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Test dvd

Les Lumières de la ville

DVD - Région 2
Mk2
Parution : 5 / 11 / 2003

Image

Très beau travail effectué par Mk2 qui a su parfaitement rendre justice à la confiance des héritiers Chaplin. La comparaison avec l’ancien master des éditions CTN est sans appel et l’on s’émerveille de pouvoir découvrir un film si ancien dans de telles conditions. Contrastes étonnants, master très propre, absence d’artefacts… On pourrait peut-être juste reprocher de rares soucis de compression sur quelques plans mais ce serait faire la fine bouche devant un travail tout bonnement superbe.

Son

Proposé en mono ou en remix 5.1, le film - muet rappelons-le - propose une piste sonore avec effets et musique tout à fait satisfaisante. Le remix 5.1 se révèle bizarrement moins précis que le mono d’origine et je me suis surpris à rapidement opter pour le son simple en enceinte centrale. Reste que l’essentiel est là : une piste sonore propre et efficace, que ce soit en mono dans un 5.1 très discret, ce qui dans le cas de films de cette époque est loin d’être un reproche.

A noter enfin des menus sobres et sonores, qui vont à l’essentiel : l’esthétique Mk2 appliquée au DVD.

Suppléments

Préface, par David Robinson (5'40''). A l’instar de tous les DVDs de cette collection prestigieuse, le film est introduit par David Robinson qui présente les enjeux du film (le tournage, Chaplin et l’arrivée du parlant, ses relations conflictuelles avec Virginia Cherrill…) sur fond de photogrammes et d’extraits de films. Concis, précis et instructif, ce petit bonus joue parfaitement son rôle de préface…

Chaplin Aujourd’hui, (26'45'') analyse du film par Serge Bromberg en compagnie de Peter Lord, sous l’égide de Mk2Tv et La Cinquième. Là encore, tout comme sur les autres DVDs de la collection, le film est étudié sous toutes ses coutures par Bromberg - qui officiait déjà sur la collection pocket des Editions Montparnasse - avec l’aide de Peter Lord, co-fondateur des studios Aardman (Wallace & Gromitt, Chicken Run). L’occasion pour ce petit documentaire de nous présenter Charlot sous forme de dessin animé des années 20 (même Disney s’est accaparé le personnage dans un très curieux dessin animé dont nous voyons ici un extrait) ou d’un petit court en pâte à modeler, réalisé par Lord au début des années 80. Mais c’est aussi et surtout l’opportunité d’analyser en quoi le style Chaplin a influencé le film d’animation lors du premier siècle du cinéma. Un reportage d’autant plus intéressant qu’il nous permet par ailleurs de découvrir des images d’archive passionnantes - les répétitions du gag de la statue en vitrine par exemple, ou encore des images du tournage du fameux plan de la rencontre, qui nécessita plus de 300 prises… Indispensable.

Scène coupée : Longue scène (7'17'') qui voit le vagabond aux prises avec un petit bout de bois coincé dans une grille. Indescriptible et hilarant bout de vie, mais l’on comprend que ce petit morceau de bravoure comique n’ait pas été retenu au montage, cassant sans doute le rythme du film… Une superbe rareté, un petit bonheur de pantomime, restauré qui plus est.

Documents : "Quand y’en a plus, y’en a encore" ! Avalanche de bonus dans cette section du second DVD qui nous propose entre autres :

Le tournage : Huit minutes rares et d’assez bonne qualité (du grain mais un beau master) où l’on peut voir Chaplin sur le plateau de son film, notamment pour le tournage de LA fameuse scène de la rencontre. L’occasion aussi pour le réalisateur/acteur de faire le pitre devant la caméra. A voir certaines attitudes, on sent toutefois une tension évidente sur le plateau. Quel document !

Essais avec Georgia Hale : (6'30'') Mécontent de Virginia Cherrill, le créateur des Lumières de la Ville fit passer des essais à Georgia Hale (La Ruée vers l’Or) en vue d’un éventuel remplacement. Ses essais, basés sur la dernière scène du film, ne nous laissent toutefois pas imaginer la manière dont Hale aurait joué les aveugles. C'est d'ailleurs son incroyable capacité à rendre la cécité à l'écran qui permettra à Cherrill de préserver son rôle… Là encore, un document d’une rareté incroyable, qui ravira les fans.

The Dream Prince (1'09'') : petit extrait de film qui voit Chaplin en habits de cérémonie militaire (en fait une scène jamais montée : comment la fleuriste aveugle imagine son bienfaiteur). Une minute à l’intérêt limité (si ce n’est sa rareté).

Répétitions : extrait un peu plus conséquent (1'20'') des images déjà entr'aperçues dans le documentaire de Serge Bromberg, soit les répétitions du gag du mannequin en vitrine.

Chaplin et les boxeurs (4'26''): Suite à la visite amicale de boxeurs (Harry Mansell & Benny Leonard) sur le plateau, Chaplin s’amuse à boxer avec eux. Le tout a été filmé et il ne serait pas étonnant que certaines attitudes aient inspiré le réalisateur des Lumières de la Ville pour sa fameuse scène de boxe. Images rares, belles et parfois franchement hilarantes (la manière qu’a Chaplin de provoquer certains des boxeurs vire au sketch plus ou moins improvisé).

Winston Churchill en visite : 1'59'' d’images présentant la visite du futur premier ministre anglais sur le tournage. Une fois encore, Chaplin ne peut s’empêcher de faire le clown sous les yeux amusés et rieurs de son visiteur.

Chaplin parle (3'29'') : la tournée de l'artiste en Europe provoque d’impressionnants mouvements de foule, foule venue accueillir un Chaplin qui se révèle être une vraie star internationale. Les images de son périple à Vienne sont impressionnantes (et sonores - ce qui nous vaut les premiers mots de Chaplin dans un micro : "Bonjour"), Chaplin se retrouvant pris dans la cohue générale.

Voyage à Bali (9'57''). Images de Charles et Syndey Chaplin se rendant à Bali en 1932. Les vacances de Chaplin, son hôtel, ses balades en forêt, sa visite d’un village indonésien où une danse rituelle est donnée en son honneur… Rien de franchement transcendant si ce n'est finalement ce plaisir de cinéphile tout bête : découvrir la face cachée d’un Chaplin très humain (il offre à son tour un petit spectacle aux villageois, ravis et hilares). Un document somme toute vraiment sympathique.

The Champion (9'32'') : Extrait d’un moyen métrage de Chaplin (1915) qui voit Charlot aux prises avec des boxeurs. On retrouve d’ailleurs certains des gags qui feront tout le génie de la séquence de boxe des Lumières de la Ville. Un petit cadeau sur lequel nous ne crachons pas !

Bande-annonces : Sur 8 minutes, plusieurs bande-annonces d’époque ou plus récentes (nous avons notamment droit à une BA française des années 60/70 où l’on voit un Chaplin vieillissant accueilli en grande pompeà Paris pour la ressortie du film).

Galerie photos : classées en différents chapitres, quelques 140 photos de tournage nous sont proposées sous forme de diaporama (une bonne initiative quand tant d’éditeurs nous obligent encore à sauter de page en page - un exercice qui peut se révéler fastidieux sur 150 photos !). A noter 1. que ce sont dans tous les cas des photos de très belle qualité et non de vieux clichés grisâtres. 2. quelques photos amusantes du matériel publicitaire utilisé à l’occasion de la ressortie du film à Rome en 1952.

Affiches du film : Une douzaine de très belles affiches du film, dans toutes les langues.

La Collection Chaplin : 10 minutes d’extraits des longs-métrages de Chaplin sortis sous emblème Mk2/Warner : Le Kid, L’opinion publique, La ruée vers l’or, Le cirque, Les lumières de la ville, Les temps modernes, Le dictateur, Monsieur Verdoux, Les feux de la rampe, Un roi à New York et La grande revue de Charlot.

Par Xavier Jamet - le 26 octobre 2003

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