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Test dvd

Les Enfants terribles

DVD - Région 2
Les films de ma vie
Parution : 5 / 2 / 2007

Image

Malgré l’appréhension qui nous saisit à la vison du logo sale et bruité de la compagnie de production de Jean-Pierre Melville, le master proposé est relativement propre (on notera quelques rayures et des points blancs), pour être généreux. Un grain cinéma appréciable et des contrastes correctement gérés (malgré des blancs parfois brûlés et des plans en extérieurs grisâtres) sont également à mettre au crédit de ce transfert. Cependant, la définition n’est pas optimale et se révèle surtout aléatoire. Mais c’est du côté de la compression que le bât blesse un peu. Un léger voile granuleux est présent pendant toute la durée du film, dû à une compression numérique qui reste donc parfois visible (la gêne occasionnée varie selon les scènes).

Son

La piste sonore mono 2.0 est plutôt claire, les voix et les quelques ambiances sont bien rendues. Elle présente cependant un souffle continu, et a tendance à saturer légèrement quand la musique s’emballe.

Suppléments


Les suppléments se trouvent sur le DVD 2 intitulé L'Univers de Jean Cocteau.


La villa Santo Sospir
(36’30'' - N&B et couleurs)
Documentaire assez particulier et orginal signé Jean Cocteau (on remarquera le nom de Frédéric Rossif au générique) en 16mm. Nous voici devant un petit OVNI de 36’ où Cocteau filme la villa de Mme Weisweiller, décorée par ses soins à St-Jean-Cap-Ferat. Bercé par une musique de Vivaldi et la voix-off du cinéaste-poête, ce petit film nous dévoile et nous fait découvrir avec minutie l’œuvre murale de Cocteau "décorateur", et ce non sans poésie. Peut-être un peu long et lancinant pour les profanes, mais un document qui plaira indéniablement aux amateurs par sa richesse picturale. Sans oublier cette très belle phrase d’ouverture : "Etre poête c’est confier publiquement ses secrets". A noter un son assez sourd sur tout le film.


Autoportrait de Jean Cocteau
(66’45'' - N&B et couleurs)
La belle époque de la culture à la télévision. Une époque où France 2 s’appelait Antenne 2 et osait encore programmer à 20.30 des documentaires tels que celui-ci : un portrait de Cocteau par lui-même. Revers de la médaille, cette forme de documentaire a pris un peu la poussière, et accuse aujourd’hui sérieusement le coup face aux bonus de notre époque. C’est en même temps tout ce qui fait le charme de ce petit film d’une bonne heure, où Cocteau s’adresse à la caméra d’un ton docte, mais passionnant pour tout fan qui se respecte. Multipliant les anecdotes sur ses fréquentations (Satie, Nijinkinski, Stravinski, Renoir…), le poête revient longuement et précisément sur ses influences - notamment la rencontre capitale de sa vie : Picasso. Cocteau dit d’ailleurs joliment de lui "il m’a appris à courir plus vite que la beauté". Enchaînant sur sa propre carrière, Cocteau revient ensuite longuement sur les scandales qui ont émaillé sa carrière, sur sa manière de travailler et ses plus grandes collaborations, avec notamment Daniel Gélin et évidemment Jean Marais. Daté, mais merveilleusement suranné (même si l’image accuse elle aussi les ans) et surtout très exhaustif, ce document vaut largement le coup d’œil. Ne serait-ce que pour le plaisir d’entendre ce grand artiste disserter avec tant de plaisir.

Autour de Jean Cocteau (16’40'')
Interview récente de Diminique Païni sur la relation de travail entre Melville et Cocteau, et ce film "mystérieux" qu’est Les Enfants Terribles. Dialoguant de la paternité du film (Cocteau ? Melville ?), l’historien du cinéma et le journaliste ouvrent de nouvelles perspectives quant au film, lui trouvant des filiations chez Ruiz ou Lynch et cherchent à faire la part des choses quant aux relations de Melville avec l’auteur du Testament d’Orphée. S’ensuit une interview de Jean Narboni, qui s’attaque au même sujet dans le même décor et avec la même réponse que Païni. Alors, Les Enfants Terribles, film de Cocteau ou de Melville ? La réponse dans ce bonus, très intéressant bien qu’assez bavard.

Autour du film (14’15'')
Carole Weisweiller, Jacques Bernard (acteur) et Claude Pinoteau (alors assistant réalisateur) reviennent sur la genêse des Enfants Terribles via moult détails. La relation Melville/Cocteau est à nouveau au centre de ce documentaire qui enquête lui aussi sur la paternité du film (avec une conclusion sensiblement identique à celle du précédent bonus, même si le propos est ici plus nuancé et ce par des personnes qui furent au cœur même du tournage). Là encore, un petit module riche en anecdotes de plateau et très instructif.

Interview Nicole Stéphane (12’31'')
Interview plateau (tirée des archives récentes de TV5) de Nicole Stéphane, interprète principale des Enfants Terribles. 50 ans plus tard, l’actrice revient sur la carrière de Jean Cocteau (plus que sur la sienne : le sujet de l’interview est bel et bien Cocteau, alors sujet d’une exposition à Beaubourg, que l’on aperçoit d’ailleurs dans le bonus de Dominique Païni, d’ailleurs directeur de la dite exposition). D’une dizaine de minutes, l’entretien ne révèle rien de transcendant, surtout après les bonus précédents, mais il a le bonus de distiller lui aussi quelques informations savoureuses entre deux extraits (trop longs) du film.

Film-annonce (2’50'')
Interview d’époque, où une voix-off légérement aprêtée et didactique encourage le public à retrouver le célèbre roman de Cocteau transposé à l’écran. Le genre de bande-annonce redondante qui fait sourire aujourd’hui, mais c’est ce qui fait son charme.

Filmographie déroulante de Jean-Pierre Melville.


Bonus chroniqués par Xavier Jamet

Par Ronny Chester - le 9 février 2007