentaires obéissent à une structure narrative efficace et fluide qui a déjà fait ses preuves : croisements d’interviews sur fond d’extraits de films et de photographies. Les intervenants sont les principaux acteurs, créateurs et producteurs de Raging Bull. Les personnes qui ne souhaitent pas écouter les commentaires audio trouveront l’équivalent des informations dispensés par ces derniers dans les 4 featurettes suivantes :

Raging Bull : Before the Fight (26’02’’). Cette partie raconte le cheminement du film, depuis la volonté exprimée par De Niro d’incarner le personnage jusqu’au tournage, en passant par les différentes épreuves du scénario. Il est particulièrement intéressant d’entendre Paul Schrader apporter sa vision du film.

Raging Bull : Inside the Ring (14’47’’). Bouzereau s’intéresse ici aux combats de boxe et leur réalisation. Michael Chapman intervient également pour évoquer plus précisément son travail et l’option du noir et blanc.

Raging Bull : Outside the Ring (27’26’’). On s’attache ici à la mise en scène des séquences de la vie quotidienne et à la reconstitution du quartier new-yorkais. La direction d’acteur et l’étude des personnages sont également abordées.

Raging Bull : After the Fight (15’25’’). Cette dernière partie traite de la violence du film, à l’extérieur comme à l’intérieur des rings. La parole est donnée à Frank Warner, créateur des effets sonores. On y discute aussi de la musique et de son utilisation spécifique par Martin Scorsese. Les réactions du public et de la critique à la sortie du film sont enfin abordées.

La suite des bonus (toujours non sous-titrés) de ce disque comprend :

The Bronx Bull (27’57’’). Ce documentaire de près d’une demi-heure se propose de raconter l’histoire du film à travers le témoignage de Jake La Motta, de la monteuse Thelma Schoonmaker et de quelques critiques anglo-saxons qui replacent Raging Bull dans l’histoire du cinéma. Malheureusement, un grand nombre d’informations dispensées ici sont redondantes avec celles contenues dans le documentaire réalisé par Laurent Bouzereau. Ce document n’aurait aucun intérêt s’il ne permettait pas au vrai Jake La Motta de s’exprimer (on le voit réciter la dialogue de Sur les quais) et à Thelma Schoonmaker de commenter quelques images fortes du film sur sa table de montage.

De Niro VS. La Motta (3’49’’). Ce court document vise à donner une idée du travail extraordinaire de mimétisme effectué par Robert De Niro, grâce à la comparaison d’extraits de Raging Bull avec des images et des photos du véritable boxeur.

La Motta Defends Title (1’01’’). Court montage d’images d’archives en assez bon état du combat contre le français Laurent Dauthuille.

Bande-annonce originale (2’12’’). Malgré la présence de quelques scories, elle est assez bien conservée.

Other Great MGM Releases. Cette page propose deux petits montages d’extraits de films : MGM Means Great (1’14’’) et Academy Awards Trailer (1’17’’) qui, comme son nom l’indique, est un bout à bout d’extraits de productions MGM qui ont été récompensées aux Oscars. Voilà donc un supplément qui n'a strictement aucun intérêt.

Par Ronny Chester - le 15 décembre 2005