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Test dvd

Le Narcisse noir

DVD - Région 2
Institut Lumière
Parution : 5 / 4 / 2006

Image

La restauration, d’après un master haute définition inédit réalisé par Granada International Media Limited, est en tous points stupéfiante. Aucun défaut n’est à signaler sur un master d’une propreté irréprochable. Le transfert est absolument parfait, offrant une définition d’une précision chirurgicale. Le grain de la peau, les textures, ont un rendu rare. Aucun défaut de compression n’est visible. Et enfin, cerise sur le gâteau, les couleurs sont flamboyantes, parfaitement restituées, si ce n’est de constantes variations de chroma, très légères mais bien présentes. Les contrastes sont également sublimes, les scènes de nuit magnifiquement rendues. Bref, une édition quasi parfaite qui prévaut même sur le Criterion.

Son

Egalement irréprochable, la piste sonore est d’une clarté limpide, parfaitement mixée. Voix et musique s’accordent parfaitement, tandis que les sons d’ambiance, le vent et les échos de la montagne, sont pleinement restitués.

Suppléments

DVD 1

Préface par Martin Scorsese (3mn20). « L’œuvre de Michael est une présence magique. Parfois un refuge et parfois un champ de recherche. Toujours un lieu pour se ressourcer et retrouver le sens de la vie et de l’art. » En quelques minutes, Scorsese nous offre un bel hommage, sincère et profond, à ce cinéaste qui a tant compté pour lui.

Présentation du film par Bertrand Tavernier (8mn30). Sur un diaporama de photos et des extraits du film, Bertrand Tavernier revient sur la genèse et le tournage du Narcisse Noir. Adaptation, Jack Cardiff, Erotisme, Deborah-Kathleen-Jean, David Farrar, Vers le film composé, La copie… autant de chapitres qui, en huit petites minutes, donnent les clés essentielles pour appréhender l’œuvre, ses interprètes, ses inventeurs.

Bandes-annonces de la collection Powell. Trois belles bandes-annonces d’époque : Le Narcisse noir (2mn25), Les Chaussons rouges (2mn20), 49ème parallèle (3mn). Elles sont proposées en versions originales sous-titrées.

DVD 2

La majeure partie des bonus se trouve sur le deuxième dvd.

Souvenirs de Michael (9mn30, 2006) par Thelma Schoonmaker. Dans cet entretien (dont nous avons ici la troisième partie) avec Bertrand Tavernier, la monteuse, puis épouse, de Michael Powell nous parle du Narcisse noir, du voyage préparatoire du réalisateur en Birmanie, du travail de Junge et Cardiff, du tournage musical de la séquence finale entre Sœur Ruth et Soeur Clodagh… en bref, essentiellement des redites (défaut que l’on peut reprocher à l’ensemble des bonus). Plus touchant, l’évocation d’un Powell ruiné, sauvé de l’oubli par la passion de Scorsese et Tavernier pour son cinéma, et par l’amitié de Frixos Constantine, producteur anglais qui le soutint alors que Powell n’était plus le bienvenu dans le paysage cinématographique du pays. Pour terminer, une galerie de photos, d’affiches et d’extraits de films.

Les audaces d’un aventurier (17mn, 2006) par Bertrand Tavernier.

A propos du Narcisse noir (24mn, 2000). A travers les témoignages de Jack Cardiff, Noreen Ackland (assistante monteuse), Ian Christie (historien), Kathleen Byron, Christopher Challis (chef opérateur) ce documentaire revient sur la collaboration inédite de Powell et Pressburger, sur la création des Archers et sa place particulière dans le paysage cinématographique anglais, et enfin sur Le Narcisse noir, le tout agrémenté d’extraits du film et de photos de plateaux.

Painting With Light (24mn, 2001). Avec l’aide de quelques témoignages des mêmes intervenants que dans le documentaire précédent, rejoints pour l’occasion par Martin Scorsese, Thelma Schoonmaker et quelque autres, Jack Cardiff nous parle de son métier, du fonctionnement d’une caméra, des secrets de la pellicule, des techniques et du matériel. Et bien sûr du Technicolor (la voix de Michael Powell se fait même entendre pour témoigner de la joie d’explorer cette nouvelle voie), de son arrivée en 1936 en Angleterre, de Cardiff qui fut choisit parmi de nombreux chefs opérateurs pour être formé à cette nouvelle technique. Malheureusement, le documentaire s’écarte de cette histoire, pour reparler une nouvelle fois du tandem Powel/Pressburger, du jeu de Kathleen Byron, thèmes déjà abordés dans les précédents documentaires. Painting With Light redevient passionnant quand Cardiff livre son expérience du Technicolor, de la gestion des couleurs des décors et des costumes en fonction de la sensibilité du procédé, et surtout du refus du directeur de la photo, de Powell et Junge, de se plier au diktat des techniciens Technicolor, de leur volonté constante de jouer avec celui-ci, de se l’approprier pour s’écarter des canons esthétiques hérités du cinéma hollywoodien. Comme les autres documentaires proposés en bonus, Painting with Light se différencie du tout venant par une réalisation soignée, un montage savant et un véritable sens de la mise en scène des interviews.

This is Color (13mn) de Jack Ellitt. Bande de démonstration, commandée par Technicolor en 1942, dont la photographie est assurée par Jack Cardiff.

Livret de 48 pages. La parole est ici donnée à Michael Powell avec de longs extraits tirés de ses mémoires : la découverte du roman de Rumer Godden, la préparation et le tournage du film, le choix des interprètes… Un chapitre écrit par Jack Cardiff, évoque sa formation au métier de chef opérateur et au Technicolor, et de sa collaboration avec Michael Powell sur Le Narcisse noir et Les Chaussons rouges. Chapitre passionnant où le directeur de la photo parle de l’évolution parallèle de la peinture et du cinéma, et revient en profondeur sur son utilisation du Technicolor.

Par Olivier Bitoun - le 28 juin 2008