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Test dvd

Le Petit fugitif

DVD - Région 2
Carlotta
Parution : 19 / 11 / 2009

Image

Le master, superbement restauré, ne présente que d’infimes défauts. Le transfert est très bon, même si l’on ressent un très léger effet de fourmillement numérique. Les contrastes sont excellents, le noir et blanc resplendissants. Les noirs sont profonds, les blancs bien équilibrés et la palette de gris riche et précise.

Son

La piste sonore originale est claire, dynamique, sans défaut de saturation ou de souffle. C’est d’autant plus étonnant que les conditions techniques de prises de sons étaient loin d’être optimales. La piste française est par contre plus étouffée, les voix sous-mixées ou au contraire saturant quelque peu.

Suppléments

Le chaînon manquant (11 mn)
Introduction au film Le Petit fugitif par Alain Bergala. Critique cinéma (notamment aux Cahiers du Cinéma) et enseignant à la Fémis, Bergala replace le film dans son contexte cinématographique. Il explique dans ce bonus que Le Petit fugitif est avec Monika, l’une des deux oeuvres de la modernité apparaissant entre ces deux grandes vagues que sont le néoréalisme italien (1945-1948) et la Nouvelle Vague (1959-1962). Entre ces mouvements de groupes, ces deux films hors normes réalisés par des cinéastes isolés constituent un nœud méconnu de la modernité cinématographique. Bergala évoque de manière synthétique et précise la genèse du film, ses partis pris de mise en scène, ses innovations techniques. Il met en avant ce que Le Petit fugitif a eu comme incidence sur les premiers films de Truffaut et de Godard. Une introduction passionnante, précise et documentée qui replace parfaitement le film dans l’histoire des mouvements esthétiques du septième art.

Morris Engel, l’indépendant (29 mn)
Mary Engel, la fille de Morris Engel et Ruth Orkin, mène ce documentaire biographique sur son père. Ce film vaut surtout par les innombrables clichés de Morris Engel et les documents iconographiques (photos de tournage, couvertures de journaux, affiches de films…) qui le ponctuent, sa réalisation étant par ailleurs des plus classiques. Il devient même anecdotique lorsqu’il se concentre sur la vie de famille, mais les films 16 mm tournés par Morris Engel sont là pour réveiller un doux sentiment de nostalgie. La seconde partie (après l’introduction biographique de Mary Engel) est constituée d’une interview de Morris Engel en 2000 à l’occasion d’une exposition consacrée à son travail de photographe et à celui de Ruth Orkin. Engel y évoque son approche de l’image fixe et la philosophie de l’instant volé qui prime dans son travail. Il revient sur la Photo League, le Feature Group ou encore le « projet Harlem ». Dans la troisième partie, consacrée au Petit fugitif, Foster Hirsch, historien du cinéma, replace à la manière de Bergala le film dans son contexte. Morris Engel est également convié pour parler du tournage, de Coney Island, de l’influence de Paul Strand. Un saut dans le temps nous emmène en 1996 à Coney Island où Morris Engel et Richard Andrusco partagent quelques souvenirs du film. Andrusco foule les lieux empruntés quarante-trois ans plus tôt par le petit Joey, montage un brin facile mais au final assez touchant. La dernière partie se concentre sur Lovers & Lollipop et Weddings & Babies, les deux films suivants du cinéaste, occasion pour D.A. Pennebaker, Richard Leacock et Albert Maysles de payer leurs dettes à Morris Engel.

Bande-annonce d’époque (1mn47)
Démarrant sur des cartoons et de multiples slogans, cette bande-annonce met d’abord l’accent sur Coney Island (« Seen as you’ve never seen it… in ») puis sur les facéties et le charme de Joey : « He’s ruthless… He’s rough… But you’ll want him for your own when you see… Richie Andrusco ! »

Bande-annonce pour la réédition en salles de 2009 (1mn 14).
Celle-ci s’ouvre sur une citation de Truffaut et se révèle bien plus cinéphile. Les plans les plus travaillés visuellement, les mouvements de caméra et les expérimentations y sont mis en avant. Les années sont passées et Le Petit fugitif, « one of the funniest picture produced in the US » comme l’indiquait le slogan du Time repris dans la bande-annonce originale, est devenu le père de la Nouvelle vague !

Le Carnet du film en images
Ruth Orkin a sélectionné des images du film et en a constitué un petit livret aujourd’hui reproduit par Carlotta. 36 pages qui reproduisent les grandes lignes du film à partir d’un montage de photos et de reprises de dialogues. Anecdotique mais très agréable à parcourir.

Par Olivier Bitoun - le 21 septembre 2009