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Test dvd

Martin

DVD - Région 1
Artisan
Parution : 20 / 6 / 2000

Image

Le film est présenté dans un nouveau transfert haute définition en 16 :9. Martin a été tourné en 16mm, au format 1.33, l’image a donc été matté pour obtenir une version en 1.85. Il est dommageable de découvrir le film dans ces conditions, le cadrage étant bien évidemment pensé pour du Full Frame. Mais l’édition Anchor Bay, qui respectait le format d’origine, étant épuisée, et en attendant de vérifier le choix de Wild Side pour la sortie prochaine d’un double DVD Z2, c’est actuellement la seule possibilité de voir le film (on peut citer une édition Arrow qui ne vaut guère plus qu’une VHS usagée) . Cela dit, le résultat n’est pas aussi rebutant que ce qui était prévisible, Lion’s Gate ayant visiblement réfléchi constamment à ce recadrage. Bien entendu, il est conseillé de découvrir le film dans son format d’origine, mais il n’est pas honteux de l’apprécier dans cette version, même si certaines scènes pâtissent réellement de ce choix éditorial plus que douteux. La copie est très propre et le transfert une véritable réussite, même si on peut regretter des couleurs parfois saturées. Richard Rubinstein, le producteur, précise d’ailleurs dans les commentaires audio que le coût de ce transfert correspond à la moitié du budget du film !

Son

Le film est proposé dans une version 5.1 tout simplement parfaite, restituant avec bonheur l’attention toute particulière apportée à l’élaboration de la piste sonore. Certainement le point fort de cette édition.

Suppléments

- Galerie de photos du tournage.

- Bande annonce d’époque (2’35’’). Martin « Another kind of terror », comme le dit la voix sépulcrale de la bande annonce. John Amplas commente avec humour et second degré, mais surtout avec une grande tristesse, un grand désarroi, sa condition de vampire. « I’d like to be like everyone else. I do things I don’t necessary like, but i just want to stay alive… I do Need Blood » Un montage syncopé des plus réjouissant vient parfois contredire, parfois amplifier le monologue de Martin.

- Bande annonce télé (30’’). Image très dégradée, abîmée et floue. Le montage est très saccadé, presque épileptique, d’une redoutable efficacité.

- Documentaire : « Making Martin : A Recounting » (9’30’’). Romero parle avec amour de cette expérience familiale que fut le tournage de Martin. Equipe minuscule (une cinquantaine de personnes tout au plus), budget ridicule, tout en débrouillardise et en investissement personnel, il considère que c’est le type même de tournage qui lui convient le mieux et qui se rapproche de son idéal de production. Tom Savini raconte qu’il avait auditionné pour le rôle du vampire, un rêve pour lui ! Au lieu du rôle, déjà distribué, il va se faire donner la chance de débuter réellement sa carrière dans les effets spéciaux avec le succès que l’on connaît (auparavant, il s’occupait juste du maquillage). Il va également jouer le rôle d’Arthur, et même faire une de ces cascades qui l’amusent tant, dans un autre rôle de figuration. Le documentaire est ponctué d’images et de photos d’époque. Christine Romero raconte, qu’ayant participé au budget du film, George lui écrit un rôle (Christina), et c’est durant le tournage qu’ils vont tomber amoureux. Michael Gornick, le directeur de la photo et Donald Rubinstein, compositeur, viennent rapidement raconter leur travail et leur collaboration avec Romero, toujours décrit comme un homme qui s’investit à fond dans tous les aspects de la fabrication du film. On y interview même la véritable propriétaire de la maison de Martin, qui cuisinait pour toute l’équipe durant le tournage, la meilleure cantine de toute la carrière de Romero !

- Commentaire audio avec George Romero, Richard Rubinstein (producteur), Michael Gornick (directeur photo), Donald Rubinstein (compositeur) et Tom Savini (effets spéciaux). Les vieux briscards égrainent leurs souvenirs d’un tournage par moment épique. L’ambiance est conviviale, les fous rires nombreux. Ils s’attardent sur les apparitions des uns et des autres, la motivation de chacun pour le film (Michael Gornick se fait taquiner car il a touché 1000 dollars pour les deux mois de tournage…), les habitants de Pittsburgh qui font de la figuration, les lieux de tournage... Bref, pas de grands secrets sur le film en lui-même, mais une sincère et souvent touchante évocation d’un tournage de rêve.
Par Olivier Bitoun - le 28 octobre 2005