Menu
Test dvd

Nous filmons le peuple !

DVD - Région All
Aloest distribution
Parution : 20 / 6 / 2015

Image

Nous filmons le peuple ! étant récent (2013), la qualité de la copie en elle-même ne pose pas problème. Celle des films présentés (La Structure de Cristal, Wanda Gosciminska tisseuse, Le Barrage, L’Homme de Marbre, L’Homme de Fer, L’Abécédaire, Comment Vivre, L’Amateur, Les Têtes parlantes, Les Ouvriers de 1980, Une femme seule, La Mère des rois, L’Interrogatoire) diffère en revanche selon les titres, le grain s’avérant souvent marqué. Ceux-ci faisant office d’archives (à l’exception d’un rôle plus dramaturgique accordé à L’Homme de Marbre et à L’Amateur), ce vieillissement ne vient pas gâcher la vision.

Son

Une stéréo suffisamment présente où le commentaire recouvre généralement le son des extraits présentés.

Suppléments

Le DVD édité par Aloest Distribution vaut autant pour ses suppléments (80 minutes), que pour le film per se. S’y trouvent justifiés dans le détail l’essentiel des choix opérés par Ania Szczepańska dans l’élaboration de son documentaire.

Dans la salle de montage (12 min) présente, à la suite, le travail du « compositeur », puis de la « monteuse », dialoguant avec la réalisatrice au sujet de leur montage parallèle et d’un entretien avec Andrzej Wajda (souhaitant imposer une directive au tournage de l’interview qu’elle contournera au montage). Il faut écouter le commentaire pour saisir le nom du premier (Nicolas Rabaeus) et en revenir au générique du film pour connaître celui de la seconde (Sophie Reiter).

Mettre en scène l’Histoire (5 min) permet à l’auteure de commenter un extrait avant d’exposer un panorama de photos d’époque ainsi qu’une archive filmique, de l’un à l’autre se jouant une même « iconographie du pouvoir » (Szczepańska).

Être cinéaste dans la Pologne socialiste (44 min) permet de réentendre divers intervenants : Andrzej Wajda, Mieczyslaw Wojtczak (chef de la cinématographie de 74 à 76), Marcel Łoziński, Krystyna Janda, Michał Jagiełło (Chef de la Culture au Parti de 80 à 81), Ryszard Bugajski. Cet à-côté de leurs propos choisis dans le documentaire étoffe le contexte dans lequel ont vu le jour ces « films d’Etat » - et rappelle ce qu’il en a coûté à certains.

Morceau de choix des boni, Une archive inédite (15 min) permet d’assister en son entier à l’intervention de Kieślowski en 1977 devant les responsables de la télévision, déplorant au nom d’un groupe de metteurs en scène le manque de pertinence de leurs programmes. La forme concernée qu’il appelle de ses vœux annonçant son propre cinéma. Ania Szczepańska et Sophie Reiter introduisent ce document précieux.

Qu’est-ce que la propagande ? (5 min) présente inversement ce que Kieślowski déplorait, permettant à celui qui fut Directeur de la télévision de 72 à 80 (Maciej Szczepański) de justifier comme faire se peut ce genre d’imagerie.

Un livret est joint au boîtier, comprenant des affiches de l’école polonaise et la copie d’une lettre de Gilles Jacob à Wajda.

Pensé pour l’international, les directives du menu compléments sont utilisables en français, anglais, polonais, allemand. Un travail éditorial de grande qualité.

Par Jean-Gavril Sluka - le 9 septembre 2015