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Test dvd

Les Demoiselles de Rochefort

DVD - Région 2
Opening
Parution : 7 / 1 / 1999

Image

Nettoyée et proposant un nouveau télécinéma, l’image des Demoiselles de Rochefort époustoufle par la précision de son piqué, son niveau de détails pour un film tourné en 1966, dont le grain a disparu sans, miracle, paraître lisse, bien au contraire. Dès le générique de début le ton est donné et il en sera de même sur toute la durée : contrastes bien appuyés, couleurs rutilantes et douces sans jamais baver grâce à une excellente colorimétrie, compression idyllique que ce soit pour le premier comme l’arrière-plan, il suffit d’ailleurs de regarder le ciel à ce niveau, et de constater qu’il ne tremble ou ne fourmille pas. De même, les taches que l'on pouvait craindre pulluler, comme les défauts de pellicule, le phénomène de "cigarette brûlée" ou les griffures de toutes sortes sont quasi absentes du fait du travail de titan effectué pour redonner une jeunesse à cette œuvre ô combien colorée ! Un transfert au format Cinémascope respecté mais de plus en 16/9 qui fait retrouver un éclat inimaginable à l’image : la VHS, paraîtrait préhistorique aujourd’hui. Vous pouvez la jeter, et foncer sur cette impressionnante restauration, qui souffre cependant d’un seul défaut, décelable à 1h24’05s, quand Gene Kelly commence à jouer du piano pour la première fois. De petites rayures verticales blanches apparaissent. Rien de traumatisant cela dit, le reste tient du travail d’orfèvre. Un grand coup de chapeau à l’équipe de Cine-Tamaris pour cette copie exemplaire.

Son

La jaquette n’indique pas le format sonore du film. On découvre pendant le visionnage qu’il est encodé en MPEG Mono. A l’entendre pourtant on jugerait qu’il s’agit d’une piste Dolby Stéréo. Nettoyée elle aussi, elle permet d’apprécier le film sans le moindre souffle. Bien entendu, le mixage ne permet pas de créer artificiellement une piste multi canal en DD 5.1 ou DTS (sauf si le procédé Arkamys avait été utilisé à partir d’une source audiophonique mono, mais le résultat n’a pas été concluant pour l’instant, voire très décevant pour certains films - on se contente de cette piste-ci). A bien des égards, cette piste rivalise avec d’autres dont le format cache souvent un gonflage ridicule de pistes qui n’étaient pas prévues pour l’être à l’origine. A noter que la piste italienne, pourtant annoncée, n’est pas disponible. Une erreur de jaquette ? Par fantaisie ou pour améliorer son espagnol, on pourra lire les sous-titres dans cette langue.

Suppléments

L'édition double DVD est présentée sous la forme d'un très beau Digipack en trois volets, de couleur rose bonbon, qui détonne des autres habillages des DVD, souvent de couleur sombre, avec deux disques sérigraphiés ainsi que des images tirées du film. Il ne manque qu’un petit livret pour nous combler de bonheur, mais c’est déjà une belle initiative de le proposer dans une si belle édition.

Outre quelques Critiques d’époque, des Photos du film, et la bande-annonce originale, on trouve le principal supplément, à savoir le film de Agnès Varda : Les Demoiselles ont eu vingt cinq ans, réalisé en 1992 qui dure 1h 02 min. Se basant sur des images d’archives réalisées sur le tournage en juin 1966 et cadrées par Agnès Varda elle-même, le film propose un large panorama sur le sujet, en passant de la production du film à sa réalisation. Les images nous démontrent que la ville de Rochefort fut réhabilitée après le tournage qui fit exploser sa côte de popularité et fit participer tous les commerces sur place. On y voit le Maire de l’époque et celui d’il y a treize ans, manifestement très reconnaissants envers toute l’équipe pour la formidable ambiance de travail qui régna durant quatre mois. A l’occasion de l’anniversaire des 25 ans du film, une grande fête fut ainsi organisée pour lui rendre hommage, et célébrer la mémoire des disparus en inaugurant deux places à l’honneur de Françoise Dorléac et Jacques Demy ainsi immortalisés. Agnès Varda parle en voix-off un peu comme elle le fait sur ses propres films, et autour d’un plan on aperçoit un jeune Claude Miller alors assistant. Fourni, documenté, proposant de belles images de tournage avec un réalisateur attentif et souriant répondant aux exigences des acteurs tout en les dirigeant, ce petit film nous plonge dans un état de nostalgie évident. Si l'on n’en vient tout de même pas à penser que « c’était mieux avant », il n’empêche que la joie et la bonne humeur communicatives poursuivent de façon convaincante le long métrage, dont ce making of avant l’heure, tout du moins dans sa version standardisée sur la majeure partie des DVD, pourrait bien être l’un des plus complets jamais produits et réalisés. Une source d’infos pour les amoureux du film sur laquelle il ne manque que des sous-titres (comme sur le film). L’émotion pointe même quand deux anciens enfants jouant avec Gene Kelly se remémorent la scène le sourire aux lèvres. Leur pincement au cœur est alors aussi le nôtre.
Par Jordan White - le 13 mars 2005

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