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Test dvd

Mississippi Blues

DVD - Région 2
Tamasa
Parution : 13 / 1 / 2012

Image

La copie utilisée par l'éditeur n'a sans doute pas été restaurée. Mais passé un générique portant douloureusement l'empreinte du temps - griffures, tressautements -, la qualité de l'image s'améliore grandement. Et les quelques rayures ponctuelles, ainsi qu'une définition qu'on aurait aimée un rien plus précise, n'empêcheront finalement pas de goûter la qualité du travail de Pierre-William Glenn. Car sa belle photographie réussit à restituer les teintes pastel d'un Mississippi entre automne et hiver.

Son

La bande-son proposée n'a, vraisemblablement, pas été restaurée non plus. D'où, sans doute, quelques passages un peu sourds, par exemple lors de certaines interviews. L'ensemble s'avère néanmoins tout à fait acceptable. Notamment à l'occasion des séquences musicales qui restituent de manière satisfaisante aussi bien le gospel massif d'un chœur d'église que le chant d'un bluesman, simplement accompagné par une guitare ou un harmonica.

Suppléments

Si l’on peut émettre quelques réserves quant à l’aspect technique du DVD, on se félicitera en revanche des suppléments proposés par l’éditeur. Au nombre de trois, ils consistent d’abord en deux entretiens. Un premier, d’une durée d'une vingtaine de minutes, voit s’exprimer (surtout) Bertrand Tavernier et (plus brièvement) William "Bill" Ferris, à la fois protagoniste - en tant qu’universitaire spécialiste de la culture du Sud des Etats-Unis - et coproducteur de Mississippi Blues. Enregistrés en 2011, les propos de Bertrand Tavernier et de William Ferris viennent confirmer la double nature de Mississippi Blues, à la fois exploration documentaire du réel et voyage dans la fiction. Si l'on y entend l’universitaire américain apporter des précisions érudites sur les origines du blues, Bertrand Tavernier y insiste quant à lui sur la dimension proprement cinématographique de Mississippi Blues. Que ce soit en évoquant la carrière de Robert Parrish, rappelant que celle-ci s’est confondue avec l’histoire d’Hollywood, ou bien encore en établissant des passerelles entre l’entreprise apparemment documentaire que constituait Mississippi Blues et des œuvres fictives qu'il a lui-même réalisées telles que Autour de minuit (1986), Dans la brume électrique (2009) ou La Princesse de Montpensier (2010).

Long de six minutes et datant suppose-t-on de 2011, le deuxième entretien est entièrement dévolu à William Ferris. Il lui offre l’occasion d’approfondir son point de vue historique et sociologique sur le monde décrit par Mississippi Blues.

Quant au dernier supplément, il est constitué d’extraits conséquents - plus d’une heure au total - de Pays d’octobre, la version longue de Mississippi Blues réalisée pour la télévision, en quatre épisodes. Tamasa a eu l’heureuse initiative de proposer des séquences n’apparaissant pas dans le montage cinématographique. Ces passages inédits viennent, à leur tour, confirmer la tension entre réel et imaginaire caractérisant Mississippi Blues : il y est en effet aussi bien question de l’univers romanesque de William Faulkner que de la ségrégation raciale et des luttes qu’elle a suscitées. Et l’on retrouve dans ces extraits le mélange formel entre démarche documentaire - se succèdent des entretiens avec des spécialistes ou des témoins - et fictive - Bertrand Tavernier utilise de nouveau des acteurs pour reconstituer certains épisodes passés.

Signalons enfin la présence d’un livret de cinq pages reprenant, peut-être, le dossier de presse de Mississippi Blues. Il comprend notamment deux textes, l’un de Bertrand Tavernier, l’autre de Robert Parrish. Les titres de l’un et de l’autre constituent un parfait résumé des singularités thématique et formelle de Mississippi Blues. Le texte de Robert Parrish s’intitule en effet Mississippi Blues est un documentaire. Tandis que celui de Bertrand Tavernier porte le titre magrittien de Mississippi Blues n’est pas un documentaire

Par Pierre Charrel - le 20 mars 2012