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Test dvd

Le Fleuve

DVD - Région 1
Criterion
Parution : 1 / 3 / 2005

Image

Sortie en 2005 l’édition Criterion du Fleuve est certainement l’un des plus beaux DVD actuellement disponibles dans les bacs. Bénéficiant d’un packaging au design soigné, le disque propose des menus animés et musicaux splendides, un accès au chapitrage (17 segments) et des suppléments. Splendide, parfaite, formidable, l'image proposée par ce DVD croule sous les superlatifs. Pour la petite histoire, le master utilisé par Criterion est le même que celui projeté lors du Festival de Cannes 2005 qui rendait hommage à la Film Foundation. Cet institut créé par Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Woody Allen et d’autres artistes de renom a pour ambition de restaurer les œuvres délaissées du patrimoine cinématographique. La restauration du Fleuve a été effectuée dans ce cadre et a bénéficié d’un travail de titans, orchestré par Martin Scorsese et le Bifi (British Film Institute). Avec une définition remarquablement précise, un master nettoyé de fond en comble et une palette de couleurs extrêmement variée, l’image offerte est un réel plaisir pour les yeux. Fidèle à ses habitudes, Criterion a évité le moindre défaut de compression avec des contrastes idéalement équilibrés et des arrières-plans parfaitement définis. Cependant, si l’image bénéficie d’un étalonnage ayant toutes les caractéristiques d’un "Technicolor hollywoodien" (avec des rouges et des bleus très marqués), certains spécialistes du film (parmi lesquels la rédaction de Positif) reprochent à cette copie un étalonnage infidèle au travail d’origine de Claude Renoir !

Son

Il n'y a rien de problématique à signaler sur le plan sonore. La piste mono du DVD est très claire, dynamique et laisse la musique s’échapper avec pureté. Aucun souffle n’est à signaler, même à niveau sonore élevé ! Les sous-titres anglais sont discrets et parfaitement lisibles.

Suppléments

Aucun supplément n’est sous-titré.

Renoir Introduction (7’51) : issu des entretiens que Renoir avait réalisés pour la télévision en 1966 afin d’offrir une introduction avant la diffusion de ses films sur petit écran, ce court témoignage lui permet de revenir sur certaines anecdotes propres à la genèse du Fleuve et de faire part au public français de sa passion pour l’Inde. L’image n’est pas d’excellente qualité mais peu importe car le plaisir d’écouter "le Patron" est intact !

Trailer (2’29) : une bande-annonce avec une voix off nous vante l’exotisme du film.

Scorsese Interview (12’46) : enregistrée à l’automne 2004, cet entretien nous permet de voir et d'écouter Martin Scorsese tandis que des photographies de plateau du Fleuve viennent agrémenter ses propos. Admirateur devant l’Eternel de Jean Renoir et en particulier du Fleuve, "Marty" fait ici étalage de sa passion pour ce film découvert à l’âge de 9 ans, qu’il avoue avoir vu plus de 50 fois ! L’enthousiasme de Scorsese est débordant et rend cette interview particulièrement plaisante à écouter.

McEldowney Interview : interview audio du producteur "fleuriste" Kenneth McEldowney, enregistrée en 2000. Découpé en 5 chapitres, l’enregistrement n’est pas de bonne qualité et demeure assez difficile à comprendre sans un très bon niveau d’anglais. Néanmoins, on peut y apprendre quelques anecdotes concernant la rencontre de McEldowney avec la nièce du Pandit Nehru. Par ailleurs, le producteur rappelle avec émotion la merveilleuse ambiance qui régnait sur le plateau du Fleuve.

Stills Gallery : magnifique galerie de photographies consacrées au film. Les dizaines de clichés issus de différentes collections nous permettent de découvrir de nombreuses scènes de plateau. On peut évidemment y voir Jean Renoir mais également les comédiens, Rumer Godden ou Kenneth McEldowney. On retiendra notamment un superbe cliché de groupe montrant l’équipe du film au grand complet !

Rumer Godden : An Indian Affair (58’34) : ce document enregistré par la BBC en 1995 met en scène Rumer Godden de retour dans sa maison en Inde. C’est l’occasion pour la romancière de revenir avec nostalgie sur son enfance et d’évoquer ses différents romans. La mise en scène du documentaire, signée Shanon McGuire, est assez ridicule et ferait passer David Hamilton pour un photographe réaliste ! Musique mièvre, filtres appuyés, on frise parfois le n’importe quoi…

Par François-Olivier Lefèvre - le 24 février 2006