Menu
Test dvd

Le Divin Marquis de Sade

DVD - Région 1
MGM
Parution : 19 / 3 / 2002

Image

La copie américaine de ce film invisible depuis près de 30 ans en salles à Paris - il avait été distribué avec un peu de retard vers 1972 et repris en VHS en 1985 par RCV sous leur label Champs-Élysées - a été restaurée au mieux au format 1.85 widescreen 16/9. On est surpris de la qualité et de l’ampleur de l’éventail colorimétrique (scènes de théâtre, de bal, de palais, mais aussi très belles scènes d’extérieurs hivernales à l’aube ou au crépuscule, filtres colorés utilisés pour les rêves, fantasmes, souvenirs divers), de la qualité de la définition… les plans d’extrême début et de fin sont matériellement un peu souffrant (griffures légères, rayures) mais le reste est comme neuf. Le lissage et la compression numérique ont été très soignés par MGM qui a confié le travail à un bon laboratoire de transfert numérique, crédité à la fin du film d’ailleurs...

Son

Dolby Digital mono pour la v.f. d’époque savoureuse et excellente comme pour la v.o. - la musique "passe-partout" assez étonnante signée Billy Strange ( ! ) est bien restituée et les équilibrages sont satisfaisants.

Suppléments

Le menu principal en anglais, au design élégant, est divisé en quatre parties toujours accompagnées des fonctions Resume movie et Main Menu permettant de revenir au menu principal ou de relancer le film : sa navigation est très claire et agréable.

Le chapitrage rationnel divisé en 16 sections illustrées d’une photo fixe muette en 16/9 et d’un titre anglais, réparties sur 4 x 4 écrans à la suite

Les bonus sont divisés en 2 sections comprenant :

- La bande-annonce originale en v.o. seulement, en 1.85 - 16/9 (durée 2’53’’) a beaucoup souffert (défauts chimiques, griffures, etc.) mais elle constitue un beau document qui sera apprécié des cinéphiles. Elle restitue parfaitement l’esprit du film et ses couleurs sont aussi belles que celle du film original.

- Richard Matheson Storyteller. On sait que Matheson avait écrit un scénario original sur la jeunesse du Marquis de Sade intitulé Theater of the Macabre qui est à l’origine du projet d’adaptation par Roger Corman, repris par la firme A.I.P. avec qui Corman travaillait en étroite collaboration. Mais il faut entendre l’américain débité d’une façon rapide par Matheson en 2001 (il est vieux mais parle vite !) pour constater qu’il n’en fait pas vraiment mention et on n’apprend guère de choses pendant les 8’33’’ que dure cet entretien. Il contient des extraits du film, des élements de l’affiche et on voit même le scénario à une ou deux reprises. Matheson confesse qu’il n’a eu affaire qu’aux producteurs de l’A.I.P. et n’a pas traversé l’Atlantique pour suivre le tournage européen. Il précise qu’il a souhaité cette structure complexe, circulaire entre rêve, réalité, souvenirs… que le personnage historique du Marquis, un homme assez doux et tout différent de ses héros, était pour lui une façon d’introduire à l’essentiel : son œuvre relevant du fantasme. Au passage, Matheson explique qu’il s’intéresse à la théorie de la métempsychose et de la réincarnation ! Son regard est, comme on peut s’y attendre si on connaît un peu son œuvre, très intelligent. Mais tout cela est très décevant en dépit de la bonne idée de la MGM d’avoir produit et tourné ce petit entretien, qui, précisons-le, est en 16/9.


Par Francis Moury - le 14 décembre 2004