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Test dvd

Les Petites marguerites

DVD - Région 2
Malavida
Parution : 15 / 12 / 2008

Image

Face aux avant-gardes européennes (et leurs classiques en couleur tchèque de façon encore plus saillante), il est fréquent, surtout à un œil formé au classicisme américain, d’illusoirement déceler une forme de relâchement. Un certain rapport à l’éclairage (et au cadrage) peut demander à être apprivoisé. Ce rapport à la lumière est particulièrement sensible au sujet des Petites Marguerites, où l’image est fréquemment filtrée, passée au tamis d’une pellicule noir & blanc (utilisée en renfort pour des raisons budgétaires) ou sépia, quand elle n’est pas surexposée. Manière de dire que si la colorimétrie ici peut troubler, elle semble en tous points fidèles aux intentions de l’auteure. L’image est peu parasitée et ne manifeste pas de signes de lissage ou mouvance très identifiables. Le format est respecté.

Son

Un mono d’époque. On note quelques souffles et un essoufflement des voix, la bande-son des deux Jiří (Sutr et Šlitr) porte raisonnablement.

Suppléments

« L’As » : analyse par Romain Le Vern (12 min)
Dans un texte lu, comme sur d’autres titres tchèques de la collection Malavida, bien rédigé, Romain Le Vern décortique Les Petites Marguerites, l’arrière-plan arty (issu de Warhol et la Factory en premier lieu) de Věra Chytilová, la portée politique de ce parcours autodestructeur qui, tout euphorique qu’il soit, n’en est pas moins suicidaire... comme une prémisse 60’s de Fight Club. La vitesse de lecture est un peu lente, mais permet de s’attarder sur un montage de ce film « abrasif » illustrant les éléments avancés. On pourrait reprendre à son sujet celui de l’excellent blog du commentateur : Chaos reigns.

Un livret est disponible, comprenant une biographie de la réalisatrice, un entretien pour les Cahiers du Cinéma donné à Jacques Rivette (son grand défenseur à la revue, prenant lui-même la cinéaste comme source d’inspiration) et Michel Delahaye, ainsi qu’un panorama de la Nouvelle Vague tchèque (« Les métamorphoses de l’impertinence ») par Jean-Louis Martin.

Par Jean-Gavril Sluka - le 2 octobre 2014