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Test dvd

Le Vent de la plaine

DVD - Région 2
Opening
Parution : 14 / 2 / 2012

Image

Ayant commencé par regarder les bonus avant de visionner le film, j'avoue avoir eu une petite frayeur mais d'assez courte durée. En effet, les extraits utilisés dans les trois modules documentaires semblent avoir été pris d'une autre source (la version sortie chez MGM ?). Heureusement, la copie proposée par Opening est d'une toute autre tenue, bien moins fourmillante et granuleuse. Sans qu'elle ait été totalement restaurée (on peut constater quelques points blancs et brûlures de pellicules quelques lignes verticales et plans abimés surtout lors de la séquence de la poursuite de Joseph Wiseman dans le brouillard vers la 26ème minute du film), elle s'avère néanmoins d'une belle propreté. La colorimétrie semble être respectée, la définition est impeccable et, pour ne rien gâcher, la compression s'avère très correcte. Bref, à part aussi quelques minimes variations de luminosité dans un même plan, on obtient des conditions de visionnage quasi idéales. Cela nous change de la précédente édition parue chez MGM France justement.

Son

En ce qui concerne le son, si ce n'est pas sans quelques défauts négligeables (une saturation de temps à autre, quelques séquences un peu sourdes comme lorsque Lilian Gish joue du piano pour contrer les flutes des indiens), il n'y a pas grand chose à redire : les dialogues sont très clairs et se détachent parfaitement, la partition symphonique de Dimitri Tiomkin peut s'épanouir à son aise même si aucun miracle n'est accompli. Et cela que ce soit pour la VO et la VF, pour une fois quasiment aussi réussie techniquement. Le doublage étant lui aussi plutôt agréable, il n'y a pas de quoi se plaindre. Voilà donc du bon travail de la part de Filmmedia / Opening !

Suppléments

Le film maudit de John Huston (15 min)
Patrick Brion et François Guérif reviennent sur le film, seul "western western" de la carrière de John Huston, qui était alors dans "une période dramatique, très sérieuse, de grande réflexion." On apprend quelques anecdotes de tournage comme les frictions entre Huston et Lancaster qui ne se laissait pas diriger (il venait de réaliser son propre film) ou l'accident d'Audrey Hepburn, alors enceinte, qui perdit son bébé. On revient sur les conditions de tournage "invraisemblables" au Mexique, dont le climat et le cadre difficiles devaient certainement satisfaire John Huston l'aventurier. Passionné d'art précolombien le réalisateur s'est même débrouillé pour sortir quelques oeuvres illégalement hors du pays. Les problèmes de montage sont également abordés. Outre l'impossibilité pour Huston de visionner les rushes rapidement (la pellicule était développée à Londres), il s'est peu intéressé à cette étape décisive et s'est rendu compte trop tard que le montage initial de 2h30 n'était pas celui sorti en salles. On sent dans ce film "massacré" qu'il y a "matière à un chef d'oeuvre." "Rapporté à la période moderne ce serait une pièce de Tennessee Williams."

Audrey l'indienne (15 min)
Deux spécialistes du western et du monde indien analysent Le Vent de la plaine, sa filiation au genre par rapport à la vision de John Huston. Celui-ci n'embellit pas l'espace, ne cherche pas le beau paysage, mais exploite autre chose. Comparé à La Prisonnière du désert, l'Indien est ici plus pacifique : Huston prend en compte les avancées pro-indiennes du western. Il inverse aussi certains codes comme le récit de captivité et l'échange : c'est l'Indien qui est cette fois enlevé par des Blancs. Le personnage d'Audrey Hepburn cristallise le rejet de l'autre : elle est entre deux mondes où "la morale est pesante." Le choix de l'actrice est surprenant : poursuivant la tradition de l'acteur blanc qui joue un Indien, c'est aussi un contre-emploi qui donne une certaine valeur à l'Indienne, habituellement reléguée au cliché sexuel.

Autour du roman (7 min)
François Guérif revient de façon très intéressante sur le livre original d'Alan Le May, auteur de La Prisonnière du désert. Guérif pense que Le Vent de la plaine est une sorte de mise au point de l'auteur par rapport à certains détails du film de John Ford (sorti avant la publication du livre qui a inspiré John Huston) : il y a en effet de nombreux développements sur des thématiques similaires. Guérif insiste aussi sur l'importance de l'écrivain par rapport au scénariste "alors qu'on oublie facilement qu'à l'origine des grands westerns il y a très souvent de grands romans." Aux Etats-Unis, Le Vent de la plaine et l'oeuvre d'Alan Le May sont d'ailleurs considérés comme de la grande littérature...

Bande-annonce (4 min 17) en version originale non sous-titrée.

Par Erick Maurel et Stéphane Beauchet (bonus) - le 22 février 2012